Profession

CoCo architecture, réseau et sentiments

Mots clés : Architecture

Trois entités, deux couples et une conviction commune de réaliser des projets uniques, au plus près des besoins, avec des matériaux locaux, dans le respect d’une architecture naturelle, mais exigeante en dehors des métropoles. Rencontre avec CoCo architecture.

En 2005, Cédric Ramière (école de Bordeaux) fonde CoCo architecture avec Claudia Staubmann (diplômée des écoles de Vienne et Séville), à Cénac en Périgord (Dordogne). Objectif ambitieux: y développer une architecture contemporaine respectueuse des sites, économe en énergie, en milieu rural. Bientôt s’y adjoignent collaborateurs et associés, désormais répartis en trois agences.

«Nous avons monté l’agence en 2005 avec Claudia, pour promouvoir l’architecture en milieu rural, comme on peut le voir en Autriche, d’où elle est venue pour étudier l’architecture à Bordeaux. Et travailler dans les agences BLP et Art’ur. Nous nous sommes installés en Dordogne, dans ma région natale. Nos initiales C.C. sont devenues CoCo, un nom générique pour s’ouvrir à d’autres architectes».

Parmi les futurs associés, Jean Baptiste-Barbet (écoles d’architecture de Grenoble et de Madrid) et Emmanuelle Pichon, (diplômée d’architecture à Lyon et Budapest). En 2014, les deux jeunes architectes créent l’agence d’Eurre pour développer l’activité de CoCo architecture dans la Drôme: «Le couple voulait revenir vivre dans leur région d’origine, mais pérenniser leur relation avec l’agence, dans laquelle ils ont pris des parts». Vint ensuite l’association avec un architecte confirmé, très implanté en Aveyron (basé à Naucelle): «Pierre Enjalbal (qui a travaillé avec Jacques Hondelatte, Lacaton-Vassal, Pierre Ferret, NDLR), s’associait régulièrement avec nous sur des projets aveyronnais. Nous avons créé une agence en réseau, puis fusionné ; lui, prenant des parts dans Coco et apportant sa clientèle».

 

Insuffler de la modernité à la campagne

 

Quel credo pour l’agence ? «L’idée partagée de vivre et promouvoir une architecture contemporaine à la campagne, s’intéresser aux villes régionales, promouvoir l’artisanat, les nouveaux matériaux et des ressources dont nous sommes proches: forêts, carrières, produits du bois. A l’image de ce qui se passe en Autriche, l’émergence de nouveaux matériaux et d’une économie cyclique: on utilise des matériaux naturels, le bois dans sa forme brute, non traitée, qui vient de la région. Pour la maison du Châtaignier à Villefranche-du-Périgord (2013), on a utilisé les matériaux dans leur forme naturelle, non traitée, et leur usage propre. Pour l’espace culturel de Panazol, à Limoges, nous avons utilisé du douglas, en structure charpente comme en origami et un parquet en chêne massif. A Marcillac (Aveyron), pour la communauté de communes, nous réalisons un projet en zinc, couvert d’écailles rondes développées avec VM Zinc, basé en Aveyron (projet que nous présenterons dans les pages régionales du magazine Le Moniteur cet été, NDLR). Nous utilisons le bois brut, même pas autoclave, du douglas plutôt que le pin des landes qu’il faut traiter. Il se patine avec le temps, comme la pierre. Autre matériau local, la chaux de Saint-Astier, avec laquelle nous rénovons en ce moment un gîte à Périgueux.»

Une révolution des esprits, comme des usages: «nous essayons de marier les usages contemporains -hôpital, logement social, salle des fêtes- avec les aspects culturels locaux, le paysage, les matériaux, pour en tirer une certaine saveur. Sur l’ancien hôpital de la Rochefoucauld (Charente), nous avons fait évoluer l’ambiance des chambres pour qu’elles se rapprochent de la maison. Sans a priori, nous avons envie de faire de l’architecture libre, de réinventer l’usage des matériaux naturels et d’insuffler de la modernité à la campagne. Maîtriser les règles, mais amener plus d’humain: utiliser les matériaux locaux fait aussi tourner l’économie et met les gens en relation». Une philosophie concrète au quotidien pour CoCo architecture.

 

Focus

Des concours perdus... pas pour tout le monde !

Initiative originale et généreuse: l’équipe met à disposition des internautes les images de ses concours perdus sous forme d’économiseurs d’écran. De l’architecture plein les yeux !

www.cocoarchitecture.fr/screensavers

 

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