Entreprises de BTP

Ces artisans qui travaillent à l’étranger

Mots clés : Artisanat

Poussés par la crise économique, certains artisans n’hésitent pas à vendre à l’étranger leur savoir-faire. Une démarche qui n’est pas sans risques, notamment dans des pays comme la Suisse.

Crise oblige, des entreprises du BTP cherchent des marchés à l’étranger. Tarek Bouzidi, conseiller à la chambre des métiers de Savoie, confirme : « Nous sentons une demande récurrente d’entreprises cherchant des marchés en Suisse, comme elles le feraient vers des départements limitrophes. Ce n’est pas si simple et le déclic naît souvent d’une opportunité. » Selon une étude de l’Institut supérieur des métiers, « la première exportation est déclenchée dans 64 % des cas par la sollicitation d’un client étranger ».

Patrice Bellanger, menuisier en Loire-Atlantique, vient de réaliser un hammam près de Windsor, en Angleterre : « Je réalise ce premier chantier en sous-traitance, pour le compte d’un émir. Hors la barrière de la langue, le travail est le même qu’en France. » Certains réalisent des chantiers à l’autre bout du monde. Dirigeant d’une entreprise de charpente-couverture de 12 salariés à Haubourdin (Nord), Stéphane Lerre travaille en Suisse, en Ouzbékistan ou au Sénégal, pour de l’assistance à la maîtrise d’ouvrage : « Au départ, c’est une envie de travailler à l’extérieur, rendue possible grâce à la mise en place d’une interface sur ordinateur pour gérer les devis et prendre les décisions, même à l’étranger. »

 

Précaution et organisation

 

S’il existe des opportunités, la prudence est de mise. En Suisse, il faut indiquer, via la procédure d’annonce, le nombre et le nom des travailleurs, les dates et la durée des travaux. De plus, il est impératif de respecter le Smic local, soit plus de 3 000 euros ! « Vu les risques de délation, le manque d’expérience des artisans en stratégie commerciale et leur méconnaissance de la réglementation locale, ces chantiers ne sont rentables qu’à condition d’être seul ou d’avoir une entreprise structurée », ajoute Tarek Bouzidi. Pour Stéphane Lerre, « il faut emmener un expert-comptable et être conseillé par un avocat en droit international. Il ne peut s’agir de court terme. Avant de se lancer, mieux vaut se rapprocher des chambres de métiers pour un maximum de précautions. »

Focus

Charlotte Santin, responsable administrative et commerciale de RAF (Chambéry) : « La Suisse n’est pas l’Eldorado ! »

Comment avez-vous démarré en Suisse ?

Nous sommes des spécialistes de l’accessibilité, et nous avons travaillé sur le stand Mercedes pour le Salon international de l’auto. Nous rénovons également des ascenseurs à Genève.

 

Quelles sont les contraintes ?

La rigueur est de mise. Tout retard ou dépassement doit faire l’objet d’une procédure d’annonce. Les normes sont différentes, les salaires plus élevés, les conventions collectives varient d’un canton à l’autre. Nous devons lister notre outillage avec les numéros de série.

 

Est-ce une démarche rentable ?

En étant attentifs au calcul du prix, qui intègre par exemple le temps passé à la douane, nous dégageons une marge intéressante. Pour autant, nous ne cherchons pas à développer ce marché, parce que la crise existe également en Suisse. Il serait illusoire de croire qu’il s’agit d’un Eldorado !

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