Entreprises de BTP

Claude Dufour (Synamome) : « On est en train de casser le tissu local »

Mots clés : Architecture - Etat et collectivités locales

Le Synamome, syndicat national de l’architecture et de la maîtrise d’œuvre, et l’Unaid, Union nationale des architectes d’intérieur et designers, tiendront conjointement leur congrès à Saint-Etienne les 21 et 22 mai. Le président du Synamome, Claude Dufour, dresse un bilan de la profession, alors qu’il entre dans la dernière année de son mandat électif.

Quelle sera la thématique centrale du congrès 2015 du Synamome ?

Claude Dufour : Nous plaçons la maîtrise d’ouvrage au cœur des préoccupations de notre congrès 2015. La maîtrise d’œuvre se doit de répondre aux attentes de ses clients en matière de coût global en intégrant toutes les composantes du projet. Nous serons donc à leur écoute lors de leurs différentes interventions. Il nous faut revenir aux fondamentaux et revoir notre approche professionnelle auprès des maîtres d’ouvrage qui sont les initiateurs de tout projet. 

 

Peut-on parler d’une crise de la profession ?

C.D. : Bien plus, car la grave crise économique frappe tous les acteurs du BTP. Nous connaissons tous l’adage « quand le bâtiment va, tout va. » Or, aujourd’hui on ajoute de la crise à la crise en complexifiant au plan législatif, réglementaire, au niveau des normes techniques et des circuits administratifs. La maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre en souffrent : tout projet est un vrai parcours du combattant. Et il y a aussi une crise de confiance. La réglementation change trop souvent et tout le monde a du mal à suivre. Ajoutez les interprétations variables d’une commune à l’autre dans l’instruction des demandes de permis et les abus dénoncés encore récemment dans le rapport Duport. De plus, on n’a pas mesuré les effets catastrophiques de la loi pour l’Accès au logement et un urbanisme rénové (Alur) qui, en zone rurale, réduit considérablement le foncier disponible. On est en train de casser tout le tissu local de proximité en désertifiant les campagnes. Et je ne pense pas que la mise en œuvre des PLU intercommunaux arrange les choses.

 

N’y a-t-il pas tout de même quelques signes d’espoir, notamment avec RGE ?

C.D. : Non ! Je rappelle que les études ne sont pas intégrées dans les dispositifs ECO-PTZ et CITE applicables aux seuls travaux donc aux entreprises, et que le RGE Etudes est limité aux aides de l’Ademe qui ne s’intéresse qu’à des gros projets publics. Les maîtres d’œuvre sont les oubliés de RGE, alors que nous sommes les garants de la cohérence des travaux faisant appel à différents corps de métiers sur les chantiers.

Pour redynamiser la maîtrise d’œuvre, il faut ouvrir un vrai débat entre l’ensemble des intervenants du cadre bâti, pour discuter de la place de chacun. Il est temps de redistribuer les cartes et que chacun comprenne qu’il peut disparaître si rien n’est fait ! Mais cela ne peut passer que par une réforme profonde de la loi de 1977 sur l’architecture. 

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