Profession

Ces architectes qui choisissent la France (2/5) : Auer-Weber

Mots clés : Architecture

Malgré les maux dont souffrirait l’architecture en France (trop de contraintes, plus assez de commandes, pas toujours suffisamment d’audace…), l’Hexagone doit avoir ce on-ne-sait-quoi de séduisant qui donne envie aux étrangers de venir y bâtir. Dans son numéro à paraître le 26 février, « Le Moniteur » a enquêté sur les divers chemins qui mènent à Paris, et a choisi de raconter ici le parcours de cinq agences étrangères. Aujourd’hui : l’architecte allemand Moritz Auer, qui a mis quelques années pour maîtriser le « jargon » des formulaires administratifs français.

Fondée en 1980 en Allemagne par Fritz Auer (1933-) et Carlo Weber (1934-2014), l’agence d’architecture Auer-Weber est arrivée sur le marché français « un peu par hasard », courant 2007, en découvrant une demande de candidature pour le Carreau du Temple à Paris. « Mais le rêve français est devenu réalité en 2008 lorsque nous avons gagné le projet de centre aquatique à Courchevel », raconte Moritz Auer, architecte-ingénieur et actuel co-gérant de cette agence familiale. Le bâtiment a été inauguré en décembre 2015.

D’autres opérations, principalement des équipements sportifs et des lieux d’enseignements, sont actuellement en chantier d’un bout à l’autre du pays, de Villeneuve-d’Ascq à Aix-en-Provence. L’agence munichoise dispose d’une équipe de 10 à 15 architectes francophones dédiée aux concours dans l’Hexagone, évitant ainsi d’avoir affaire à des intermédiaires. A ce jour, elle a déjà répondu à une quarantaine d’appels d’offre.

 

« Jargon » français

 

Moritz Auer, la cinquantaine passée, dit avoir été « attiré par la diversité des programmes, mais aussi, il ne faut pas se mentir, par la rémunération des concours ». Même si, reconnaît-il, « rendre une esquisse ou un avant-projet sommaire (APS) complet en trois mois, voire moins, devient parfois très « sportif » à la rentrée de janvier et de septembre ». Sportif également, le fait de « s’en sortir dans la jungle administrative ». L’architecte allemand parle désormais parfaitement le « jargon » des formulaires français. Dans le cadre d’un marché public, il sait « remplir un DC1 qui était avant un DC4, un DC4 qui s’appelait avant DC13, sans oublier le DC2 très important pour la constitution de l’équipe ».

Si travailler sur des projets à l’étranger permet de « remettre en question la qualité, le contenu architectural et la méthodologie de travail » de l’agence, celle-ci n’envisage pas pour autant ouvrir une succursale dans d’autres pays que l’Allemagne. « Nous souhaitons garder la production de nos concours étrangers à Munich, indique Moritz Auer. Mais nous verrons bien ce que l’avenir nous réserve… »

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