Entreprises de BTP

Casino met en Bourse sa filiale foncière

Suivant l’exemple de nombre de distributeurs qui filialisent, vendent ou cotent en Bourse leurs actifs immobiliers pour trouver de nouveaux financements, Casino prévoit d’introduire sur le marché boursier jusqu’à 18,5% du capital de la foncière Mercialys.

Le distributeur avait annoncé en avril dernier la création de la société foncière Mercialys, qui regroupe la partie « galeries commerciales » en France du patrimoine immobilier du groupe. Ses actifs représentent au total 147 sites, pour une valeur d’expertise de 957,5 millions d’euros.
Cette filiale, dont Casino gardera le contrôle majoritaire, prévoit un programme d’investissement qui sera financé par une augmentation de capital « de 200 à 300 millions d’euros » au moment de son introduction en Bourse. Cette opération permettra au groupe Casino de « renforcer ses fonds propres » et de « réduire son endettement ».
Pour Casino, qui possède 3,5 milliards d’euros d’actifs immobiliers en France, les galeries commerciales sont « un immobilier à rendement très intéressant. Avec Mercialys, on veut rester dans ce métier et grandir plus vite que ce que Casino pourrait raisonnablement faire », explique Jacques Ehrmann, PDG de Mercialys et responsable de l’immobilier du groupe.

Pour Guy Francheteau, analyste chez Fideuram Wargny, « Casino a décidé d’introduire Mercialys en Bourse parce qu’il a des besoins de financement. Le groupe a des engagements prévus, notamment pour sur CBD, la filiale brésilienne (dont il a acquis le co-contrôle, ndlr) et (pour sa prise de contrôle) sur Vindémia ».
« Il doit trouver pas loin de 600 millions de cash pour compenser ces sorties. C’est exactement ce qu’il va récupérer avec Mercialys », poursuit-il, ajoutant que si Casino vend 45% de Mercyalis, le groupe peut récupérer 545 millions d’euros.

A l’instar de Casino, le groupe Galeries Lafayette envisagerait également de rationaliser la gestion de son immobilier pour trouver des fonds.
Le président du directoire Philippe Houzé a ainsi indiqué lundi dans une interview aux Echos qu’il réfléchissait « à la possibilité de créer » une activité de « gestion de l’immobilier commercial », qui permettrait d’aider à rembourser l’endettement lié au rachat des parts de la famille Meyer.

Le distributeur Carrefour, lui, a vendu en 2000 la quasi-totalité de ses galeries commerciales françaises à Klépierre, parce qu’il considérait que ce n’était pas son métier ou qu’il « avait lui aussi des besoins, pour accompagner notamment le repositionnement de l’image prix de ses hypers en France », selon Guy Francheteau.
Carrefour a d’ailleurs créé en septembre 2004 une foncière, Carrefour Property, regroupant les murs de ses hypermarchés et supermarchés français et ceux des hypermarchés espagnols et italiens, qui a pour vocation de financer le développement immobilier du groupe et de rationaliser son patrimoine.
Mais le groupe a indiqué en septembre qu’il n’envisageait pour l’instant « ni filialisation ni cotation » de cette filiale. « Mais il n’est pas impossible qu’ils fassent coter aussi à un moment donné une foncière. Ca dépendra des opportunités et des marchés », analyse Guy Francheteau.

La filialisation et l’introduction en Bourse des foncières permet par ailleurs aux distributeurs de profiter d’avantages fiscaux. Pour Mercialys, qui optera pour le régime fiscal des sociétés d’investissement immobilier cotées (SIIC), « le taux d’imposition de la plus value est ramené à 17% au lieu de 35%. Et une foncière SIIC ne paie plus d’impôts, elle n’est pas soumise à l’impôt sur les sociétés », explique Jacques Ehrmann.

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