Immobilier

Chantier contre vestiges archéologiques : à Marseille, la ministre de la Culture confirme le projet immobilier

Mots clés : Entreprise du BTP - Gestion et opérations immobilières - Gouvernement - Manifestations culturelles - Urbanisme - aménagement urbain

Dans un communiqué paru lundi soir, la ministre de la Culture confirme le projet immobilier Les Loges porté par Vinci Immobilier au centre de Marseille. Suite à la découverte d’une carrière antique datant de la création de la cité phocéenne lors des fouilles archéologiques préventives, le projet est contesté par un collectif qui demande l’annulation du permis de construire.

Boulevard de la Corderie, au centre de Marseille, la découverte d’une carrière d’extraction de pierres datant de la création de la cité phocéenne, au VIème siècle avant JC, met en ébullition associations, comités de quartier, commerçants, élus locaux et opposants au maire de Marseille Jean-Claude Gaudin.

La décision de la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, lundi soir, de confirmer l’arrêté, pris fin juillet sur avis de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives), de sauvegarder une partie du  site antique pour permettre la réalisation du programme de 109 logements de Vinci immobilier, ne risque pas de mettre fin aux tensions.

Mobilisé depuis la fin des fouilles préventives en juin, le collectif, qui regroupe l’essentiel des opposants au projet immobilier, milite pour une mise en valeur de l’intégralité des quelque 4 200 m2 mis à jour et l’abandon du permis de construire. Il propose de créer sur le site un jardin des vestiges, « un moyen original de rendre vie à cette carrière antique tout en devenant un lieu d’attractivité idéalement situé entre le Vieux port et Notre Dame de la Garde ».

Interrogé par le Moniteur, le porte-parole du collectif, Sébastien Marles, a confirmé le dépôt de recours et référés pour empêcher le bon déroulement du chantier.

 

Intérêt archéologique

 

Du côté des services de l’Etat, la position est claire. Ce sont « des données scientifiques » qui les ont conduits à délimiter la partie la plus spectaculaire de la carrière comportant des fronts de taille de près de 6 mètres de hauteur et plusieurs éléments de sarcophage encore en place. « Les 635 m2 identifiés comme présentant un intérêt archéologique sont bien protégés (…) et une procédure  de protection au titre des monuments historiques va être lancée », est-il écrit dans le communiqué de la ministre de la Culture.

Comme l’a rappelé le directeur régional des affaires culturelles (DRAC) Marc Ceccaldi, lors de la réunion d’information organisée le 31 août par le préfet des Bouches-du-Rhône Stéphane Bouillon, cette décision se situe « à l’équilibre exact entre préservation et développement économique ».

De plus, dans son communiqué, la ministre de la Culture rappelle que « la loi ne permet pas à l’Etat d’étendre l’espace protégé à des surfaces qui ne le justifient pas, ainsi que cela a été exposé en réunion. Tout autre aménagement ne pourrait ainsi relever que d’un accord entre l’opérateur immobilier et l’autorité lui ayant délivré le permis de construire ».

 

Mise en valeur du site

 

Jean-Claude Gaudin a attendu la décision ministérielle pour s’exprimer. Dans un court communiqué, hier soir, il a pris « acte de la décision de la Ministre de la Culture qui, tout à la fois, respecte l’histoire de notre Ville et lui permet d’inscrire son développement dans la modernité. »

Pour une bonne mise en valeur du site, la Ville aura sa part, notamment pour l’utilisation de l’espace mitoyen dont la elle est propriétaire et qui donne sur l’espace protégé, ainsi que pour une exploitation de la servitude de passage dont elle dispose le long du rempart.

En attendant, Vinci Immobilier peut démarrer le chantier de construction du programme mixte Les Loges composé de 109 logements, d’une crèche de 42 berceaux et de quatre surfaces de commerce en pied d’immeuble. Un chantier qu’elle conduira en suivant les directives du service de l’archéologie de la Drac. La zone de 635 m2 sera ainsi protégée par un géotextile et un remblai provisoire. Par ailleurs, le promoteur annonce travailler sur un projet d’intégration et de valorisation des vestiges.  

 

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