Environnement

Comment l’Ademe transforme l’Ile-de-France en territoire durable

Mots clés :

Réglementation technique

Rénovation énergétique, réseaux de chaleur, mobilité électrique… les domaines d’action de la Direction régionale Ile-de-France de l’Ademe sont multiples. Cette institution locale s’est imposée comme un acteur incontournable du développement durable en zone urbaine.

Appel à projets après appel à projets, les directions régionales de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) sont devenues un rouage majeur des politiques de développement durable engagées par les gouvernements successifs. Avec un budget de 40 millions d’euros pour l’année 2015 et une équipe de 40 personnes, l’antenne Ile-de-France de l’agence possède une certaine influence sur les orientations choisies par les collectivités franciliennes. « Nous centrons nos efforts sur trois axes principaux : la mise en œuvre de la transition énergétique, la construction d’un territoire durable, et la croissance de l’économie circulaire », explique Joëlle Colosio, sa directrice.

Au chapitre de l’énergie, l’agence doit composer avec les spécificités du territoire. Sans prendre en compte le secteur aérien, l’Ile-de-France a consommé 240 TWh en 2009. Les parcs résidentiels et tertiaires arrivaient en tête avec respectivement 36 % et 28 % du total, suivis des transports à 24 %. La part de l’industrie s’élevait seulement à 8,5 %. L’agriculture et l’éclairage public complétaient la facture.

 

Soutenir la rénovation

 

Une démarche de performance énergétique locale doit donc viser la sobriété des bâtiments. « Dans ce contexte, la rénovation demeure notre priorité », affirme Joëlle Colosio. Dans cette optique, la direction a consacré 6,9 millions d’euros à cette activité en 2014. Un investissement qui est réparti entre l’organisation de la filière professionnelle, l’accompagnement financier des projets, et des structures de conseils aux propriétaires, à travers les Espaces info énergie. Ces derniers sont suppléés par trois guichets CoachCopro, spécialisés dans les dossiers de logements collectifs.

Par ailleurs, depuis 2014, les ingénieurs de l’Ademe se penchent sur des interfaces qui centralisent l’ensemble de ces services. Les plateformes web Rénover Malin de l’Essonne et Pass Habitat 93 de Seine-Saint-Denis fournissent les informations et les contacts nécessaires pour chaque étape d’un projet de rénovation. Ainsi, les bonnes volontés ne se trouvent plus découragées par la multiplicité des interlocuteurs. Les autres départements franciliens devraient se doter d’outils similaires d’ici 2016.

 

Les réseaux de chaleur, l’atout francilien

 

Le second défi énergétique des pouvoirs publics consiste à créer une force de production locale : l’Ile-de-France importe environ 90 % de l’énergie qu’elle consomme. Dans ce territoire à forte densité de population, la création de nouvelles infrastructures semble difficile. Toutefois, les pouvoirs publics peuvent s’appuyer sur de nombreux réseaux de chaleur collectifs. Autant d’installations qui peuvent intégrer des énergies renouvelables et de récupération (EnR&R) en lieu et place du fioul et du gaz.

Dans le secteur de la chaleur renouvelable, le soutien de la direction se monte à 16,1 millions d’euros. « Les réseaux de chaleur sont le levier de la transition énergétique francilienne, analyse Joëlle Colosio. Nous avons commandité une étude sur les potentiels de chaleur fatale dans la région. Les premiers résultats seront communiqués en octobre prochain. Après la récupération, la géothermie a la préséance. » En effet, le territoire repose sur la nappe du Dogger, dont l’eau chaude peut alimenter des centrales géothermiques.

La biomasse est également une alternative. « Nous avons du reste lancé un appel d’offres pour la structuration de la filière bois. Il concerne à la fois l’usage de cette ressource dans la construction et la valorisation énergétique des déchets produits », ajoute la directrice. Afin d’informer les collectivités sur ces technologies, l’Agence a ouvert le site internet EnR’Choix en 2014. Hors du périmètre des réseaux de chaleur, la méthanisation des déchets organiques commence à se développer. Aujourd’hui, six sites produisent du biogaz à partir de cette source. La réinjection dans le réseau sera la solution privilégiée à l’avenir.

 

Les balbutiements d’une nouvelle mobilité

 

Troisième composante de la consommation, les transports ne sont pas oubliés. Cependant, la marge de manoeuvre de l’institution est plus réduite dans ce domaine. Elle est contrainte de se cantonner à des actions indirectes. Celles-ci prennent la forme d’études portant sur les modes de déplacement des habitants. A partir de ces observations, les différents acteurs du secteur sont en mesure de réfléchir à de nouvelles organisations de ces flux.

L’émergence d’une mobilité nouvelle passe aussi par une aide 1,6 million d’euros au déploiement de bornes de recharge électrique en 2014, au titre des Investissements d’avenir. La région compte aujourd’hui 650 de ces équipements, sans compter les dispositifs du réseau Autolib’. De même, le biométhane local pourrait devenir un carburant alternatif.

 

L’apprentissage de l’économie circulaire

 

Un territoire durable se fonde également sur la mise en pratique des principes de l’économie circulaire. Le budget dédié s’élevait à 13,9 millions d’euros en 2014. Depuis 2010, l’ambition de l’Ademe ne se limite plus seulement au tri et à la valorisation des déchets. « Nous cherchons maintenant à éviter leur production, tout particulièrement par un soutien aux Programmes locaux de prévention des déchets des ménages des collectivités. Ils fixent un objectif de réduction de 7 % des ordures ménagères sur 5 ans », indique Jean-Marie Chaumel, directeur régional adjoint.

En amont de la mise aux rebuts des produits, les équipes de la direction mobilisent les entreprises et les chambres de commerce et de l’industrie autour de démarches d’écoconception. « Nous essayons de susciter des synergies entre différents acteurs du monde professionnel, afin de mutualiser les ressources. Une approche qui s’apparente à de l’écologie industrielle », ajoute Jean-Marie Chaumel.

Dans les prochaines années, le bâtiment et les travaux publics devraient s’inviter au cœur des préoccupations de la direction régionale d’Ile-de-France. « Les chantiers du Grands Paris génèreront 40 millions de tonnes de déchets. C’est notre rôle d’accompagner la constitution d’une filière capable de gérer cet afflux », souligne Joëlle Colosio. L’avenir s’annonce donc riche en appels à projets.

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