Chantiers

Citadelle d’Amiens: de retards en réserves, la rentrée repoussée à 2018

Mots clés : Architecte - ERP sans hébergement

L’université de Picardie devra encore attendre avant d’investir la Citadelle d’Amiens: l’arrivée des étudiants sur ce campus signé Renzo Piano n’aura pas lieu avant la rentrée 2018. Le Moniteur s’est rendu sur place.

Le chantier emblématique de la Citadelle d’Amiens connaît un nouveau retard. L’université de Picardie Jules-Verne devait s’approprier ce nouveau campus de sciences humaines en septembre 2016. Elle table maintenant sur une rentrée en septembre 2018. «La livraison des bâtiments devrait avoir lieu en janvier mais il nous faut quatre mois pour nous installer», explique Mohammed Benlahsen, président de l’Université. «Nous préférons différer le déménagement pour que l’arrivée des étudiants se fasse dans les meilleures conditions possibles».

Fin juin, le maître d’ouvrage, Amiens Métropole, a refusé de réceptionner les travaux, après avoir dressé une liste de 10 500 réserves à lever. Alain Gest, président (LR) de la collectivité territoriale, tape du poing sur la table: il appelle «solennellement l’ensemble des intervenants à se ressaisir». Une généralisation un peu abusive: en réalité, le problème mis en évidence par le maître d’ouvrage vient de quatre entreprises qui concentrent la majorité des réserves.

 

Un chantier très complexe

 

«Il y a actuellement 30 compagnons sur le site alors qu’il devrait y en avoir au moins 150, s’agace Paul Vincent, architecte associé de Renzo Piano Building Workshop, très présent sur le chantier. Après avoir fait du dumping sur les prix pour remporter le marché, certaines entreprises ont du mal à le terminer correctement, faute de compétences et de personnel». Les entreprises défaillantes vont recevoir des mises en demeure pour achever les travaux sous 45 jours.

Ces ultimes péripéties devraient marquer la fin d’un feuilleton qui aura duré quatre ans. «Nous avons dû composer avec des sols infestés de galeries du XVIIIe siècle mais aussi avec la présence d’une espèce rare de chauve-souris, qui nous interdit de faire des travaux d’octobre à juin», relate Jean-Maurice Moulène, directeur de projets du mandataire, la société d’économie mixte Amiens Aménagement. «Autre difficulté, le chantier a été divisé en 43 lots pour faire travailler le maximum d’entreprises locales. Cela a été un facteur de complexité pour coordonner les métiers, par exemple les plâtriers et les peintres.»

 

Une relecture sobre et élégante

 

Comme les délais, le budget a dérivé, passant de 106 millions d’euros à 118 millions d’euros. «Le surcoût est extrêmement faible par rapport à la complexité du projet», se défend Paul Vincent. «Nous avons serré les boulons dès le début, en faisant suivre le chantier par un économiste et en vérifiant les coûts à chaque phase», confirme Jean-Maurice Moulène. Il a fallu faire face à des imprévus. Et le maître d’ouvrage a ajouté des demandes en cours de route, comme pour rénover de la porte François-Ier ou la réflexion sur la mixité des usages.

La qualité de la rénovation devrait faire taire les polémiques: Renzo Piano propose une relecture sobre et élégante du site. Après avoir été cachée pendant quatre siècles, la Citadelle s’apprête à devenir un lieu emblématique d’Amiens. «Ici vont se mélanger les étudiants, les touristes et les gens des quartiers, la journée, le soir, le week-end, l’été», explique Paul Vincent. Situé au cœur d’un espace public de 10 hectares, le pôle universitaire sera ouvert sur la ville. La place d’Armes sera bordée de cafés et de restaurants. L’université pourra louer vingt espaces à des associations de quartier. Son grand amphithéâtre de 500 places accueillera des concerts, des films et des conférences. Un festival de la BD est déjà dans les tuyaux.

 

Fiche technique

Client: Amiens Aménagement mandatée par Amiens Métropole.

Equipe de conception: Renzo Piano Building Workshop, architecte,  P.Vincent (mandataire), J.Pattinson, L.Piazza, M.Pimmel avec B.Akkerhuis, F.Bolle, E.Bonzi, A.Boucsein, L.da Silva, Ch.Gaiger, J.Kenniche, L.Leroy, C.Maxwell-Mahon, J.Moolhuijzen (partner) et S.Goldby, A.Sauerbronn-Gresta; O.Aubert, C.Colson, Y.Kyrkos (maquettes).

Consultants: R. Duplat (ACMH); AIA Studio Paysage (paysagiste); AIA Ingénierie (structure, fluides, VRD, synthèse, SSI); Sletec (économiste); RFR (façades); Eléments Ingénieries (développement durable); Quassi (sécurité); Peutz & Associés (acoustique); Cosil (conception lumière); Autobus Impérial (signalétique); Labeyrie & Associés (scénographie); Olivier Caro (programmation); Cicad Proganor (direction de travaux).

 

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