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Canicule et rayons UV : comment protéger les salariés sur les chantiers

Mots clés : Entreprise du BTP

Dans le cadre de son obligation de sécurité de résultat, l’employeur est tenu de protéger ses salariés des risques liés aux températures élevées. Le BTP, plus exposé que d’autres secteurs, fait l’objet d’une réglementation spécifique. Les travaux à l’extérieur nécessitent en outre des mesures de protection contre les rayons ultraviolets.

Mesures de prévention

 

L’employeur est tenu, de manière générale, de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé de ses salariés en tenant compte des conditions climatiques. Il doit en outre évaluer puis consigner dans le document unique le risque « fortes chaleurs » lié aux ambiances thermiques, et bâtir un plan d’action de prévention. L’employeur doit aussi informer le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) des mesures à mettre en œuvre en cas d’épisode de canicule.

Dans la mesure du possible, il doit aménager les postes de travail extérieurs : prévoir des zones d’ombre ou des aires climatisées.

Dans les locaux fermés, l’employeur doit vérifier l’état de la ventilation et sa conformité à la réglementation. Dans les locaux à pollution non spécifique (ceux ne faisant pas l’objet d’une réglementation spécifique), l’aération doit être assurée par ventilation mécanique ou par ventilation naturelle permanente.

 

Obligations propres au BTP

 

Sur les chantiers, les conditions météorologiques doivent être vérifiées chaque jour afin d’évaluer le risque. La vigilance est impérative dès que la température atteint 30°. Le chantier doit être assez approvisionné en eau pour en fournir trois litres par jour à chaque salarié. En cas de conditions climatiques potentiellement dangereuses (orage par exemple), un abri ou des aménagements du chantier doivent permettre aux salariés de se mettre en sécurité.

 

Organisation du chantier

 

Pour protéger les salariés des rayons ultraviolets (UV) et de la chaleur, il est recommandé d’adapter l’organisation du travail. « Il s’agit de limiter la durée d’exposition aux heures les plus chaudes en commençant la journée plus tôt et en prévoyant des pauses plus longues », préconise Dominique Leuxe, médecin du travail à l’Association paritaire de santé au travail du BTP (APST-BTP) de la région parisienne. L’employeur peut aussi prévoir une réduction des cadences et des aides mécaniques à la manutention.

 

Protections spécifiques contre les rayons UV

 

Le docteur Leuxe recommande :

de « faire tourner les équipes » en cas de présence de zones en plein soleil et de zones ombragées sur le chantier ;
le port de vêtements clairs et couvrants (pantalons et manches longues), constitués avec des matières traitées anti-UV et adaptées à la chaleur, mais aussi le port de casques à bords larges pour protéger le visage et le cou, et de solides lunettes avec des filtres UV pour ménager les yeux.

 

Travail en intérieur

 

L’employeur doit veiller au renouvellement de l’air pour éviter les élévations exagérées de température. L’évacuation des locaux s’impose si la température intérieure atteint ou dépasse 34° en cas de défaut prolongé du renouvellement de l’air.

 

Informer les salariés

 

L’employeur doit aviser les salariés des risques, des moyens de prévention et des mesures de premiers secours. Mais également les inciter à se surveiller mutuellement afin de déceler rapidement les signes du coup de chaleur. Les salariés revenant d’un congé de maladie, les intérimaires ou les nouveaux embauchés doivent faire l’objet d’une vigilance particulière.

 

Droit de retrait

 

Selon le Code du travail, un salarié peut se retirer d’une situation de travail s’il a un motif raisonnable de penser qu’elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé. La question peut se poser en cas d’épisode de canicule. « Si le salarié présente des symptômes inquiétants comme un début d’insolation, il a bien sûr tout intérêt à quitter son poste », interprète Michel Ledoux, avocat.

La situation est plus délicate en l’absence de malaise. « Il faudrait, en cas de canicule avérée, que l’employeur n’ait pas pris de mesures organisationnelles pour adapter le travail à l’homme et à la météo. L’exercice du droit de retrait pourrait au contraire être considéré comme irrégulier si l’employeur a par exemple prévu abri, approvisionnement en eau et temps de pause supplémentaires. »

 

Focus

Ce qu'il faut retenir

L’employeur doit évaluer puis consigner dans le document unique le risque « fortes chaleurs » lié aux ambiances thermiques, et bâtir un plan d’action de prévention.Sur les chantiers du BTP, la vigilance est impérative à partir de trente degrés. L’employeur doit en outre mettre trois litres d’eau par jour à disposition de chaque salarié et un abri ou des aménagements du chantier pour permettre au personnel de se mettre en sécurité en cas de conditions météorologiques dangereuses (orage par exemple).Il est recommandé d’adapter le travail sur les chantiers, en débutant plus tôt la journée et en prévoyant des pauses plus longues aux heures les plus chaudes.Autre conseil : faire tourner les équipes en cas de présence de zones ensoleillées et de zones ombragées sur le chantier. Mais aussi fournir aux salariés des vêtements couvrants, des casques et des lunettes de soleil adaptés.

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