Entreprises de BTP

« Ce que l’on construit aujourd’hui est le patrimoine de demain »

Pour Dominique Metayer, nouveau président de l’UNA maçonnerie carrelage de la CAPEB, qui tient des journées d’études à Limoges jusqu’au 17 septembre, les artisans du bâtiment sont des acteurs incontournables de la restauration du patrimoine. Interview.


Comment se porte le secteur de la maçonnerie et du carrelage ?

Ces deux activités se portent bien. Nous avons du travail, un bon niveau de commandes et les perspectives sont bonnes.
Il y a toutefois un bémol de taille : les incertitudes qui pèsent sur le maintien à 5,5% du taux de TVA sur les travaux d’entretien-rénovation, ces derniers représentant près de 50% de notre chiffre d’affaires.
Je vous laisse imaginer quelle sera la situation si nous devons majorer de 15% nos devis actuels. Cela voudrait dire que tous les travaux qui seront réalisés au-delà du 31 décembre 2005 devraient être facturé à un taux de TVA supérieur. J’espère que nous serons fixés le plus rapidement possible afin de rassurer nos clients.

Avez-vous le sentiment d’être en phase avec les évolutions techniques de vos métiers ?

Il y a toujours eu des évolutions au niveau normatif et nos professions se sont adaptées. Aujourd’hui, ces évolutions sont de plus en plus rapides et c’est à cette rapidité que l’on doit s’adapter en premier lieu.
Pour que nous puissions le faire dans les meilleures conditions, il faut que nous soyons davantage associés à l’élaboration de ces nouvelles normes. Il faut absolument que le langage utilisé par les industriels soit compréhensible sur les chantiers. Pour cela, il faut se mettre régulièrement autour d’une table et apprendre à mieux se comprendre. Nous sommes ouverts à la discussion.

Quels sont les grands enjeux de votre profession ?

Si l’on reste d’un point de vue technique, je dirais que nous allons devoir nous adapter à la nouvelle donne énergétique. En réponse à cette situation, les artisans doivent faire émerger des idées innovantes, qu’ils maîtrisent parfois depuis longtemps. Je dirais que pour nous, c’est le moment de profiter de ces événements pour innover davantage et proposer aux clients une réponse adéquate à ces nouveaux besoins.
Mais, l’enjeu majeur pour notre profession est de trouver de la main d’œuvre compétente et attirer les jeunes. Les évolutions récentes de nos métiers et les efforts menés par la CAPEB en ce sens devraient porter leurs fruits car nous faisons un métier formidable et nos professions ne manquent pas d’atouts. Il faut simplement mieux le faire savoir.

Justement, des opérations comme les journées européennes du patrimoine auxquelles la CAPEB est associée devraient y contribuer.

C’est effectivement un moyen efficace d’exposer notre savoir-faire au plus grand nombre. Nous sommes d’ailleurs associés à ces journées depuis trois ans.
Ces journées sont d’autant plus importantes qu’à la CAPEB nous avons une notion assez large du patrimoine. Nous ne voulons pas l’enfermer dans un ghetto et à mes yeux, cette notion importante de patrimoine va des monuments classés ou inscrits à un patrimoine de pays. Je vais même plus loin en disant que tout ce que l’on construit aujourd’hui doit être considéré comme notre patrimoine de demain.

Propos recueillis par Jean-Philippe Defawe

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X