Paysage

Communes fleuries d’Occitanie : Nîmes sublime son patrimoine (2/4)

Mots clés : Conservation du patrimoine

Partie prenante de la tournée occitane du jury national des villes et villages fleuris de France, Paysage Actualités a visité Nîmes le 4 juillet, deuxième étape de son feuilleton numérique de l’été après Fraïsse-sur-Agout. Prochaine épisode : Alès.

Au creux de la toiture du musée de la romanité, la forme ovoïde du jardin méditerranéen prolonge les courbures de l’escalier inox à double révolution qui y conduit. La fraîcheur et l’intimité de l’oasis contrastent avec la vue panoramique sur Nîmes, au-delà du garde-corps qui clôture le platelage déjà brûlé de soleil en milieu de matinée… Nouveau bijou architectural à côté des arènes romaines, la composition d’Elisabeth de Portzamparc décline le mariage du minéral et du végétal, à toutes les échelles et du sol au plafond. Dernier acte du chantier, l’aménagement du jardin démarre cet été, derrière le passage public par où les visiteurs accèdent au musée. Partenaire de l’architecte, le paysagiste Régis Guignard, de l’agence Meristem, a conçu sa pièce d’archéologie botanique en trois séquences qui font écho aux trois parties du musée : la protohistoire,  l’époque romaine et le Moyen-Age.

 

L’antiquité au présent

 

« Outil exceptionnel de transmission du patrimoine, le musée de la romanité s’intègre pleinement à la candidature présentée par Nîmes au patrimoine mondial de l’humanité, sur le thème de « l’antiquité au présent », souligne Mary Bourgade, adjointe déléguée à la promotion touristique du patrimoine. Symbole de la continuité multimillénaire de l’urbanisme nîmois, la tour Magne, bien visible depuis la toiture-jardin du nouvel équipement public, se dresse au sommet du parc de la Fontaine, le plus ancien jardin public de France, dessiné en 1745 par Jean-Philippe Mareschal, ingénieur royal. D’origine gauloise avant son intégration aux remparts romains, le vestige signale le site de la source Nemausa, qui a donné son nom à Nîmes. Le musée de la romanité proposera une reconstitution numérique du sanctuaire implanté sur la fontaine fondatrice.

 

Triplement du secteur sauvegardé

 

« Septièmes de l’empire romain par leur longueur, les remparts ont fourni les pierres des constructions des siècles suivants », explique Daniel Broquier, responsable du secteur sauvegardé. Argument clé du dossier que l’Unesco examinera en 2018, la source minérale romaine a irrigué de nombreux hôtels particuliers de la vieille ville, mais aussi les maçonneries du jardin de la Fontaine. Cette continuité justifie l’extension du secteur sauvegardé, selon la nouvelle procédure de Site de patrimoine remarquable inscrite dans la loi Création, architecture, patrimoine : d’ici trois ans, la surface devrait passer de 41 à 158 hectares.

 

Deux axes majeurs

 

L’effort de valorisation du patrimoine prolonge une décennie d’investissements municipaux consacrés à l’agrément et à la lisibilité de la ville. Sur deux grands axes magistraux, la végétation et les modes doux occupent la majeure partie de l’espace public : Jean-Michel Willmotte a piloté les allées Jean Jaurès, pour 36 millions d’euros. Pour 45 millions d’euros, Alain Marguerit a conçu l’axe Arènes Esplanade Feuchère (AEF) autour d’un chemin d’eau qui part de la gare pour pointer la tour Magne, rendue au champ visuel des promeneurs.

 

 

En amont de ces deux opérations qui ont justifié le prix spécial décroché par Nîmes aux dernières Victoires du paysage, la ville a terrassé deux de ses démons : les voitures, rangées sous l’Esplanade, et l’eau, canalisée sous les allées Jaurès « dans des conduites qui pourraient loger un autocar », souligne Stéphane Mauny, directeur de l’environnement, des espaces verts et de la propreté. En aval, deux prolongements se dessinent : dès l’obtention de la Déclaration d’utilité publique, l’expropriation des anciennes pépinières Pichon permettra à l’axe AEF de se poursuivre au-delà de la gare, sur une emprise de 5,5 hectares redessinée par Florence Binesse. A l’extrémité des allées Jaurès, Anne Labroille, issue de l’Agence Willmotte, concevra leur raccordement à la ceinture de boulevards.

 

Signatures territoriales

 

Aux signatures prestigieuses qui ont concouru à l’harmonie entre l’ancien et le moderne depuis la construction du musée d’art moderne par Norman Foster jusqu’à l’insertion urbaine du transport en commun en site propre par Antoine Grumbach, Nîmes ajoute les talents de ses services. Au bureau d’études et travaux neufs des espaces verts, reviennent les bacs métalliques des rues de l’hypercentre et les supports de plantes grimpantes en fer à béton, sur les terre-pleins centraux des boulevards. Pour les parterres fleuris, les jardiniers de la ville ont phosphoré cette année sur le thème du vent.

 

 

Pour les arbres, l’omniprésence du micocoulier imposera des révisions déchirantes, à l’heure où la prévention des attaques parasitaires repose sur la diversification des essences. Titulaire du label Quatre fleurs, Nîmes en profitera-t-elle pour marquer d’avantage son ancrage territorial et sa signature propre à travers ses végétaux ? Pour l’heure, la garrigue, l’horticulture méditerranéenne et la viticulture locale trouvent peu d’écho au centre-ville, même s’il faut souligner une promesse : des plants des Costières de Nîmes sont apparus ce printemps sous la tour Magne, à l’initiative de Bernard Angelras, adjoint au maire et président des viticulteurs de l’appellation.

 

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