Paysage

Communes fleuries d’Occitanie : Alès joue le décloisonnement (3/4)

Partie prenante de la tournée occitane du jury national des villes et villages fleuris de France, Paysage Actualités a visité Alès le 4 juillet, troisième étape de son feuilleton numérique de l’été après Fraïsse-sur-Agout et Nîmes. Prochain épisode : Perpignan.

Sur la place du temple, les pelles mécaniques lancent la mutation verte et bleue du cœur d’Alès. Leur danse annonce la reconquête de l’espace public par les piétons et la végétation, dans un fond sonore où le clapotis du chemin d’eau succédera au vrombissement des voitures. Ce chantier donne le ton des transformations planifiées jusqu’en 2020, à l’issue des Etats généraux du cœur de ville, processus participatif lancé en septembre dernier par une réunion à laquelle 1200 habitants ont assistée. Synthèse de leurs aspirations, un programme d’investissement de 30 millions d’euros se déroule sur trois ans.

 

Reconversion verte

 

Maire depuis 1995, président de l’agglomération, apiculteur et ancien adjoint aux travaux, Max Roustan a puisé dans la mobilisation citoyenne l’énergie pour approfondir la reconversion de l’ancienne ville minière en symbole de croissance verte, comme en témoigne la collection de reconnaissances officielles et de démarches pilote, tant à l’échelle de la ville  que de l’agglomération : territoire à énergie positive, premier agenda 21 communautaire, ruban vert du développement durable, et première ville du Gard titulaire des Quatre fleurs, au concours des villes et villages fleuris de France… La métamorphose s’accomplit sur les braises encore chaudes de l’histoire industrielle : au-dessus de la seconde ville du Gard (40 700 habitants), par temps de pluie, les vapeurs qui se dégagent du terril rappellent que 36 ans après la fin de l’exploitation charbonnière, les schistes n’ont pas fini leur combustion.

 

Plébiscite pour les jardins familiaux

 

L’élan vert des citoyens se retrouve aux Près Saint-Jean : dans les jardins familiaux que dirige le Centre communal d’action sociale, les habitants de la cité ne se contentent pas de se répartir les 38 parcelles de 50 à 100 m2. Ils partagent aussi les techniques de jardinage de leur pays d’origine, et jusqu’aux recettes de cuisine. Les bengalis ont le vent en poupe, avec l’amarante dégustée sous forme d’épinards, et une nouvelle manière de préparer les cotes de blettes. Le succès conduit Alès à programmer de nouveaux jardins familiaux, dans ses prochaines opérations de rénovation urbaine. Doyen des jardiniers, ancien maçon originaire de Seine-et-Marne et habitant de Près-Saint-Jean depuis 45 ans, Peter exprime son attachement à sa terre d’adoption et à sa compétence d’origine en multipliant les murets en pierre sèche des Cévennes. « Les jardins l’ont sauvé », affirme un de ses amis et voisins.

 

Foyer pommologique

 

Cette contribution spontanée à l’image de « porte des Cévennes », véhiculée par la communication municipale, trouve un écho aux Cornilhères, un parc rustique de deux hectares : unique pommologue salariée de la fonction publique territoriale, Sabine Rauzier y veille sur une collection d’oliviers rustiques qui prospèrent sur la pente, au-dessus de l’aire de jeux. Elle a intégré les services municipaux voici 10 ans, après le décès du fondateur du centre de pommologie qui donne à Alès sa réputation nationale dans la conservation des arbres fruitiers. La coopération entre la ville et le parc national des Cévennes porte sur l’inventaire des espèces locales : « Dans chaque vallée, les habitants désignent sous un nom spécifique une variété qu’ils croient unique au monde », sourit la pommologue. Son travail scientifique s’appuie également sur la coopération avec le conservatoire botanique méditerranéen de Porquerolles.

 

Emulation communautaire

 

Dans le registre sophistiqué d’un parc romantique du XIXème siècle, la botanique méditerranéenne s’épanouit aussi au parc à la Tour vieille : l’Office du tourisme en a fait une étape obligée dans son circuit horticole proposé en écho aux Quatre fleurs. La promotion touristique du label illustre une culture du décloisonnement qui va du fleurissement au tourisme, de la conservation d’arbres fruitiers à l’urbanisme et à l’action sociale. Jeune directeur du pôle Environnement urbain à la ville et à l’agglomération, Julien Didelot cherche à insuffler cette dynamique parmi les 73 communes adhérentes, dont 23 n’ont rejoint la structure intercommunale de 130 000 habitants que le 1er janvier dernier : « Nous avons créé un poste de chargé de mission dédié à l’acquisition des savoir-faire requis par les villes et villages fleuris », annonce-t-il.

 

Le défi du Gardon

 

La culture du décloisonnement amène forcément à chercher le rapprochement entre la ville et sa rivière, mais avec une difficulté plus aigüe qu’ailleurs : le phénomène météo des « épisodes cévenols » met régulièrement le Gardon en furie. Certes, la plage aménagée au centre-ville réconcilie la rivière et la ville. Mais sur l’essentiel des 6,5 km de la traversée d’Alès, le bétonnage des berges et le dragage du lit imposent l’effet d’une barrière disproportionnée, en période d’étiage : sans doute un nouveau défi technique et urbain à relever pour les générations à venir.

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