Energie

Certificats d’économie d’énergie : le blues des acteurs en ce début de 3e période

Mots clés : Politique énergétique

Depuis le 1er janvier 2015, la 3e période du dispositif des CEE a commencé et ce, pour 3 ans, avec un objectif de 700 TWh cumac à remplir. Ce démarrage ne se fait pas sans heurt.

Attendue avec impatience et parfois inquiétude en 2014, le démarrage de la 3e période du dispositif des certificats d’économies d’énergie ne déclenche pas d’enthousiasme. Pire, une certaine anxiété taraude les acteurs au vu des transactions sur le marché secondaire, là où s’échangent les CEE de gré à gré, en ce début d’année 2015.

Mais alors que s’est-il passé ces derniers mois pour que l’enthousiasme du démarrage d’une nouvelle période des CEE retombe comme un soufflé ?, s’interroge notre confrère Enerpresse. « Depuis quelques semaines, le marché tourne au ralenti, comme il y a peu de transaction, le cours s’oriente à la baisse », précise Franck Annamayer, gérant de Sonergia, société spécialisée dans le mécanisme des CEE. Une analyse partagée par une autre structure collective, Certinergy. « Il y a eu une surprise en ce début d’année pour beaucoup d’acteurs, c’est l’inversion de la tendance au niveau de la valorisation des CEE sur le marché secondaire, souligne pour sa part Frédéric Utzmann, président de Certinergy. En effet, alors que les prix étaient plutôt à la hausse fin 2014, ils sont orientés à la baisse ces deux derniers mois et sont même passés sous les 3 euros/MWhcumac. »

Les raisons invoquées par ces deux acteurs pour ce retournement de situation se rejoignent. Tout d’abord, le pôle national des CEE a nettement accéléré le rythme de délivrance des certificats pour boucler, d’ici le mois d’avril, le suspend de la 2e période. Cela engendre un afflux de CEE sur le marché, encore renforcé par une stratégie de couverture adoptée par certains vendeurs de CEE, d’après M. Utzmann, qui voulaient sécuriser rapidement leurs ventes de CEE.

Par ailleurs, côté acheteurs de CEE, les obligés, pas de précipitations avec un objectif sur la période loin d’être inatteignable. Beaucoup d’offres et peu d’achats, tout cela concoure à cette tendance baissière, tout comme des effets d’aubaine sur certaines fiches, notamment celle sur les économiseurs d’eau permettant de récupérer des CEE à moindre coût mais qui va être révisée très prochainement. M. Annamayer avance une autre explication possible pour la diminution des volumes échangés en spot : la mise en place, depuis le début de la 3° période, des contrats de délégation partielle (de 5 TWh cumac minimum). « En effet, ces contrats sont en fait des ventes de CEE à terme, et tous les CEE vendus à terme ne le sont forcément pas en spot », précise-t-il.

De son côté, Christian Deconninck, nouveau président de l’ATEE qui englobe le Club CEE, reconnaît que le stock élevé de fin de 2e période (230 TWh cumac selon la DGEC) « crée actuellement une certaine panne de vent et une remise en cause de certains partenariats CEE conclus en 2e période ». « Quoi qu’il en soit, en imaginant que les stocks tombent à zéro en fin de 3e période, il faudrait de toute façon maintenir le rythme de production atteint en fin de 2e période pour faire l’obligation de la 3e période », précise-t-il. Or, un stock final de fin de période à zéro est hautement improbable, car d’après les estimations de M. Deconninck « toutes choses égales par ailleurs, avec une obligation en 4e période identique à la 3e et une nouvelle baisse du potentiel des fiches, il faudrait alors pour l’atteindre augmenter l’activité CEE de 80 % par rapport au rythme actuel sans stock initial ! »

La tendance pourrait-elle se renverser ? « Oui, mais la question est plutôt quand, car il y a des besoins et des stratégies différents dans le marché, indique M. Utzmann. On entend aussi parler de réévaluation de l’objectif en cours de période pour redynamiser le marché ». En effet, si c’est à l’aune du prix du CEE que l’on juge la difficulté réelle d’atteindre l’objectif, les obligés ne sont pas inquiets pour l’instant.

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    Pour faire des économies d’énergie dans le secteur résidentiel, on peut commencer par faire respecter les températures maximales autorisées (c’est comme sur l’autoroute par exemple, où il est interdit de rouler au-dessus de 130km/h…!). Pour faire des économies d’énergie dans ce même secteur, on peut aussi limiter les surfaces habitables, construire et rénover en faisant preuve de bon sens (pas de grandes surfaces vitrées plein nord, y compris les triples high-tech de chez « biiiip », moins de ce béton énergivore et, enfin et surtout, beaucoup beaucoup plus de solaire thermique, disons 1m² par habitant dès lors que les conditions le permettent (toitures, ombrages etc.)). Sinon on peut continuer à bousiller la planète, ça f’ra du fric !!!
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