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Ces architectes qui choisissent la France (3/5) : Scape

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Architecture

Malgré les maux dont souffrirait l’architecture en France (trop de contraintes, plus assez de commandes, pas toujours suffisamment d’audace…), l’Hexagone doit avoir ce on-ne-sait-quoi de séduisant qui donne envie aux étrangers de venir y bâtir. Dans son numéro à paraître le 26 février, « Le Moniteur » a enquêté sur les divers chemins qui mènent à Paris, et a choisi de raconter ici le parcours de cinq agences étrangères. Aujourd’hui : les architectes italiens de Scape vantent la France comme un « pays où lorsqu’on remporte un concours, on peut le construire ».

Les quatre quadras Ludovica di Falco, Francesco Marinelli, Alessandro Cambi et Paolo Mezzalama, fondateurs de l’agence romaine Scape en 2002, sont entrés en France par la « petite porte ». En 2008, ils sont promus par le ministère de la Culture au titre des « Nouveaux albums des jeunes architectes ». Quelques années après, ils remportent un concours à 10 millions d’euros pour la Ville de Paris : un bâtiment pluri-équipements situé dans le XXe arrondissement. C’est grâce à cette opération qu’ils décident alors de franchir la « grande porte ». En 2013, ils créent à Paris une entreprise d’architecture de droit français, appelée Offscape. Le choix de s’implanter ici tient à la volonté du quatuor italien de suivre ses chantiers sur place, et non pas à distance.

 

La France devant soi

 

« L’Italie est le pays qui nous a nourris, nous a appris, mais la France nous attirait », raconte Ludovica di Falco, qui a fait ses premiers pas d’architecte à l’agence parisienne du Florentin Jean-Pierre Buffi. « Nous rêvions de ce pays où lorsqu’on remporte un concours, on peut le construire », ajoute son associé Francesco Marinelli. Les deux architectes vantent aussi les mérites de la loi française sur la maîtrise d’ouvrage publique, la fameuse loi MOP, qui « offre les mêmes chances aux architectes locaux et étrangers ».

De l’autre côté des Alpes, ils reprochent aux autorités publiques italiennes un manque de vision stratégique concernant le développement du territoire. Selon eux : « Un territoire ne se fabrique pas avec des musées à 150 millions d’euros, mais avec des logements sociaux, des écoles et des équipements sportifs. » Bien que vivant en permanence à Paris, Ludovica di Falco et Francesco Marinelli ne se considèrent pas pour autant comme des expatriés. « Nous ne sommes plus au début du XXe siècle où partir travailler à l’étranger était synonyme de départ sans retour, estime Ludovica di Falco. Maintenant, avec les compagnies aériennes low-cost, l’Europe de l’architecture n’a plus de frontières. »

Enfin, s’ils avaient une critique à faire à leurs confrères français, les architectes de Scape parleraient de leur « manque de curiosité à l’international. Mais, il faut dire qu’ils ont tellement de projets chez eux, on les comprend… »

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