Culture

Cergy-Pontoise, ville nouvelle hier et renouvelée demain

Mots clés : Etat et collectivités locales

Du 17 juin au 20 septembre, le Pavillon de l’Arsenal devient l’ambassade parisienne de l’agglomération qui a surgi de terre dans le Val-d’Oise depuis la fin des années 1960. L’exposition, organisée à l’occasion du 50e anniversaire du lancement du programme des villes nouvelles dans la région parisienne, permet de rappeler combien Cergy-Pontoise fut un laboratoire architectural ainsi que social.

En juin 1965, un haut-fonctionnaire, Paul Delouvrier, présente le vaste plan d’aménagement que lui et ses équipes ont élaboré pour la région parisienne, en particulier dans le but d’absorber l’augmentation plus que conséquente de sa population. Ce Schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme de la région de Paris, autrement dit le SDAURP, n’a finalement jamais été approuvé par décret. Il représente pourtant l’acte de naissance des cinq ensembles urbains de l’Ile-de-France que sont aujourd’hui Cergy-Pontoise, Marne-la-Vallée, Evry, Sénart et Saint-Quentin-en-Yvelines. Ce « plan Delouvrier » table en effet à l’époque sur la création de « villes nouvelles », pour organiser des pôles de développement dans la région.

C’est ainsi que le projet, qui s’inspire notamment des New Towns, lancées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale en Grande-Bretagne, devient « la grande idée des années 1960 pour régler le problème du logement et des banlieues », explique l’architecte Lionel Engrand. Avec Olivier Millot, directeur Culture et Territoire à la communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise, celui-ci assure le commissariat de l’exposition que le Pavillon de l’Arsenal, à Paris, organise du 17 juin au 20 septembre pour marquer le 50e anniversaire de cette aventure urbaine. Le centre d’exposition a, pour cette occasion, décidé de se consacrer à une seule de ces villes nouvelles, celle de Cergy-Pontoise, érigée autour des boucles de l’Oise, à quelque 40 kilomètres du centre de Paris.

 

Objet étrange

 

« Cergy-Pontoise, Formes & fictions d’une ville nouvelle » permet donc de décrypter cet objet étrange autant pour son organisation administrative – elle est construite par l’Etat, via un Etablissement public d’aménagement – que pour sa situation géographique : aux milieux des champs du Val-d’Oise. L’exposition établit la chronologie de la naissance de la ville et raconte ses projets architecturaux, à commencer par celui de la nouvelle préfecture du département qu’on installe volontairement dans une radicale pyramide inversée dessinée par Henry Bernard et censée incarner toute la modernité du projet. Mais Cergy-Pontoise n’est pas seulement nouvelle parce que son centre bâti sur dalle ou ses quartiers périphériques le sont. Les premiers habitants, en véritables pionniers, rêvent aussi de réinventer le modèle social. Après tout, Mai 68 n’est pas si loin. Surtout, l’exposition permet de rappeler un principe fondateur des villes nouvelles : l’ensemble urbain doit pouvoir vivre en quasi autonomie et donc offrir à ces habitants toutes les fonctions utiles à son quotidien : le travail, le logement, l’éducation, le commerce sans oublier les loisirs sportifs et culturels.

 

Puzzle

 

A grand renfort de maquettes et de plans, de photos d’époque ou d’extraits de films (comme « I comme Icare » d’Henri Verneuil en 1979, dont la scène d’ouverture a pour toile de fond la préfecture et son quartier), l’exposition reconstitue cet ensemble qui s’érige pièce par pièce, quartier par quartier. Les 103 pièces de l’historique plan relief évolutif, présenté dans l’exposition, semblent le confirmer : Cergy-Pontoise est un puzzle construit en quelques décennies. Désormais, la ville nouvelle a perdu son statut spécial et est devenue, en 2004, une communauté d’agglomération. Mais rentrée dans le droit commun, elle continue, à l’Arsenal, de revendiquer son identité singulière. Et son âme de bâtisseuse. L’exposition est aussi l’occasion de présenter les projets urbains à venir, comme par exemple le plan « Grand Centre » qui doit permettre de revitaliser le quartier de la préfecture.

 

Retrouvez notre dossier sur les 50 ans des villes nouvelles dans Le Moniteur n° 5821.


– « Cergy-Pontoise – Formes & fictions d’une ville nouvelle », 17 juin – 20 septembre 2015 au Pavillon de l’Arsenal : 21 boulevard Morland 75 004 Paris. Entrée libre. pavillon-arsenal.com

– Les deux commissaires mèneront deux visites guidées gratuites de l’exposition les 21 juin et 19 septembre à 15 h. Inscriptions par mail : rsvp@pavillon-arsenal.com

– Des promenades urbaines sur le territoire de Cergy-Pontoise, également gratuites, auront lieu notamment les 20 juin et 4 juillet, de 15 h à 17 h. Inscriptions par téléphone : 01.34.41.70.60.

– Catalogue aux éditions du Pavillon de l’Arsenal: 312 pages, 220 illustrations, 28 €.

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