Etat et collectivités

Collectivités locales : le bloc communal fait front

Mots clés : Etat et collectivités locales - Gouvernement

Pour la deuxième fois en deux mois, les six associations d’élus représentant le bloc communal ont souhaité parler d’une seule voix. Le but : sonner « l’alerte rouge » face aux récentes décisions du gouvernement, en opposition avec la confiance qu’il dit vouloir instaurer.

 

« Confiance bafouée », « déception », « douche froide », « été meurtrier », « collectivités à l’os », « alerte rouge »… L’été n’a pas attendri les présidents des six associations d’élus du bloc communal – Association des maires de France (AMF), France urbaine, Villes de France, Association des maires ruraux (AMRF), Association des petites villes de France (APVF), Association des communautés de France (ADCF). Alors que les travaux post-Conférence nationale des territoires (CNT) viennent de commencer, l’inquiétude des semaines passées « se transforme en colère ». Ce qui les pousse à monter au front dans un même mouvement.

Ensemble, ils s’étaient déjà exprimés une première fois à l’issue de la CNT, le 17 juillet. Rebelote en cette rentrée, « et nous le referons, promet Jean-Luc Moudenc, président de France urbaine. Avec la fin du cumul des mandats, nous avons un devoir de coordination plus grand encore ». Cette nouvelle démarche montre clairement leur volonté de se faire mieux entendre.

 

« Victimes du « en même temps » de l’exécutif »

 

D’autant que toutes les associations semblent prises de court, « victimes du ‘en même temps’ de l’exécutif », selon Jean-Luc Moudenc. D’un côté, « le chef de l’Etat avait tenu parole, en mettant en place rapidement la CNT. Nous avions des désaccords mais nous étions prêts à travailler en confiance pour construire un pacte avec le gouvernement », se souvient François Baroin, président de l’AMF.

De l’autre côté, les représentants du bloc communal se sentent trahis à cause des (trop) nombreuses annonces de l’été, à commencer par les 3 milliards d’euros d’économies supplémentairessoit 13 milliards en tout demandés aux collectivités et la confirmation de la suppression de la taxe d’habitation . Mentionnant la baisse des crédits intervenus par décret « sans concertation », Vanik Berberian, président de l’AMRF tempête : « On ne peut pas poser des règles du jeu le 17 juillet et tricher le 19 ». Et il ne décolère pas face aux « provocations du Premier ministre », Edouard Philippe, qui « estime que nous avons mal préparé la rentrée alors que les règles ont changé quelques jours auparavant », suggérant la suppression des contrats aidés.

« Les conditions de la confiance n’existe plus », lâche même Olivier Dussopt, de l’APVF. A tel point qu’il se demande comment envisager de contractualiser avec l’Etat. Si, pour François Baroin, il n’est pas encore question de quitter la table des négociations, il semble pour le moment difficile de retrouver la confiance envers l’Etat. « Nous savions que les sujets seraient difficiles, mais nous croyions à la sincérité de la démarche, de parler de tout, de partager les idées et les arbitrages. Il n’y a rien de tout cela. »

 

Inquiétude sur l’investissement local

 

Il y a pourtant urgence, s’exclament-ils d’une même voix. Le projet de loi de finances 2018 doit être présenté au Parlement à la fin du mois de septembre. La prochaine CNT, en décembre, doit dévoiler les termes du « pacte girondin » entre l’Etat et les collectivités, prôné par le chef de l’Etat. L’investissement local, « qui représente 70% de l’investissement public » ne repart pas et ne pourra pas être relancé si l’Etat persiste à demander des efforts supplémentaires aux collectivités, alors qu’elles ont tenu les objectifs de réduction des dépenses.

« La qualité de nos équipements publics sont une spécificité, le principal point d’attractivité du site France. Investir est indispensable, mais pour cela, nous devons pouvoir épargner » et avoir des marges de manœuvre, note Charles-Eric Lemaignen, de l’ADCF. Ce qui permettrait aussi de maintenir l’emploi dans les travaux publics, insiste François Baroin.

Exprimant « la voix de territoires en grande souffrance » globalement depuis dix ans, le président de l’AMF et ses collègues comptent fournir des contrepropositions collectivement, afin que les collectivités ne soient plus des « variables d’ajustement ». Le but : « monter en puissance sur tous les sujets », avec en point d’orgue le 100e congrès des maires de France, du 21 au 23 novembre, et la CNTde décembre, pour ne pas se laisser dicter la feuille de route des cinq prochaines années.

 

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