Paysage

Communes fleuries 2016 (1/3) : Le Vésinet réinvente son héritage

La tournée estivale annuelle du jury national des villes et villages fleuris de France bat son plein. Avant la délibération de l’automne, Paysage Actualités révèle ses trois coups de cœur en Ile-de-France, Hauts-de-France et Normandie. Aujourd’hui, place au Vésinet (Yvelines). Rendez-vous la semaine prochaine dans un village picard.

Le projet de zone d’aménagement concerté « Parc Princesse » réinterprète la partition paysagère qui a inspiré la création du Vésinet, en 1875. « La collectivité a délibérément choisi une agence de paysage comme mandataire de la maîtrise d’œuvre », précise Edith Foucher, directrice des services techniques de la ville de 15 800 habitants. Ce choix rend hommage à l’œuvre du comte Paul de Lavenne de Choulot, concepteur du lotissement créé à partir de la structure étoilée d’une ancienne chasse royale : les branches de l’étoile forment autant de coulées vertes, reliées entre elles par des voies secondaires curvilignes. Un réseau de rivières artificielles, ponctué par cinq lacs, agrémente et rafraîchit le plateau.

 

Un quartier sans voitures

 

140 ans plus tard et grâce aux nouvelles exigences de sobriété dans la consommation d’eau et d’énergie, le lac dessiné par l’agence Ter se passera de pompes : il s’alimentera aux pluies recueillies dans la Zac de 17 hectares pour 400 logements. Les voitures logeront en périphérie du nouveau quartier, à raison d’un parking enterré par îlot de trois à quatre immeubles. Autour de l’hôpital classé, créé par l’impératrice Eugénie pour les femmes nécessiteuses, la pointe sud du Vésinet rapprochera la ville du quota de logements sociaux exigé par la loi, dans ce programme concédé à Grand Paris Aménagement et qui entrera en phase travaux en 2017. « Le projet épargnera tous les arbres remarquables présents sur le site », souligne le maire du Vésinet, Bernard Grouchko.

 

Rénovation du lac central

 

Dans un esprit de retour à la nature, ce projet prolonge les efforts de la commune pour préserver et rajeunir son patrimoine vert, aménagé sous l’influence des jardins à la française. Principal plan d’eau hérité du comte de Choulot, le lac Ibis a offert son premier chantier à la fondation créée l’an dernier par la mairie pour accélérer les projets de rénovation du patrimoine communal. Dès la première année, la collecte de 150 000 euros a permis d’engager le renouvellement des arbres – notamment des vieux chênes attaqués par le capricorne – et la rénovation des cheminements : l’enrobé laisse la place au sable stabilisé. Réalisé par le cabinet Pierre Grillet, l’inventaire du patrimoine arboré guide les interventions et s’ajoute aux conseils de Benoît de Choulot, arrière-petit-neveu du premier paysagiste du Vésinet. Les tailles programmées restitueront les percées visuelles sur les grandes allées qui guident le regard jusqu’au château de Saint-Germain-en-Laye.

 

Propriétés surveillées

 

Au-delà de son propre domaine, la commune n’hésite pas à imposer aux propriétaires privés les prescriptions qui garantissent la pérennité de l’ambiance romantique créée par le bâti et les jardins. Un premier classement de la ville avait protégé cet héritage dès 1934. Reformulée en fonction de la nouvelle loi « Création architecture patrimoine » avec le cabinet Blanc Duché, une procédure d’aire de valorisation de l’architecture et du patrimoine (Avap) portera à 500 le nombre d’arbres classés, au lieu de 350. 300 portails bénéficient également d’une protection. La règle rattrape ceux qui croient s’en affranchir : après l’abattage d’un arbre classé, les terrains restent inconstructibles. D’ici à la fin de cette année, une charte de l’arbre dressera la liste des essences conseillées et déconseillées pour enrichir les plantations.

La détermination du Vésinet à protéger son patrimoine s’est traduite jusque dans la loi d’amélioration du logement et d’urbanisme raisonné (Alur) : « Avec Maison Lafitte et le domaine du Lys-Chantilly, nous avons obtenu de figurer parmi les trois exceptions à la suppression du coefficient d’occupation des sols », se réjouit Bernard Grouchko.

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