Energie

Concessions hydrauliques : ouvrez les vannes !

Hydroélectricité : il est temps de se jeter à l’eau ! Le petit-déjeuner débat de notre confrère BIP-Enerpresse portait bien son nom, tant les intervenants présents, mardi 3 avril, ont répété attendre avec impatience le « vrai démarrage du processus ».

Ce fut l’occasion d’évoquer avec les électriciens, mais aussi les collectivités locales et les consommateurs, l’économie des concessions. Car, à entendre les acteurs du dossier, on se demande « pourquoi un tel engouement pour l’hydroélectrcité française, alors que les incertitudes économiques et juridiques sont fortes », comme le faisait remarquer un participant.

En effet d’une part, Francis Courouau, conseiller général du canton d’Arudy (vallée d’Ossau), insiste pour rappeler qu’il attend de ce renouvellement de concession « un partenariat avec le futur concessionnaire » et mise sur la possibilité de récupérer une partie de la redevance spéciale (dans la loi, 60 % État, 40 % département), via une contractualisation, voire, via une SEM.
D’autre part, les électriciens sont dubitatifs.
Pour Jean-Baptiste Séjourné, directeur délégué de GDF Suez Énergie France (à la fois actuel concédant et concurrent pour les renouvellements), « certaines incertitudes ne sont pas levées. Quel sera le niveau maximum de redevance pour une vallée ? Il y aura un droit d’entrée sur les concessions, dont les modalités de définition ne sont pas connues. »

Pour Beat Deuber, directeur du marché français du suisse BKW, « il faut étudier au cas par cas l’économie des concessions. Des investissements devront être réalisés et le pourcentage de redevance pourrait être différent suivant l’importance des investissements. » Notamment dans le cas de STEP (stations de pompage-turbinage), dont le coût est aujourd’hui évalué à près de 1 milliard d’euros. Un avis partiellement partagé par Frédéric de Maneville, président de Vattenfall France, « si des investissements lourds sont proposés, cela aura un impact sur la redevance. Une vallée peut avoir un intérêt à ce que des investissements soient réalisés, quitte à ce que la redevance soit moins élevée. » Enfin, pour Jean-François Perret, directeur de projets à E.ON France, « le ticket d’entrée aura aussi son importance dans l’économie de la concession.L’État ayant décidé de procéder à des regroupements en chaînes, les indemnités de compensation seront un élément important, puisque dans certain cas elles pourraient aussi approcher le milliard d’euros. »

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