Performance énergétique

Compteurs communicants : Cofely accélère sur le pilotage à distance des bâtiments

Mots clés : Entreprise du BTP - Télécommunications

Faute de technologies de télécommunication adaptées, la gestion à distance de la performance énergétique des bâtiments demeure coûteuse. Cofely Services ambitionne de se distinguer au moyen d’un accord avec l’entreprise Sigfox.

Les réseaux de télécommunication dédiés aux objets connectés s’aventurent dans le secteur du bâtiment. Cofely Services, filiale du groupe Engie, a annoncé le 28 mai dernier un partenariat avec l’opérateur Sigfox. L’accord porte sur le transport des données d’au moins 12 500 capteurs et compteurs déployés au cours des trois prochaines années. En cas de succès, il pourrait s’étendre jusqu’à 125 000 systèmes.

Entre autres activités, Cofely Services opère dans le secteur de la performance énergétique du bâtiment. L’entreprise peut intervenir à toutes les étapes d’une rénovation, de la conception à l’entretien des installations. Ces chantiers s’accompagnent souvent d’engagements sur les économies d’énergie et le confort. « Cofely Services compte 15 000 contrats de performance énergétique (CPE). Pour les deux parties, un suivi continu des consommations est nécessaire dans le cadre de nos contrats de ce type. Nous payons en cas de dépassements des objectifs fixés : nous devons donc être en mesure à la fois d’anticiper et d’agir en temps réel. De son côté, le client dispose ainsi d’un indicateur de résultats », explique Hervé Bidou, directeur smart evolution de la société.

 

Des techniques de transmission perfectibles

 

Autour de ce besoin de contrôle, la filiale a bâti l’offre CofelyVision. Les compteurs et les sondes installés dans le bâtiment envoient des données sur les serveurs de Cofely Services, où elles sont analysées par des ingénieurs. Ces derniers peuvent effectuer des réglages à distance. Si une anomalie est détectée, des techniciens interviennent. Les abonnés ont accès à un tableau de bord récapitulatif, par l’intermédiaire d’une plateforme web. De cette façon, le groupe mutualise ses compétences. Au catalogue du groupe figure également la plateforme Vertuoz Monitoring. Destinée aux gestionnaires de parc, elle agrège les mesures de plusieurs sites sous une même interface.

Cependant, le transfert de l’information n’était pas encore optimal. Les technologies sans fil classiques, comme le Wi-Fi, possèdent un haut débit, mais consomment de grandes quantités d’énergie et n’émettent qu’à une centaine de mètres. Elles s’appuient donc sur des passerelles, qui centralisent les signaux, puis les envoient sur le réseau de téléphonie mobile. Cette méthode demeure coûteuse. En outre, elle est parfois difficile à mettre en œuvre dans les bâtiments existants.

 

Une belle dynamique pour Sigfox

 

C’est ici qu’intervient Sigfox. L’entreprise toulousaine, dont Engie, par ailleurs maison-mère de Cofely, est montée le 11 février 2015 au capital, propose un dispositif de transmission longue distance par onde radio avec une faible consommation d’énergie. L’objet peut alors communiquer directement avec une antenne relais, sans passerelle. Le nombre d’équipements à installer s’en trouve réduit. Le débit est certes plus faible, mais adapté à la transmission de messages peu complexes, tels que des températures ou des index de comptage. « Nous avions déjà remarqué Sigfox en 2010. Aujourd’hui, nous sommes fiers de collaborer avec cette start-up», affirme le directeur.

L’opérateur est rémunéré par un abonnement. « Nous ne fabriquons pas d’objet. Notre activité consiste à acheminer des données », précise Thomas Nicholls, directeur de la communication de Sigfox. La gamme d’équipements de Cofely Services communiquant avec le réseau Sigfox comportera des sondes de température et d’hygrométrie, des compteurs d’énergie et d’eau, et des capteurs de contrôle de la qualité de l’air. Les commandes ont contribué à réduire les coûts de production. « Par exemple, le prix d’un module de mesure de température et d’hygrométrie compatible a été divisé par trois depuis janvier », souligne Hervé Bidou.

Dans un premier temps, les nouveaux produits seront testés dans deux sites pilotes. Un ensemble HLM de Drancy (Seine-Saint-Denis) accueillera 250 capteurs de température et d’hygrométrie en juin. Un bâtiment du CNRS de Strasbourg hébergera 30 sondes et compteurs variés. Par ailleurs, Cofely Services a déjà répondu à trois appels d’offres sur le sujet. Ces projets représenteraient un total de 7 500 dispositifs communicants à poser.

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