Paysage

Communes fleuries : Mons-Boubert, coup de cœur picard (2/3)

La tournée estivale annuelle du jury national des villes et villages fleuris de France bat son plein. Après Le Vésinet pour l’Ile-de-France, Paysage Actualités révèle son coup de cœur en Hauts-de-France : le village de Mons-Boubert (Somme). Rendez-vous la semaine prochaine en Normandie.

Cinq ans pour trois fleurs : Mons-Boubert a grimpé l’échelle des villes et villages fleuries à la vitesse de l’éclair. Au cœur du futur parc naturel régional de la Baie de Somme, le village de 543 habitants confirme son audace en présentant dès 2016 sa candidature à la quatrième fleur, réservée à l’élite.

Précipitation ? La visite guidée par le maire révèle plutôt une détermination au long cours : aussitôt après sa première élection très disputée en 2001, Emmanuel Delahaye s’appuie sur les contrats jeunes de Lionel Jospin pour composer sa dream team avec un agent municipal. Depuis lors, Mickaël Poiret, recruté avec un brevet de technicien supérieur en électromécanique, met ses compétences au service d’un projet manifeste : « Plutôt que de singer la ville à la campagne comme beaucoup de mes collègues, je veux affirmer un modèle rural contemporain », proclame le maire. Mons-Boubert joue un atout maître : « Les défigurations urbaines des années 60 et 70 ont presque épargné notre village », précise Emmanuel Delahaye, par ailleurs président de la commission des maires du futur parc naturel régional de la baie de Somme.

 

D’abord les eaux pluviales

 

Avant sa déclinaison verte, sa politique s’est traduite dans des investissements lourds pour mieux gérer les eaux pluviales : au fond d’une vallée sèche, Mons-Boubert recueille les précipitations en provenance de plusieurs villages voisins, dans un bassin de rétention construit en haut de son artère principale. Pour protéger les maisons des éclaboussures dans les rues en pente, la commune a changé la géométrie des chaussées : leur profil en V concentre le ruissellement au centre. Au passage, la largeur diminue au profit des talus consolidés. « Autorisées au stationnement, les voies étroites favorisent une conduite apaisée et un partage de l’espace entre les voitures, les poussettes et les fauteuils roulants », commente le maire.

 

Quatre codes qualité

 

Pour tirer le meilleur parti vert des 15 hectares d’espaces verts recomposés, Mickaël Poiret ne laisse rien au hasard : de « l’impeccable » au « naturel » en passant par le « soigné » et le « rustique », son plan de gestion met les moyens en phase avec les usages et avec l’ambition politique. Et quand des administrés s’offusquent de voir des haies fruitières remplacer les barrières de troènes en périphérie du cimetière, le maire ne fléchit pas une seconde : « J’ai toujours adoré les cimetières », confie Emmanuel Delahaye. Son destin politique lui a donné l’occasion d’exprimer sa passion sur le site de ses amours d’adolescent : autour de l’église, la commune rénove une série de cimetières privés des XVIIème et XVIIIème siècles, après avoir constaté leur déshérence.

 

Conventions citoyennes

 

Au centre du village, le jardin pédagogique, réalisé avec l’appui du Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement, donne sa plus forte  expression à la nouvelle modernité rurale. Les enfants y ont signé les arbres qu’ils ont plantés. Cet espace central multi-générationnel, où Mickaël Poiret réfléchit à l’implantation de ruches, reflète un esprit de partage décliné, sur une pente du village, dans un verger communal en libre-service. L’idée de retrouver collectivement des pratiques anciennes se retrouve dans le poulailler partagé, dont profitent notamment les locataires des logements sociaux aménagés dans l’ancien presbytère.

Le partage des responsabilités publiques et privées inspire deux des aspects les plus innovants de la politique de verdissement : 35 foyers ont signé une convention citoyenne, aux termes de laquelle les particuliers entretiennent les plantations municipales, entre la rue et leur maison. Les entrées de fermes font l’objet de partenariats de même nature, pour des aménagements concertés avec les 11 chefs d’exploitations.

 

Bistro communal

 

Agent immobilier, Emmanuel Delahaye continuera à souffler sur la braise d’une attractivité en voie de reconquête : la hausse des prix du foncier valide sa politique. L’implantation d’un boucher charcutier traiteur a renforcé l’animation de Mons-Boubert. Bientôt un bistro de village complètera l’équipement commercial. Le réaménagement de la salle polyvalente et de ses abords, héritage des années 1990, enrichira le fleuron picard de la modernité rurale, et donnera à Mickaël Poiret une nouvelle occasion de montrer son savoir-faire dans la gestion des espaces de classe « impeccable ».

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