Entreprises de BTP

Comment Algeco veut démonter les codes du bureau

Mots clés : Chapiteaux, tentes, structures - Établissements industriels, agricoles, ICPE

Portée par le n°1 du marché Algeco, la filière de la construction modulaire tente de lever les idées reçues qui perdurent autour des bâtiments modulaires. Et de prouver qu’elle propose une alternative plausible aux nouveaux espaces de travail.

 

Chez les Français, l’entreprise fantasmée s’apparente à un espace collaboratif, favorisant le bien-être, le bonheur et les moments de régénération. C’est en tout cas ce que révèlent plusieurs études en 2017 consacrées aux attentes des salariés en matière d’espace de travail. L’une d’entre elles a révélé des résultats étonnants autour du bâtiment modulaire. Avec l’aide de l’institut de sondage CSA, Algeco, l’un des leaders du marché français, a comparé la perception des travailleurs de bureaux classiques à ceux ayant déjà connu une expérience dans un module préfabriqué. Premier constat : Si 63% des salariés connaissent cet environnement de travail, seulement 21% l’ont déjà testé. Mais l’enquête révèle des écarts d’adhésion de 10 à 15 points entre les deux catégories de professionnels interrogés. Par exemple, 64% des personnes ayant adopté au moins une fois un bâtiment modulaire estiment qu’il est adapté à tous les secteurs d’activité, contre 54% pour l’ensemble des salariés. Plus de la moitié affirme que ce type de construction participe au sentiment de sécurité (39% chez les autres). « L’étude contribue à lever les idées reçues sur le bâtiment modulaire, perçu désormais par les Français comme une véritable alternative aux bureaux traditionnels », confie Alexis Salmon-Legagneur, DG d’Algeco.

 

 

 

Des industriels décomplexés

 

L’industriel français affiche clairement ses ambitions : son offre modulaire a toute sa place pour accompagner les nouvelles tendances du marché vers des espaces plus connectés, plus ouverts et plus confortables. Sa part d’activité dans le tertiaire représente 55% de son chiffre d’affaires. Et il espère dépasser les 60% l’an prochain. A l’image du groupe basé à Mâcon, c’est toute une filière qui se sent pousser des ailes. « On observe un changement de mentalité de la part des industriels qui n’ont aujourd’hui plus de complexes à construire des bureaux modulaires », note Eric Aurenche, vice-président de l’Acim, l’Association Construction Industrialisé et Modulaire qui représente 25 industriels français. Désormais, plus de la moitié des bâtiments modulaires vendus concerne des bureaux, alors qu’il y a cinq ans cette part ne représentait que 30%. Et le projet du Grand Paris risque de booster l’activité.

Pour convaincre les chefs d’entreprise de PME ou de grands groupes, les arguments commerciaux ne manquent pas. Les industriels garantissent des modules temporaires ou définitifs qui répondent à la RT2012. Un atout de taille quand on sait que les aprioris ont la vie dure. « Mal insonorisé », « Mal isolé », « Monotone », a-t-on déjà pu entendre. Autre avantage : le temps de livraison record. Algeco a mis seulement 6 mois à monter les 3500 m2 du village média de Rolland Garros. Et en fin de vie, les modules sont entièrement démontables et recyclés.

 

Un Fab Lab en module

 

Plusieurs entreprises ont décidé de faire appel à la construction modulaire dans le cadre d’une rénovation, d’un projet d’agrandissement ou d’un besoin d’espace ponctuel. A Argenteuil, Givaudan, l’un des géants mondiaux de la parfumerie, s’est tourné vers Algeco pour héberger temporairement son pôle informatique (53 collaborateurs). Le groupe a abandonné l’idée d’une construction classique, faute de temps et de place. Au total, 16 modules de 30 m2 et 20 de 18 m2 ont été installés. « A la livraison, les mots étonnement et même surprise me viennent en premier. Nous disposons de vrais espaces de travail et de convivialité. La création d’Algeco répond à nos propriété : espace ouvert, esthétisme, luminosité et impacts thermiques limités », se réjouit Dominique Chaize, directeur technique chez Givaudan. « Cherchez des acteurs capables d’offrir des bureaux de 2,7 mètres sous-plafond, ils ne courent pas les rues », ajoute le dirigeant.

Depuis 2014, les ingénieurs de Safran, le géant de l’aéronautique et de l’espace, disposent d’un espace de travail ultra-moderne, entièrement constitué de modules préfabriqués. Ce Fab Lab abrite une imprimante 3D, du matériel de prototypage et un espace immersif à 360°.

La filière qui pèse aujourd’hui 800 M€ de chiffre d’affaires rêve d’une législation plus favorable au transport des modulaires. En Angleterre et en Allemagne, il est notamment possible de tranporter des convois exceptionnels (plus de 3 m de large) sur l’autoroute et de nuit. Une action interdite en France.

Moquée à une époque, la construction modulaire se présente aujourd’hui comme une filière à part entière dans le monde du BTP. Preuve en est : les principaux majors possèdent tous une filiale spécialisée dans la préfabrication. Bouygues Immo avec Ossabois, Vinci avec Arbonis et Eiffage avec Lignum.

 

 

 

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