by TECHNAL

Confort sonore : une exigence capitale source d’innovation

Mots clés : Innovations - Technique de construction

L’acoustique, à l’échelle de la ville autant que de la construction, a acquis une dimension notable qui la place aux premiers rangs des exigences du confort, au même titre que la thermique ou la qualité de l’air.

La densification urbaine génère de nouvelles ambiances sonores plus complexes à gérer et les enquêtes auprès des citadins montrent une irritabilité croissante face au bruit en général, aux bruits extérieurs en particulier, qui sont notamment à l’origine de troubles du sommeil. Il est vrai qu’on estime à plus de 27 % la part des habitants des villes soumis à une pollution sonore excessive (1). Dans le même temps, nos connaissances des phénomènes bénéficient d’outils nouveaux comme les cartographies du bruit, et la réglementation devient plus exigeante. Elle adopte désormais une approche performancielle sans doute plus adaptée pour apporter une réponse à la nouvelle exigence sociétale – le « devoir du silence » –, qui a remplacé le « droit au silence », dans un esprit d’amélioration permanente du confort de tous. En pratique, cette exigence se traduit par la généralisation des « étiquettes bruit » qui qualifient, par exemple, les appareils ménagers, voire les véhicules dont le niveau de vrombissement du moteur n’est plus une qualité mais un défaut.

Expertise et innovation

En termes de bâti, cette nouvelle approche se traduit par un évident besoin, pour les prescripteurs et  les concepteurs, de disposer d ‘un ensemble d’outils qui leur permettent d’identifier les systèmes et  éléments de construction qui répondent réellement et durablement à cette exigence. Cette nécessité se vérifie plus encore quand on sait que des contrôles sur des constructions neuves, assurés dans le cadre du CRC (contrôle du respect des règles de construction) ont révélé un taux d’environ 60 % de non-conformités au regard de la performance acoustique. Les défauts identifiés relèvent autant d’une mauvaise conception que d’une mauvaise mise en œuvre. Les nouveaux modes constructifs (renforçant notamment la protection thermique) n’ont d’ailleurs pas toujours été favorables à la réduction du bruit. L’acoustique ne peut donc être abordée que dans une prise en compte globale de toutes les contraintes techniques, au travers d’outils comme le BIM.

La conception relève en premier lieu d’une compétence transversale fondée sur une parfaite connaissance des phénomènes et donc sur une expérience riche. Cette expertise devra s’appuyer sur une maîtrise des matériaux, des composants et des systèmes qui auront fait l’objet d’une validation de leurs performances par des organismes compétents et agréés.

Nul doute que, dans ce domaine, l’innovation puisse trouver une large place. Elle concernera tous les produits et systèmes isolants acoustiquement et permettra de faire émerger des solutions très efficaces, en conception comme un travail affiné sur les formes des façades, ou des technologies originales comme l’est aujourd’hui l’acoustique active, fondée sur l’émission de contre-bruits, permettant la réalisation de fenêtres à hautes performances tant thermiques qu’acoustiques.

(1) Étude réalisée par GfK Eurisko pour le compte d’Amplifon en 2015 sur la base de 8 800 habitants de 47 grandes villes de 11 pays européens.

Par Patrick Lahbib, directeur Innovation de Technal

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