Energie

Colas expérimente en Vendée son revêtement routier photovoltaïque

Mots clés : Dallage - Energie renouvelable - Entreprise du BTP - Réseau routier - Stationnement

Sur le parking du Vendéspace, en périphérie de La Roche-sur-Yon, les équipes de Colas ont installé le premier tronçon de route solaire au monde, soit 50 m2 de dalles photovoltaïques ultra-robustes et adhérentes. Une centaine d’autres chantiers pilotes sont à venir d’ici à fin 2017.

L’annonce avait fait le buzz il y 6 mois. Cette fois, la route solaire «Wattway by Colas» est une réalité. Le tout premier chantier d’application au monde a été inauguré jeudi 2 juin, à Mouilleron-le-Captif, en Vendée. Pour cette première, 42 dalles de 7 mm d’épaisseur (les cellules photovoltaïques sont insérées dans un millefeuille de couches successives) ont été «collées» sur le revêtement existant. Ce test «grandeur nature» devrait produire 6 300 kWh/an et alimentera une borne de rechargement pour véhicules électriques installée par le Syndicat départemental d’énergie et d’équipement de la Vendée (SyDEV). Le choix du parking d’un équipement public tel que le Vendéspace n’est pas un hasard. «C’est un parking particulier car il sert plutôt la nuit» explique Alain Leboeuf, député de la Vendée et président du SyDEV.

 

La Vendée en première ligne

 

Un second site de 50 m2 est également testé en Vendée, au niveau de l’échangeur de Bellevigny, sur la RD763 entre Nantes et La Roche-sur-Yon, l’un des axes les plus fréquentés du département avec plus de 20 000 véhicules par jour. «Cette innovation a suscité beaucoup d’attente. Nous avons reçu plus de 1000 demandes de toute la planète pour tester notre route solaire. Au final, c’est une question d’hommes, même si le département de la Vendée a un véritable projet en matière d’énergie. Alors, pour une première, rien ne pouvait coller mieux que la Vendée et Wattway» assure Jean-Charles Broizat, directeur de Wattway.

 

La route regarde le ciel !

 

Protégée par trois brevets, cette innovation de rupture a été développée par Colas en partenariat avec l’Institut national de l’énergie solaire (Ines, la branche solaire du CEA Tech). Tout a commencé en 2005. Jean-Luc Gautier, directeur du Centre d’expertise du campus scientifique et technique de Colas part du constat que «la route passe 90% de son temps à regarder le ciel, et, quand le soleil brille, elle est exposée à son rayonnement». Cette intuition confirmée par les premiers calculs est matérialisée en 2010 par Jean-Luc Gautier qui poursuit ses travaux dans son garage. L’année suivante, Colas constitue une équipe de projet et propose un partenariat avec l’Ines qui installe très rapidement un premier démonstrateur sur son site, près de Chambéry. Cette première «route martyre» est alors constituée de panneaux solaires souples de silicium amorphe utilisés en surtoiture par Smac, la filiale de Colas spécialisée dans l’étanchéité et le bardage.

 

Eclipse

 

En 2012, le marché mondial du photovoltaïque connaît une crise majeure entraînant un changement de technologie faute de fournisseurs. «Nous sommes donc repartis à zéro en 2013, en adoptant le silicium polycristallin, qui représente plus de 90% du marché mondial du photovoltaïque» explique Jean-Luc Gautier. Deux années plus tard, Wattway est prête. Dévoilée en octobre dernier, elle est présentée à la COP 21 en décembre et se voit distinguée par un trophée «Solutions Climat». A cette occasion, la ministre de l’Environnement Ségolène Royal en profite pour lancer officiellement un «plan national des routes» visant notamment à couvrir 1 000 kilomètres de routes françaises de panneaux photovoltaïques d’ici à 5 ans.

 

Ambition et prix

 

Un coup de communication irréaliste ? Pas si sûr. «1000 km, c’est environ 5 millions de m2. C’est beaucoup et peu à la fois. Pour preuve, nous avons été contactés récemment par un distributeur chinois qui souhaitait installer 3,8 millions de m2 sur ses parkings. Mais ce n’est pas la séquence du moment et nous préférons aller pas à pas» explique Pascal Duhoo, directeur du développement de Wattway.

Reste un obstacle majeur à franchir: le prix. Colas s’efforce de passer sous l’objectif du prix «cible» qu’il s’est fixé de 6 euros le watt-crête (Wc) d’ici à 5 ans, objectif que le groupe avait annoncé en octobre dernier. «Nous sommes aux alentours de 2 200 à 2 300 euros/m2. Oui, pour l’heure, c’est cher mais nous en sommes aux premiers mètres de notre projet» explique Jean-Charles Broizat qui rappelle que les prix des panneaux photovoltaïques ont été divisés par 10 en 20 ans.

 

Pascal Duhoo, directeur du développement de Wattway, présente la première route solaire Wattway:

 

 

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