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Bruxelles exige des explications de Paris sur la fusion Suez-GDF

Le commissaire européen au Marché intérieur Charlie McCreevy a envoyé jeudi à la France une lettre demandant des explications, avant le 17 mars, sur la chronologie de la fusion programmée entre Suez et Gaz de France (GDF).

Le commissaire a des doutes sur le respect des règles du marché intérieur européen, notamment la libre circulation des capitaux, a expliqué son porte-parole, Oliver Drewes.
« Le but ce ces questions est d’avoir des informations factuelles, principalement sur la séquence des événements », a-t-il ajouté.
Rappelons que Suez et Gaz de France ont annoncé précipitamment leur fusion le week-end dernier, avec la bénédiction du gouvernement français, après que l’italien Enel eut annoncé son intention de lancer une offre d’achat sur Suez.

Les questions de Bruxelles portent notamment sur le comportement du français Veolia. Selon Enel, c’est Veolia, principal concurrent de Suez dans le traitement des eaux et des déchets, qui lui avait proposé une opération conjointe sur le groupe de Gérard Mestrallet, avant de se rétracter sous la pression des autorités françaises.
« La fusion entre Suez et GDF a été annoncée seulement après l’interruption des négociations entre Veolia et Enel », note Oliver Drewes.
Cette brusque rupture serait due, selon un rapport qu’Enel a envoyé à la Commission européenne, à des pressions du gouvernement français sur Veolia pour éviter que Suez soit racheté par un groupe étranger.
Ces pressions du gouvernement français pourraient constituer une violation du bon fonctionnement du marché intérieur.
La Commission suspecte que « certaines règles » du marché intérieur européen « n’ont pas été respectées », a précisé Oliver Drewes, citant la liberté de circulation des capitaux, et les principes de transparence et d’intégrité des opérations de marché.
La Commission a reçu des informations, « non seulement d’Enel, mais aussi d’autres sources: entreprises, avocats, experts », a ajouté M. Drewes.

Focus

L'idée d'une fusion date de juin


« L’idée d’un mariage Suez-Gdf est une vieille idée qui s’est concrétisée à partir de juin dernier. Mestrallet (patron de Suez) et moi nous sommes dit que nous pouvions faire quelque chose ensemble », a déclaré Jean-François Cirelli, Pdg du groupe gazier, dans un entretien vendredi à Il Sole 24 Ore.
« Nous avons préparé le projet en tenant au courant l’actionnaire de contrôle de Gdf qui est l’Etat et en janvier nous avons informé le gouvernement que le plan ‘Cristal’ était désormais dans la phase finale », ajoute le Pdg.
« En février, nous étions prêts et il ne restait qu’à affronter la question politique, à savoir si l’Etat accepterait de privatiser Gdf », poursuit M. Cirelli.
« Vu que le projet était prêt, le gouvernement nous a dit de finaliser le discussions. Cela ne nous a pris que quelques jours et a permis de faire aussitôt l’annonce », a assuré M. Cirelli.
Le gouvernement italien juge que son homologue français a utilisé les ressources financières publiques de Gaz de France, détenu à 80% par l’Etat, pour entraver le libre fonctionnement du marché.
Sur les intentions d’Enel, M. Cirelli estime qu’il était « difficile de comprendre la situation et de savoir si Enel voulait discuter ou attaquer ».
Quant à la possibilité d’une OPA d’Enel sur Suez, « elle est possible mais nous estimons que notre force est que les actionnaires soutiennent notre projet ».

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