Energie

Certificats d’économies d’énergie : les objectifs doublés, le décret publié

Mots clés : Gouvernement - Marché de l'énergie - Politique énergétique

Après sa signature fin avril par Ségolène Royal, le décret pour le doublement des objectifs d’économies d’énergie (de 800 à 1.600 TWh cumac, dont 400 au bénéfice des ménages en situation de précarité énergétique), sur la période 2018-2020, a été publié au Journal Officiel du 3 mai. Les travaux réalisés grâce aux CEE doivent permettre une réduction de 10 milliards d’euros par an de la facture énergétique des ménages, entreprises et organismes publics.

Le dispositif des CEE, créé en 2006, oblige les fournisseurs d’énergie (EDF, Total, Engie, la grande distribution au titre des ventes de carburants, etc) à financer des actions d’économies d’énergie (rénovation thermique des bâtiments, changement de chaudières, énergies renouvelables, etc.), sous peine de fortes pénalités. Depuis sa création, il a permis d’installer 1 million de chaudières individuelles performantes ou encore l’isolation des combles, toitures ou murs de 450.000 logements, selon le ministère de l’Environnement.

Avec la publication le 3 mai au Journal Officiel d’un décret doublant les objectifs d’économies d’énergie à réaliser – de 800 à 1.600 TWh cumac, dont 400 au bénéfice des ménages en situation de précarité énergétique – les travaux effectués grâce aux CEE devraient permettre une réduction de 10 milliards d’euros par an de la facture énergétique des ménages, entreprises et organismes publics.

 

Collecteurs contents

 

La société Primesénergie, qui aide les consommateurs à financer des travaux en leur versant une prime financée par les fournisseurs d’énergie via les CEE, a salué une « très bonne nouvelle pour les ménages français ». C’est « une immense opportunité pour les consommateurs et un soulagement pour toute la filière qui réalise des économies d’énergie », acquiesce dans un communiqué Frédéric Utzmann,président du groupe Effy (ex-Certinergy), autre acteur du marché.

Leur concurrent, Géo PLC, envisage déjà de « doubler » ses effectifs à 200 personnes en prévision du surcroît d’activité, indique Hughes Sartre, son responsable des affaires publiques. « Il va falloir largement augmenter le nombre de passages à l’acte » sur les travaux, prévient-il, plaidant pour la labellisation de « nouvelles actions très efficientes pour un prix de mise en oeuvre assez faible » jusqu’ici exclues du dispositif, comme le remplacement de l’éclairage traditionnel par des led dans les bureaux et commerces.

 

Obligés mécontents

 

Les fournisseurs d’énergie sont plus critiques, notamment sur le coût du dispositif, payé indirectement par les consommateurs sur leur facture d’énergie. « Cela finit par coûter extrêmement cher à la collectivité et pour autant les actions de rénovation énergétique ne décollent toujours pas dans le bâtiment », regrette Anne Chenu, directrice générale déléguée de l’Union française de l’électricité (UFE). Avec l’association des fournisseurs alternatifs d’énergie (Anode) et l’Association française du gaz (AFG), elle pointe un coût à venir d’au moins 2 milliards d’euros par an, soit une hausse des factures d’énergie de l’ordre de 2% pour les ménages.

Par ailleurs, selon Mme Chenu, l’aide versée via les CEE « ne déclenche pas » des travaux d’économies d’énergie, mais est « un plus » pour des travaux qui auraient été réalisés même sans CEE.

Une étude publiée en 2013 par l’Ademe montre toutefois le rôle de « catalyseur » des CEE, avec 30% à 50% des ménages interrogés qui ont réalisé plus de travaux que prévus initialement ou choisi un équipement plus performant.

 

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  • - Le
    Il est important d’accueillir la réduction sur la facture énergétique des différents acteurs grâce aux travaux – et aux CEE – mais il est tout aussi primordial d’estimer justement leurs efforts et motivation de se préoccuper de l’efficacité énergétique.
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