Etat et collectivités

Calme apparent aux entreprises sociales pour l’habitat

L’Assemblée générale des Entreprises sociales pour l’habitat (ex-SA d’HLM) s’est déroulée dans un calme apparent, une semaine après la révocation de Jean-Luc Hoguet de son poste de directeur général de Domofrance après un désaccord avec son actionnaire, un organisme collecteur du 1% logement (« Le Moniteur » du 12 mai, page 25).

Un an après le départ de Michel Ceyrac de 3F, cette éviction d’un des grands dirigeants de SA – par ailleurs vice-président de la fédération (1) – illustre les difficultés soulevées par la nouvelle gouvernance mise en place par le gouvernement, qui s’est traduite par l’émergence d’actionnaires de référence dans ces sociétés.
120 sociétés sont désormais dans la mouvance du 1% logement (80 majoritaires, 40 via un pacte). Les Caisses d’épargne en détiennent en direct 12 et sont actionnaires de 50 autres. Les sociétés de Crédit immobilier en ont une vingtaine soit en tant qu’actionnaire majoritaire ou par un pacte. Les collectivités territoriales sont présentes dans 25, les coopératives d’HLM dans 14 et les offices d’HLM 13, notamment. Cette recomposition est encore en cours puisqu’elle achevée dans 247 sociétés sur 292.

Très commenté dans les couloirs, le départ de Jean-Luc Hoguet a été brièvement évoqué à la tribune. Alain Lecomte, le nouveau DGUHC (Directeur général de l’urbanisme, de l’habitat et de la construction) a plaidé pour un « système équilibré » entre les actionnaires et les directeurs.
A une semaine de l’AG, cette affaire ne pouvait pas tomber plus mal pour la nouvelle équipe à la tête de la fédération qui présentait une charte dont la vocation était de re-cimenter les adhérents et de donner du sens à l’action. « Nous sommes des entreprises de droit privé qui ont une mission d’intérêt général dans le domaine de l’habitat », a souligné Jean-Hervé Carpentier, le président de la fédération. Il redéfinit aussi le métier des organismes: « une ESH n’a pas vocation à tout faire », explique-t-il d’un côté; « faire du logement social n’est pas faire de la promotion », soutient-il de l’autre, compte-tenu du devoir de le gérer à long terme. Le souci d’assurer un service de qualité l’amène d’ailleurs à se pencher particulièrement sur le vieillissement des locataires, qu’il souhaite voir intégré aux plans de patrimoine des organismes.

Outre la question de l’organisation de la coopération entre les ESH, qui fera l’objet d’une réunion à la mi-juin à la DGUHC, un dernier thème s’ouvre: comment concilier la logique patrimoniale des ESH et la logique territoriale? La question est d’autant plus ouverte que les collectivités siègent désormais dans le tour de table des entreprises, au nom de la nouvelle gouvernance. Encore elle.
Françoise Vaysse

(1) Jean-Luc Hoguet compte quitter cette fonction dans quelques jours

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