Logement

Cinq conseils aux villes voulant se lancer dans l’habitat participatif

Mots clés : Manifestations culturelles

Pas facile de faire émerger les programmes d’habitats participatifs sur son territoire lorsque ses administrés n’en ont pas la culture… Les élus présents lors des rencontres nationales de l’habitat participatif de Marseille ont partagé leurs bonnes pratiques.

Un projet d’habitat participatif permet de développer la démocratie locale sur son territoire et de faire émerger des solutions de logements à coût (un peu) plus faible (jusqu’à 10% de moins selon les professionnels du secteur). En outre, si la construction du programme conçu par les habitants est assurée par un organisme HLM (comme c’est souvent le cas), cela permet de diversifier le patrimoine du bailleur social et de proposer un parcours résidentiel différents pour les locataires du parc social sensibilisés à la question. Pour autant, mener à bien ce type de projet n’est pas une mince affaire. Il faut gérer le groupe d’habitants, trouver un foncier adapté, convaincre les banques d’accorder les prêts… « Le premier projet d’habitat participatif a été livré au bout de 10 ans », indique Alain Kuntzmann, directeur de projet habitat participatif à Strasbourg. Pour livrer un programme d’habitat participatif un peu plus rapidement, il faut suivre les conseils prodigués lors des rencontres nationales de l’habitat participatif à Marseille le 10 juillet dernier.

 

Un portage politique fort

 

Première de toutes les conditions pour faire émerger des programmes d’habitat participatif : avoir une volonté politique forte. « Cela permet de coordonner les différents services, signale Solène Chazal conseillère municipale déléguée au logement à la mairie de Bordeaux, lors des rencontres nationales de l’habitat participatif organisées à Marseille les 9 10 et 11 juillet. » La collectivité locale peut également débloquer des subventions aux bailleurs sociaux proposant des services à maîtrise d’ouvrage aux groupes d’habitants afin de les inciter à se rapprocher des administrés porteurs de projets sans plomber leur capacité de production de logements. Enfin, « les élus ne doivent pas prendre trop de place, afin de laisser les habitants façonner leur projet », rappelle la conseillère municipale.

 

Repérer du foncier

 

En général, l’acquisition d’un terrain pouvant accueillir le projet d’habitat participatif constitue l’une des plus grandes difficultés rencontrées par les groupes d’habitants. Pour faire émerger les groupes, les villes peuvent « repérer et céder quelques parcelles », propose Solène Chazal. Cette réserve foncière « permet également de ne pas mettre en concurrence les groupes d’habitants avec des promoteurs privés », insiste Alain Kuntzmann, directeur de projet habitat participatif à Strasbourg. Objectif : ne pas mettre en concurrence les groupes d’habitants et les promoteurs privés, afin de ne pas être tenté de céder la parcelle au plus offrants.

 

Lancer un appel à projets

 

Certaines collectivités décident de lancer des appels à projets fléchés sur quelques terrains pour faire émerger les bonnes idées. « Cela permet de communiquer sur l’habitat participatif et de susciter l’intérêt des habitants qui ne pensaient pas forcément se loger de cette façon », estime Alain Kuntzmann. Mais attention, tous les terrains ne rencontreront pas le même succès… « Sur les quatre parcelles proposées dans l’appel à projet, l’une d’entre elles n’a fait l’objet d’aucune proposition », se souvient Stanislas Dendievel, conseiller municipal délégué à l’urbanisme de Lille, au sujet de l’appel à projets lancés en 2013. Par ailleurs, lorsqu’un groupe d’habitant a le soutien d’une collectivité locale, il gagne en crédibilité auprès des organismes bancaires qui se montrent plus enclins à accorder les prêts.

 

Choisir les groupes habitants

 

Après l’appel à projets, vient le temps d’éplucher les dossiers. Evidemment, le choix devra se faire en fonction de la qualité architecturale du programme, mais pas seulement… « A Strasbourg, nous avons axé la consultation sur la charte de vie et la gouvernance au sein du groupe pour sélectionner les projets », se rappelle Alain Kuntzmann. A Lille, les projets ont été choisis « en fonction de la mixité sociale au sein du groupe et son fonctionnement », se rappelle Stanislas Dendievel.

 

Accompagner dans la durée

 

S’ils sont bien ficelés, les programmes d’habitats participatifs peuvent sortir de terre après quatre à cinq ans de gestation. « Un délai normal pour une personne publique, mais qui peut paraître très long pour les habitants », concède Audrey Canu, chargée d’étude pour la coopérative immobilière Axanis. La collectivité locale doit accompagner les groupes d’habitants pour qu’ils restent mobilisés. A Strasbourg, la livraison du premier programme d’habitats participatifs a pris dix ans. « Mais elle a servi de modèle, indique Alain Kuntzmann. En 2001, nous avons même créé une association nommée éco-quartier. » L’objectif « historique » de cette structure « est de promouvoir des actions exemplaires d’urbanisme, notamment par la création d’écoquartiers et la construction de logements en autopromotion reposant sur l’initiative citoyenne et répondant mieux aux attentes des habitants ».

 

 

 

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