Projets

Carbonic Island, une station d’épuration en plein océan

Mots clés :

Eau

Prix coup de cœur du concours organisé par la fondation Jacques Rougerie, Carbonic Island propose de construire une station d’épuration en forme d’île flottante sur l’océan Arctique.

C’est une utopie d’architecte, mais qui pourrait bien se concrétiser un jour. Avec ses cinq sphères et sa forme d’étoile de mer, Carbonic Island est le projet finaliste « coup de cœur » de la fondation Jacques Rougerie. Son concepteur, Adam Fernandez, architecte à l’Atelier COS, a imaginé une île flottante sur l’océan Arctique, dont la fonction serait similaire à celle des stations d’épurations terrestres. Sauf que, cette fois-ci, l’idée est de recycler le CO2 présent dans les océans pour le transformer en oxygène.

« J’ai appris à une conférence que l’on ne savait pas quoi faire du CO2 contenu dans les océans. A partir de là, mon projet est né » explique l’architecte. Le jeune homme se dit passionné par l’architecture verte et l’écologie. « Je ne pense pas qu’on puisse dissocier l’architecture et la nature. Le rôle de l’architecture, c’est finalement de rétablir le lien perdu avec cette dernière ».

 

Une communion avec l’océan

 

Pour renforcer l’effet de communion avec l’extérieur, Adam Fernandez a souhaité utilisé un design et des matériaux organiques, comme le bois présent au sommet des sphères qui contiendront les serres végétales. Au sommet de la station, des éoliennes et des panneaux photovoltaïques permettent au projet d’atteindre l’autosuffisance énergétique, l’un des critères de sélection des projets du concours, même si aucune étude de faisabilité n’a été réalisée au préalable. « Pour le moment, nous ne sommes que dans le concept. La seule contrainte que nous avions, c’était notre imagination » justifie Adam Fernandez.

Côté influences et lectures, on ne peut s’empêcher de comparer ce projet architectural avec ceux d’un Vincent Callebaut, architecte spécialisé dans l’architecture flottante en mer. « J’adore ses réalisations, et elles me parlent vraiment, même si je n’ai pas pensé spécialement à elles pour mon projet » explique Adam. Toutefois, Carbonic Island diffère d’un projet comme Lylipad -qui consiste en la réalisation d’une ville flottante autosuffisante pour accueillir les réfugiés climatiques- ne serait-ce que par ses formes (sphériques au lieu d’être ondulées comme Lylipad), et par sa profondeur (Lylipad étant une île à la surface de l’eau, alors que Carbonic Island est immergée aux 2/3, à la façon d’un iceberg). « Ce sont tous les deux des projets flottants, mais la comparaison s’arrête là » explique le jeune architecte.

 

Un concept original et novateur

 

Car l’intérêt de Carbonic Island réside avant tout dans le concept. Si de nombreux projets insistent sur la réutilisation du CO2 dans l’atmosphère, très peu ont tenté d’imaginer capter celui-ci dans les océans, là où il est le plus présent et le plus problématique. La recette ? Sous l’île, plusieurs foreuses permettent de faire remonter l’eau à la surface, tandis que le CO2 est capté sous forme gazeuse via des procédés physico-chimiques. Une fois le CO2 recondensé, il est utilisé comme liquide de refroidissement des tuyaux, ce qui a pour effet de former un gigantesque iceberg sous l’eau, et à la surface, une banquise. « En créant de la glace, on rééquilibre le niveau des océans, ce qui est un enjeu majeur aujourd’hui pour maintenir l’équilibre climatique », explique le jeune architecte. Pour la situation géographique de l’île, Adam Fernandez imagine un endroit froid, comme les pôles nord et sud. « C’est là qu’existe le plus gros besoin en glace » justifie t-il.

Enfin, une fois ce premier cycle achevé, le CO2 est à nouveau évaporé pour permettre d’alimenter les serres présentes à la surface de l’île, qui l’utiliseront ensuite pour le processus de photosynthèse, ce qui permettra de générer de l’oxygène. « Le CO2 est peut-être à l’origine du réchauffement climatique, mais c’est aussi un élément indispensable à la vie. Il est utilisé dans l’industrie agroalimentaire, dans les circuits de refroidissement des patinoires, par les plantes pour la photosynthèse… c’est aussi une source de vie » s’enthousiasme le jeune architecte. Avec ses 120 hectares de diamètre, Carbonic Island surfe sur la vague de l’architecture de la réutilisation. « Finalement, la forme et le design ont découlé d’eux-mêmes, j’ai simplement souhaité que cela s’allie parfaitement avec le reste du paysage, et avec le milieu lui-même avant tout ».

Adam Fernandez n’a pas encore été contacté pour parfaire son projet et étudier sa faisabilité. Mais il ne cache pas son intérêt de poursuivre l’idée : « si on me propose de réfléchir sérieusement au projet, c’est sûr, je ne pourrais pas dire non ».

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