Paysage

Communes fleuries d’Occitanie : les pionniers de Fraïsse-sur-Agout (1/4)

Mots clés : Démarche environnementale

Chaque été, le jury national des villes et villages fleuris de France examine l’élite écologique et esthétique de la nation : par groupe de quatre, les jurés visitent les communes candidates à la quatrième fleur et celles qui entendent la conserver, avant la délibération plénière du 31 octobre. Jusqu’à la rentrée, Paysage Actualités rendra compte de quatre étapes occitanes, en commençant par Fraïsse-sur-Agout, visitée le 5 juillet. Prochain épisode : Nîmes.

Avec la création du jardin d’Hortense au printemps 2017, Fraïsse-sur-Agout (Hérault) a franchi une nouvelle étape dans sa vie de village fleuri. A l’aube de la troisième année de son contrat d’emploi d’avenir, Quentin Bommaric a déployé toute son énergie dans la création des trois carrés de plantes aromatiques et médicinales, de fleurs et de légumes. Hors cadre, une ligne rose et verte témoigne de son goût de l’expérimentation : « Les roses ont accéléré leur développement dès que nous y avons ajouté des tournesols », remarque le jeune homme, engagé par la mairie à l’issue d’une formation initiale de bûcheron.

 

Merci Hortense

 

Adossée au mur de clôture, la nouvelle serre offre une source d’approvisionnement au fleurissement communal. Les habitants se partagent les excédents de ce centre de production du jardin d’Hortense, ainsi nommé en hommage à la mère des deux sœurs qui ont offert le terrain à la commune située à 780 m d’altitude, sous la crête du Haut-Languedoc où se séparent les eaux de la Méditerranée et de l’Atlantique.

 

Ecouter la fleur

 

Quentin arrose une fois par semaine. « Pour mesurer les quantités d’eau nécessaires, il suffit d’écouter la fleur », affirme-t-il.  La mode du paillage en bois réal fragmenté, pour empêcher la pousse des mauvaises herbes, n’a pas atteint Fraïsse-sur-Agout : « En évitant de priver les plantes du contact avec la terre, je favorise les fleurs sauvages comme les pensées, les pavots ou les lupins ».

 

Sentier Prévert

 

Avec ce nouveau jardin public, le maire André Bacou approfondit une coopération avec la nature engagée par sa prédécesseure : ancienne institutrice du village, Marguerite Mathieu et ses élèves ont créé en 1993 et 1994 le sentier Prévert, bordé d’arbres qui continuent à grandir. « Nous avions planté chacun le nôtre avec notre nom », se souvient Fabien, aujourd’hui âgé de 32 ans et employé de la commune voisine de Salvetat. Comme les touristes de passage, il peut relire sur les panneaux les phrases de Prévert qui ont inspiré l’élue municipale : « Qui peut savoir ce qu’ils disent lorsqu’ils parlent des humains. Les arbres parlent arbre comme les enfants parlent enfant »…

 

Arboretum d’altitude

 

Sur 3,5 km, le chemin conduit à l’arboretum aménagé à la place de l’ancienne décharge, sur le col du Triby à 900 m d’altitude. André Bacou et Zoé Cavalin, la nouvelle chargée de mission du Conseil national des villes et villages fleuris de France (CNVVF), y ont planté un arbre qui mémorisera la visite du jury du 58ème palmarès, le 5 juillet.

Au centre-village, Marguerite Mathieu a inscrit le fleurissement dans la voirie : les bordures minérales intègrent la fonction de jardinière ; le pavage en pierre de Madale, un gneiss issu d’une  carrière locale, porte l’empreinte du frêne, l’arbre qui  donne son nom à Fraïsse-sur-Agout. 21 variétés de cette essence occupent la place attenante au cimetière parsemé de roses et entretenu sans phytosanitaires depuis belle lurette. Consacré depuis 2004 par une Quatrième fleur au concours du CNVVF, l’engagement durable de la commune a prolongé l’impulsion paysagère et économique donnée en 1975 par la création d’une association foncière pastorale, à une époque où les pouvoirs publics continuaient à soutenir l’enrésinement des anciens pâturages.

 

Entre Toulouse et Montpellier

 

« Mon père Paul Bacou, alors maire, a utilisé la propriété communale pour favoriser l’arrivée de jeunes exploitants d’élevages extensifs et respectueux de l’environnement », rappelle André Bacou. Cette politique a rendu possible l’inversion de la courbe démographique : Fraïsse-sur-Agout se stabilise à 350 habitants, après un creux à 270 dans les années 1970. Outre l’élevage, le maraîchage commence à se développer avec succès, grâce au décalage de la production par rapport à celle des concurrents implantés en plaine. Les gîtes et hôtels ont conforté l’ambition de capter une clientèle avide de nature, issue des métropoles de Toulouse et Montpellier.

Défi patrimonial

 

Pour l’actuel mandat, André Bacou tente un défi patrimonial et économique : créer « un centre d’accueil sur l’écoconstruction », dans l’ancienne ferme de Prat d’Alaric. La commune a acheté dans ce but l’ancienne propriété du parc régional du Haut-Languedoc, sans affectation à ce jour. « La grange étable de 40 m de long, couverte de chaume de genêts, constitue un bijou patrimonial unique dans la région », plaide le maire, conscient des embûches qui peuvent contrarier le chemin : « Parallèlement à une étude de pérennisation de cet ouvrage fragile, nous en sommes à chercher un devis pour constituer un dossier de demande d’aides »… Mais il en faudrait plus pour saper le moral d’un village pionnier du développement durable.

 

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    Visite du jury national à Fraisse sur Agoût

    Merci pour ce bel article et merci pour cette agréable visite en terre occitane au plaisir Véronique Poirier CD34
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