Entreprises de BTP

Cession de Bouygues Telecom: une aubaine pour l’activité construction ?

Mots clés : Entreprise du BTP

La cession pour 10 milliards d’euros de sa filiale Telecom à Numericable-SFR a été rejetée par le conseil d’administration du groupe Bouygues, mardi 23 juin. Ce refus clair met un terme à l’éventualité pour le groupe de se recentrer sur son activité historique de la construction.

Finalement, c’est non. Numericable-SFR offrait 10 milliards d’euros au groupe Bouygues pour racheter sa filiale Telecom. Une somme colossale quasi-équivalente à la valorisation boursière de l’ensemble du groupe. Mais cela n’a pas suffit à convaincre le conseil d’administration du groupe Bouygues qui a décidé de refuser cette cession et de tirer un trait surà ce pactole. Malgré cette décision, la question demeure : quels impacts aurait eu une telle opération sur l’activité construction (Bouygues Construction, Bouygues Immobilier, Colas) du groupe ?

Martin Bouygues, le P-DG, aurait-il pu mettre à profit une partie du produit de cette cession pour investir dans ses activités historiques ? Il faut se rappeler que le pôle construction, représente 80% du chiffre d’affaires du groupe (26,5 milliards d’euros en 2014), et qu’elle était sa seule activité en croissance l’année dernière (+2% par rapport en 2013), la situation tendue en France (-4%) étant compensée par une très bonne dynamique à l’export (+10%). Selon les analystes de la banque Natixis, le groupe aurait en effet pu opter pour une « simplification de sa structure », avec un « retour aux sources » et à sa vocation première de leader du BTP.  

Un scénario que nuance un autre analyste d’une grande banque: «quand on regarde le profil de l’entreprise, qui a une taille significative et est déjà bien implantée à l’international, il n’est pas criant qu’elle éprouve le besoin de faire une acquisition particulière dans le domaine de la construction ». Et quand bien même le  groupe aurait eu une volonté d’expansion géographique accentuée, « les ordres de grandeur des sommes nécessaires à d’éventuelles acquisitions à l’export seraient bien inférieures à ces 10 milliards ».

Parallèlement à cete hypothèse « retour aux sources », plusieurs autres sont évoquées par les analystes. Natixis aurait ainsi bien vu le groupe Bouygues réaliser une opération de croissance externe dans l’audiovisuel pour compléter le groupe TF1. Les analystes d’Oddo Securities quant à eux, estiment dans une  note que Martin Bouygues pourrait vouloir laisser les rênes du groupe à l’horizon 2-3 ans avec une « position bilantielle très solide ». Le futur « nouveau patron » pourrait alors vouloir réaliser une acquisition dans « un nouveau segment d’avenir » qui  l’aura convaincu, « tout comme Martin avait investi dans les télécoms, après l’investissement de Francis dans TF1 ».

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