Construction Numérique

Conception : une réalité virtuelle pour des gains réels

En plongeant littéralement le concepteur ou l’utilisateur d’un bâtiment dans la représentation en images de synthèses de ce dernier, les technologies de Réalité Virtuelle peuvent permettre d’éviter des erreurs de conception.

Hugues Douillet, directeur technique et développement du groupe AIM (Alliance Industrielle Métallurgique), entreprise spécialisée dans  la transformation et l’assemblage de métaux plats, soulève à mains nues et sans effort la presse à découpage et emboutissage qui doit être installée dans le nouveau bâtiment de l’usine de Laval et déplace le monstre de près de 100 tonnes d’un coin à l’autre  de l’espace. Un peu plus à gauche, un peu moins à droite jusqu’à trouver l’emplacement idéal et définir les plans de la fosse (un socle en béton de 4m de profondeur).

Cette manipulation n’est pas impossible, ni irréelle. Elle est tout simplement virtuelle.

Grâce à Clarte, plateforme lavalloise de Réalité Virtuelle et Réalité Augmentée, l’équipe d’AIM a pu visualiser avant sa construction la future extension de l’usine, son intérieur et son extérieur. En immersion dans le « SASCube ». (voir focus)

« C’est une pièce dont tous les murs sont recouverts d’écrans qui permettent de projeter un environnement en 3D à l’échelle 1 », explique Jean-Louis Dautin, directeur de Clarté. « Tout est fait pour que le ressenti soit le plus proche possible de la réalité. »

« Ces visualisations 3D ont permis d’apprécier les volumes, les distances, les emplacements des lignes de production, une représentation des flux internes – de matière et de produits -, etc. pour tout optimiser », raconte Hugues Douillet. « C’est comme ça par exemple que l’on s’est aperçu que l’on manquait de hauteur au niveau du raccordement des deux toitures pour faire passer certaines machines sous la charpente. Un détail qui a son importance. Car il est évidemment très compliqué de déplacer des machines qui font plusieurs milliers de tonnes. D’où aussi l’exigence de précision des placements.»

Tout aussi important pour un industriel, la réalité virtuelle a également permis la mise au point des postes de production.  Une « ergo-conception » pour réduire la pénibilité des tâches de production. Voire améliorer la productivité.

 

Réalité augmentée

 

Et les applications sont infinies. « Le secteur du bâtiment a tout à y gagner » estime Hugues Douillet. « En terme d’impact commercial d’abord : on ‘’voit’’ le bâtiment, bien mieux que sur des plans ou une simple vue 3D. En précision, en temps et en efficacité ensuite. De manière générale je pense que tous les outils qui permettent l’application de process industriels au bâtiment ne peuvent qu’être bénéfiques au secteur. »

« Nous utilisons justement avec Saint-Gobain notre système de réalité virtuelle pour la formation des artisans pour la projection d’enduits de façade », confirme  Jean-Louis Dautin. «Une technique qui demande une très grande précision et donc une formation solide. Pour éviter d’avoir à faire des projections réelles et donc, attendre le séchage, nettoyer et recommencer, Saint-Gobain nous a demandé  une application qui permette de projeter  sur des façades virtuelles, de tous types. » Cet outil développé, par Clarté se nomme WIT4PRO, et mélange réalité virtuel et objets réels.

« Durant la session de formation, l’utilisateur manipule une vraie lance de projection instrumentée (commandes, sons et vibrations) et interfacée avec le système, et effectue l’application d’un enduit virtuel sur un mur virtuel », explique Jean-Louis Dautin.

Plus étonnant, non seulement la réalité peut être « virtuelle » mais elle peut aussi être « augmentée ».  « En réalité virtuelle, tout n’est qu’image de synthèse » , explique Jean-Louis Dautin. « Avec la réalité augmentée, vous avez la réalité sous les yeux et des informations  en images de synthèse sont projetées sur ce que vous voyez. On pourrait imaginer par exemple dans le cas de l’aménagement d’un local vide que soit projetée l’image grandeur réelle d’un meuble  disposé à l’emplacement exact calculé grâce aux plans de l’architecte. L’artisan sait exactement ou installer le meuble sans avoir à sortir son mètre. »

Pratique, mais aussi ludique donc la réalité virtuelle ? « Attention, prévient Jean-Louis Dautin, passé le « whaou c’est génial » initial, il est important que le côté ludique cède le pas le plus vite possible sur l’intérêt pratique et économique.  Et que les utilisateurs trouvent avec cet outil des réponses à leurs besoins. »

 

Focus

Le SAS3+

Le SAS3+ est constitué de :

– 3 écrans latéraux de 3 mètres sur 4 mètres (de hauteur) en verre afin d’assurer une planéité parfaite et une qualité des jonctions inter-écrans parfaite et stable dans le temps.

– 1 écran de sol de 3 mètres sur 3 mètres de même qualité.

– 8 projecteurs BARCO NW-12 WUXGA (1920*1200) en stéréo active 120Hz permettant d’atteindre un niveau de précision d’images élevé (pixel de 1.5mm) et une luminosité inégalée (12000 lumens).

– 6 caméras de tracking ART dont 2 dans les 4 coins inférieurs de l’écran de face pour un tracking robuste lors d’étude ergonomique sans pour autant perturber l’immersion.

Le SAS3+ est piloté par un cluster de 9 PC équipés de cartes Nvidia dernière génération.

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