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Ces architectes qui choisissent la France (5/5) : Sou Fujimoto

Mots clés : Architecture

Malgré les maux dont souffrirait l’architecture en France (trop de contraintes, plus assez de commandes, pas toujours suffisamment d’audace…), l’Hexagone doit avoir ce on-ne-sait-quoi de séduisant qui donne envie aux étrangers de venir y bâtir. Dans son numéro à paraître le 26 février, « Le Moniteur » a enquêté sur les divers chemins qui mènent à Paris, et a choisi de raconter ici le parcours de cinq agences étrangères. Aujourd’hui : l’architecte japonais Sou Fujimoto raconte sa collaboration fructueuse avec de jeunes confrères français.

En moins de deux ans, l’architecte japonais Sou Fujimoto a remporté trois projets en France : une tour de logements à Montpellier, un bâtiment d’enseignement sur le campus de Paris-Saclay et un immeuble-pont au-dessus du périphérique parisien. Du coup, il devrait « très bientôt » ouvrir une agence dans la capitale. Pour en prendre la tête, il a choisi « une excellente jeune architecte française », Marie de France, 30 ans cette année, qui a intégré Sou Fujimoto Architects il y a trois ans. « Nous étions déjà en train de regarder comment ouvrir une agence en France, souligne-t-elle. Gagner Pershing dans le cadre de Réinventer Paris [NDLR : les résultats de cet appel à projets innovants ont été dévoilés début février] va accélérer le processus d’installation. »

 

Jeune génération d’architectes

 

Sou Fujimoto est la dernière étoile montante en date d’une longue série d’architectes-stars venus du Japon. « Les parcours de Sanaa, Kengo Kuma, Shigeru Ban ou, avant eux, Toyo Ito et Tadao Ando encouragent les jeunes générations comme la mienne à vouloir faire des projets en France », indique l’architecte de 44 ans. Mais ce n’est pas tout, une jeune génération d’architectes français est aussi allée le chercher, chez lui, à Tokyo.

Nicolas Laisné (Laisné-Roussel) et Manal Rachdi (OXO Architectes), ses cadets de 6-7 ans, lui ont proposé de faire un projet en trio pour un immeuble de logements à Montpellier et il a accepté. « Sou Fujimoto ne pouvait pas venir en France, alors nous avons fait le voyage au Japon et le projet est né là-bas, lors d’un workshop », racontent avec enthousiasme les deux architectes montreuillois. Ce coup de poker a été un coup gagnant. Leur « Arbre blanc » devrait pousser d’ici le printemps 2018.

 

Collaboration fructueuse

 

A Paris (XVIIe), si le projet se réalise, « Mille arbres » pourraient également s’épanouir sur le périphérique parisien, à la porte Maillot. La perspective, largement diffusée lors des résultats de Réinventer Paris, promet un spectaculaire ensemble de logements et de bureaux richement planté. Cette fois-ci, seul Manal Rachdi est associé à Sou Fujimoto. « Lorsqu’une collaboration est fructueuse, on a envie de la faire mûrir », apprécie Marie de France.

« Certains pensent que les architectes étrangers volent le travail des architectes français, c’est faux, affirme Manal Rachdi. Ils permettent aux jeunes agences de travailler et d’avoir accès à des projets autrement inaccessibles. » Lui et ses confrères Nicolas Laisné et Dimitri Roussel se réjouissent d’avoir eu la chance d’entretenir un « rapport d’égal à égal » avec leur aîné japonais, ce qui n’est pas toujours le cas dans une association. « Quand un architecte étranger conçoit seul le projet et qu’un architecte local suit de son côté le chantier, c’est le pire des scénarios », estime Nicolas Laisné. Nous, nous comptons œuvrer ensemble de bout en bout. »

Quant à lui, Sou Fujimoto n’a pas « du tout » craint que ces jeunes maîtres d’œuvre utilisent son nom et sa renommée pour remporter des projets. « En collaborant avec eux, je peux élargir mon monde et eux le leur, pense-t-il. L’important, c’est de s’écouter, de s’inspirer. Et de sourire. »

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  • - Le

    sourire...

    J’ai regardé les 5… Dites donc, quelle punition ! Remarquez, peut être le méritons nous. Suivant le conseil de Fujimoto, je souris. Mais mon sourire n’est pas sardonique. Il est triste, et bienveillant. Un bâtiment se détruit, après tout, même si cela coûte…
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