Economie

Carton plein pour Emmanuel Macron à la FFB

Mots clés : Financement du logement - Fiscalité - Gouvernement - Produits et matériaux

Le président de la République Emmanuel Macron a reconduit le prêt à taux zéro pour deux ans en zone détendue et prorogé le crédit d’impôt transition énergétique jusqu’au 31 décembre 2018. Il a également appelé à « une sortie de crise » avec les bailleurs sociaux, satisfaisant ainsi l’ensemble des professionnels du bâtiment.

Emmanuel Macron a réalisé un coup de maître aux 24 heures du bâtiment organisées vendredi 6 octobre par la Fédération française du bâtiment (FFB) à Paris. En une matinée, il a rassuré les professionnels du bâtiment et a apaisé les représentants du monde HLM, relançant par la même occasion le dialogue entre le gouvernement et les bailleurs sociaux.

 

La FFB « soulagée »

 

« A l’arrivée du Président de la République, j’étais vraiment inquiet, je n’étais pas persuadé qu’il allait maintenir le prêt à taux zéro en zone détendue ni le crédit d’impôt transition énergétique (CITE) pour les fenêtres, concède Jacques Chanut, président de la FFB. Car les premières discussions que nous avons eues laissaient entendre que le combat allait être difficile pour réussir à faire bouger les lignes. »

Rappelons que le président de la République a annoncé que la fin du CITE était repoussée au 31 décembre 2018 (et plus à mars 2018), et que les fenêtres restaient dans le dispositif l’année prochaine. « Durant ce laps de temps, le gouvernement regardera comment adapter le dispositif », décrypte Jacques Chanut. Le taux du crédit d’impôt ne restera pas à 30% et devrait baisser. «Sur ce point, nous travaillerons avec le ministère, nous nous dirigeons probablement vers un taux à 15% », précise le président de la FFB. D’une manière générale, Jacques Chanut se dit « soulagé pour les entreprises et les territoires » car ces annonces évitent de « casser un système qui commence à fonctionner et qui monte en puissance ».

 

Les constructeurs de maisons individuelles entendus

 

Les constructeurs de maisons individuelles ont également poussé un soupir de soulagement, puisqu’ils estimaient que la fin du PTZ en zone C et B2 dans le neuf conduirait à la suppression de 40 000 projets de constructions chaque année. « Nous sommes vraiment satisfaits, la diffusion de nos messages réalistes ont porté leurs fruits, le gouvernement a pris conscience de la brutalité de cette réforme », estime Dominique Duperret, délégué général des constructeurs et aménageurs de la FFB (LCA-FFB).

Et bien que la quotité d’emprunt du prêt à taux zéro (PTZ) dans ces zones soit revue à la baisse (elle passera de 40% à 20%), « avec les taux d’intérêt actuel, qui sont très bas, solvabiliser les ménages restera facile », juge Dominique Duperret.

Dans un communiqué, la Fédération des promoteurs immobiliers a salué « les déclarations du Président Macron ». « En annonçant que le PTZ pourra être prorogé pour deux ans dans le neuf en zones B2 et C, avec une quotité plus faible, il permet d’engager la réflexion sur la politique du logement dans les « zones détendues » sans y casser d’emblée la dynamique du marché », estime la FPI. Qui n’oublie pas l’investissement locatif dans sa réflexion et rappelle qu’il est prévu « pour l’heure que le dispositif Pinel soit supprimé en zone B2 dès 2018. La FPI a d’ores et déjà saisi le ministère de la Cohésion des territoires de ses propositions alternatives sur le sujet », conclut le communiqué.

 

Les bailleurs sociaux dans le dialogue

 

Bien qu’Emmanuel Macron n’ait fait aucune annonce nouvelle en faveur des organismes HLM, Jean-Louis Dumont, président de l’Union sociale pour l’habitat (USH) s’est montré satisfait. « Le président de la République a reconnu la mobilisation du monde HLM et sa capacité à accueillir des populations défavorisées. Il nous demande de produire plus ? Nous sommes d’accord. Il faut trouver de nouvelles formes de financement pour que nous puissions faire face à nos obligations. »

Pourtant, Emmanuel Macron a mis un coup de pied dans la fourmilière : « Il y a trop d’acteurs, il faut des regroupements et les accompagner en deux ou trois ans ». Pas « choqué » par cette sortie, Jean-Louis Dumont estime que « l’organisation des organismes HLM doit correspondre à celle des territoires. Il faut faire évoluer les structures et aller plus loin avec le remembrement du parc. Cela permettrait d’être plus efficace en faisant des économies sur les frais de gardiennage par exemple. Enfin, les groupements d’intérêt économiques (GIE) doivent être plus souples. »

Le président de la République a également appelé à recapitaliser les organismes HLM les plus fragiles. « Il n’y a pas de bonne circulation du capital [entre les organismes HLM, ndlr]. Il y en a qui ont des trésors, d’autres qui n’ont pas d’argent », a-t-il lancé.  « Cela se discute, nous pouvons travailler avec la Caisse des Dépôts sur les prêts de haut de bilan, donne en exemple le président de l’USH. Toutefois, la CDC n’a pas de patron et cela m’inquiète ». Rappelons que Pierre-René Lemas, l’actuel directeur général, assure l’intérim avec son successeur, encore inconnu. 

Autre point de vigilance pour les bailleurs sociaux : les fonds d’épargne, constitués par les dépôts sur le Livret A, le LEP et le LDDS et transformés par la CDC en crédits accordés aux organismes HLM. « Alors que l’économie repart, les banques pourraient vouloir récupérer ces fonds, craint Jean-Louis Dumont. Nous souhaitons que les fonds d’épargne soient toujours gérés par la Caisse des Dépôts. »

 

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