Performance énergétique

Colombey-les-Belles, son clocher et son centre de secours écologique

Mots clés : Démarche environnementale - Efficacité énergétique - Établissement militaire - Réglementation thermique et énergétique - Sécurite civile

La nouvelle caserne de pompiers de cette commune lorraine renouvelle le genre de ce type de construction. Elle conjugue esthétisme et efficacité énergétique.

Une caserne de pompiers modèle de construction écologique, voilà un scénario qui ne tombe pas sous le sens. Il est devenu réalité en Meurthe-et-Moselle. Le nouveau centre d’incendie et de secours de Colombey-les-Belles, qui vient d’être livré, se distingue par son architecture, ses matériaux et ses performances énergétiques qui en font une référence de prise en compte du développement durable. Bois, association du béton, isolation biosourcée, orientation «héliotropique», maîtrise de l’étanchéité à l’air se concentrent dans ses quelque 1 140 m2 qui ont représenté un montant d’opération de 2,1 millions d’euros TTC.

Ce caractère remarquable est parti d’un mot d’ordre politique: «Construisez un bâtiment écologique», avait lancé au service départemental d’incendie et de secours (Sdis) Michel Dinet, le président, décédé depuis, du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle. Le maître d’ouvrage l’a traduit par un concours de maîtrise d’œuvre centré sur deux axes prioritaires: bâtiment passif et isolation paille. La consultation a été remportée en février 2014 par l’équipe formée de FFW (architecte mandataire) d’OTE Ingénierie (bureau d’études tous corps d’état) et de sa filiale Otelio (environnement).

 

Mur réflecteur de lumière

 

La souplesse du cahier des charges, en matière de choix de matériaux notamment, a été un atout. Elle a permis de conjuguer les avantages du bois avec l’inertie thermique du béton. Si les murs de la structure sont constitués en ossature bois de 16 cm, la construction repose sur une dalle basse en béton puis sur un plancher mixte bois/béton. Elle comprend un mur de refend qui est positionné de manière à ce que les voiles béton reflètent la lumière naturelle venue de l’ample baie vitrée orientée au sud: la charge en calories de ce mur intérieur est ainsi garantie et permet de diffuser au maximum l’apport solaire. Cette astuce participe de la conception «héliotropique» imaginée par l’architecte: «Nous avons exploité la caractéristique de la parcelle que constitue sa forme de triangle pour aligner la façade sud sur la course du soleil. Les brise-soleil orientables au niveau des bureaux et un revêtement polycarbonate pour la zone de remise (où stationnent les véhicules d’intervention) viennent réguler l’apport solaire», expose Johann Froeliger, co-dirigeant du cabinet FFW.

 

Paille et laine de bois

 

L’isolation des façades extérieures est assurée, d’une part grâce à 16 cm de laine de bois, au niveau des murs  à ossature bois et d’autre part grâce à 47 cm de paille: requis par le cahier des charges, ce matériau s’applique à l’intérieur de l’ossature bois. L’entreprise de charpente Sertelet l’a remplie dans des caissons préfabriqués et préassemblés en atelier.

Une membrane pare-vapeur traite l’étanchéité à l’air en face intérieure. De plus, un panneau ouvert à la diffusion de la vapeur ferme la face extérieure du caisson. «Au-delà du pare-vapeur, le choix d’un panneau extérieur ouvert à la vapeur permet de garantir la «perspiration» (les échanges respiratoires, NDLR) du mur afin que la paille puisse conserver son bon état», décrit Pierre Millot, chef de projet chez OTE Ingénierie.

L’isolation de la structure est complétée en intérieur par 4,5 cm laine de bois dans la contre-cloison.

Par ailleurs, le nouveau centre d’incendie et de secours a recourt à la ouate de cellulose (40 cm) dans les solives en bois de la toiture et, seule entorse au biosourcé, au polystyrène (18 cm) sous le dallage.

Au final, le besoin de chauffage — assuré par une chaudière à granulés de bois — se limite à un peu moins de 15 kWh/m2/an, résultat du différentiel entre les déperditions et les apports solaires et internes. Le bâtiment, objet d’une ventilation double flux, atteint ainsi le niveau du standard Passivhaus. Et ses panneaux photovoltaïques, cantonnés à la zone de «remise» pour ne pas créer d’ombre portée sur les bureaux, aboutissent à frôler le niveau Bepos (bâtiment à énergie positive).

 

Bardeaux de mélèze en façade

 

Dans ce contexte, la vêture bois vient simplement rajouter sa contribution à la performance «écologique». Mais c’est la plus visible !

Le cabinet FFW a porté son choix sur les tavaillons de Haute-Savoie, des bardeaux dont la forme rappelle la tuile. Pas moins de 30 000 de ces petits éléments de quelques centimètres en mélèze alpin tapissent les façades et la toiture. Ils créent un jeu d’ombres et de contre-ombres et viennent apporter un bout de montagne dans la plaine lorraine.

 

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