Entreprises de BTP

BTP : la situation devient explosive à La Réunion

Mots clés : Entreprise du BTP - Etat et collectivités locales

Collectivités aux poches vides, bailleurs sociaux en manque de foncier… Entre 2000 et 3000 personnes manifestent ce mardi à Saint-Denis, à l’appel de l’interpro-BTP, pour « sauver le BTP » qui « agonise ». La moitié des entreprises du secteur a disparu depuis 2008.

Le secteur du BTP est dans la rue à la Réunion. Plusieurs milliers de personnes – 3000 selon les organisateurs, 2000 selon la police – manifestaient ce  mardi matin 5 septembre à Saint-Denis, à l’appel de l’interpro-BTP, pour « sauver le BTP » qui « agonise ».

Les mots sont tout aussi durs que la réalité. Confrontées à une baisse régulière de leurs moyens financiers, les collectivités locales, principales donneuses d’ordre du BTP, raréfient leurs commandes, même si elles continuent de représenter 86% de l’activité du secteur. Raréfaction également de la commande pour les bailleurs sociaux en proie, notamment, à un manque de foncier. Le ralentissement des constructions de logements intermédiaires, dû, disent les professionnels, à la remise en cause de la loi de défiscalisation, achève de perturber le secteur.

 

Le paravent de la nouvelle route du littoral

 

Mise à mal par ce manque d’activités plus ou moins masqué par le gros chantier de la nouvelle route du littoral (NFL) , la filière BTP a perdu un tiers de ses salariés et la moitié de ses entreprises entre 2008 et 2017. « Nous sommes passés de 25 000 emplois à 17 000 et de 4000 entreprises à 2000. Le chiffre d’affaires a été divisé par deux. Nous sommes à 1,2 milliard d’euros et si je retire le chantier de la NRL, nous sommes à moins d’un milliard. Le secteur est à l’agonie », explique Bernard Siriex, président de la fédération réunionnaise du BTP (FRBTP, principal syndicat patronal).

La manifestation de mardi était organisée par 20 organisations patronales et 5 syndicats. Des rencontres avec les élus du conseil départemental, du conseil régional et avec la préfecture ont eu lieu pour « tirer le signal d’alarme » et « demander la reprise de l’activité ». Une délégation de l’interpro à été reçue à la préfecture, au conseil départemental et au conseil régional.

 

Plan de réhabilitation des logements

 

Didier Robert, le président LR de la Région, « nous a fait deux propositions sérieuses », a indiqué Bernard Siriex. Il a ainsi proposé la mise en place d’un plan de réhabilitation des logements sur 10 ans. « Il faut que l’on rencontre les services de l’Etat et les bailleurs. Cela peut être lancé dès 2018″, assure le président de la FRBTP. 

La seconde proposition porte sur une action commune des « organisations patronales et salariales, avec la Région, pour défendre des dossiers communs lors des assises de l’Outre-Mer », note Bernard Siriex. La seule manifestation unitaire du BTP avait eu lieu en 2010 et rassemblé un millier de personnes. Il s’agissait déjà d’alerter les donneurs d’ordres sur la situation tendue du secteur, « et ce que nous vivons aujourd’hui est bien pire », estime l’interpro BTP.

 

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