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Ces architectes qui choisissent la France (4/5) : Baumschlager-Eberle

Mots clés :

Architecture

Malgré les maux dont souffrirait l’architecture en France (trop de contraintes, plus assez de commandes, pas toujours suffisamment d’audace…), l’Hexagone doit avoir ce on-ne-sait-quoi de séduisant qui donne envie aux étrangers de venir y bâtir. Dans son numéro à paraître le 26 février, « Le Moniteur » a enquêté sur les divers chemins qui mènent à Paris, et a choisi de raconter ici le parcours de cinq agences étrangères. Aujourd’hui : l’agence autrichienne Baumschlager-Eberle souligne l’importance d’une proximité « au quotidien » avec la maîtrise d’ouvrage.

Parmi les principes fondateurs de l’agence autrichienne Baumschlager-Eberle, l’attention au contexte figure en bonne place, sans doute à égalité avec son implication dans la construction durable. Il n’est guère étonnant, alors, qu’une structure qui s’est choisi pour devise « think global, act local » (penser globalement, agir localement, NDLR) ait fini par passer les frontières du Vorarlberg, région où elle a vu le jour dans les années 1980, pour installer des équipes là où ses chantiers la menaient. En Suisse, d’abord, puis en Asie ou en Allemagne. Et en France, donc. « Nous pensons en effet que le projet naît du contact avec la maîtrise d’ouvrage. Pouvoir en être proche, au quotidien, nourrit notre travail », explique ainsi Anne Speicher, l’architecte qui dirige l’agence parisienne.

Il ne faut pourtant pas croire que Baumschlager-Eberle prétend là au statut de groupe à l’envergure internationale ni ne revendique une volonté d’expansion à tout crin. Créée comme une agence ultra locale et très engagée dans la mouvance militante prônant une conscience écologique et sociale qui a fait la réputation du Vorarlberg, elle demeure une « petite » entreprise, à entendre Anne Speicher. « Même si nous avons dix implantations dans le monde, leur effectif respectif ne dépasse guère les 15 à 20 personnes. C’est la bonne taille pour pouvoir réagir à l’imprévu au jour le jour et permettre un suivi réel des différents projets », assure encore l’architecte.

 

Une invitation

 

Ce développement de Baumschlager-Eberle n’apparaît pas plus être le fruit d’une stratégie scrupuleusement établie. Ainsi en France, tout a débuté par une invitation à un concours, à la fin des années 2000. Sur les anciens terrains Renault, Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), l’agence a été désignée maître d’œuvre coordinateur du macrolot A4 ouest et lauréate pour la réalisation d’un immeuble de bureaux baptisé « Ardeko », livré en 2013. Puis, d’autres sollicitations ont suivi. L’une des consultations à laquelle l’agence autrichienne était conviée portait sur un programme de bureaux et de commerces, sur le quai du Tonkin à Dieppe (Seine-Maritime). Et Baumschlager-Eberle était alors en lice face à Christian Hauvette, lorsque celui-ci est décédé en 2011.

« Son entourage se demandait comment donner un avenir à l’agence pour que l’équipe soit préservée et que les projets en cours soient achevés », raconte Anne Speicher. L’architecte Patrick Chavannes, notamment, a glissé le nom de Baumschlager-Eberle, qu’il avait fait travailler à Boulogne-Billancourt. L’œuvre et les valeurs de l’agence autrichienne ont parlé en leur faveur. Baumschlager-Eberle a ainsi pris ses quartiers dans le Marais, dans les locaux de l’architecte français, et confié les rênes du bureau à Anne Speicher. Pour avoir passé plusieurs années chez Dominique Perrault, avant de travailler chez Wilmotte & Associés, l’architecte allemande connaît en effet bien la France. Les projets signés Hauvette ont quasiment tous été achevés et ses anciens collaborateurs sont, pour l’essentiel, restés. Puis, Baumschlager-Eberle a remporté trois nouveaux projets à Paris, dont un à la porte des Lilas. « Et l’an dernier, nous avons pris part à 13 concours », ajoute Anne Speicher. Mais pour l’architecte, l’agence est encore loin d’être installée dans le paysage. « Nous sommes encore une jeune agence sur le territoire français, estime-t-elle. Il nous faut continuer à construire des liens de confiance ». Avec toujours cet objectif : agir localement.

 

 

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