Environnement

Bruit: la situation des riverains d’aéroports ne s’améliore pas

Mots clés : Pollution sonore - Transport aérien

Dans son rapport annuel, l’Autorité de contrôle des nuisances sonores aéroportuaires (Acnusa), qui déplore la faiblesse des aides à l’insonorisation et le manque de concertation dans les plans d’urbanisation.

Les riverains des dix principaux aéroports français dont le logement est situé à l’intérieur du Plan de gêne sonore (PGS) peuvent bénéficier d’une aide à l’insonorisation plafonnée à 80% du montant des travaux, rappelle l’Acnusa.
Or, malgré la création d’une taxe payée par les compagnies aériennes et affectée à cet usage, « la procédure n’est toujours pas à la mesure de la situation », estime l’Autorité.
Par exemple, la contribution d’un passager dans la taxe finançant l’aide à l’insonorisation est de 0,18 centime d’euros à l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry contre environ 3 euros pour ceux de Zurich en Suisse ou de Chicago 0’Hare aux Etats-Unis.
« Il faudrait 30 ans pour insonoriser les logements autour de Toulouse-Blagnac et 50 ans pour ceux de Paris-Orly », s’insurge l’Acnusa.

Elle propose d’établir un programme permettant d’insonoriser en dix ans les locaux concernés et de regrouper les demandes d’aide pour que les travaux, dans le cadre d’une opération groupée, soient financés à 100%.
L’insuffisance des moyens disponibles empêche d’étudier d’autres moyens très pratiqués à l’étranger – rachat d’habitation, versement d’une compensation ou relogement de riverains – déplore l’Autorité.

Aussi, elle demande que soit étudiée la faisabilité d’un « fonds de garantie destiné à rassurer conventionnellement le riverain sur le rachat de son logement au prix d’acquisition ou de construction actualisé ».
Par ailleurs, l’Acnusa souhaite une plus grande cohérence entre les procédures de restriction d’urbanisme en prévision de bruits futurs et celles qui donnent droit à versement contre des bruits existants.
« Pour les dix aéroports concernés, il parait logique d’établir un seul document contractuel assurant un développement urbain maîtrisé », souligne-t-elle.

Evoquant le cas des aéroports parisiens, elle dénonce « l’immobilisme » des acteurs concernés par la révision des Plans d’exposition au bruit (PEB). Ces plans auraient dû être révisés en 2005 pour les trois grandes plateformes parisiennes.
Or, « la révision du PEB de Paris-Orly est renvoyée à 2008 et l’élaboration de celui de Paris-Le-Bourget n’est inscrite dans aucun calendrier », déplore-t-elle.
« Des municipalités autorisent l’urbanisation dans des zones exposées au bruit tout en protestant parallèlement contre l’insuffisance des aides à l’insonorisation », déplore-t-elle.
Elle souhaite qu’un PEB révisé puisse être adopté rapidement pour Roissy-Charles-De-Gaulle où le nombre de mouvements d’avions (atterrissage ou décollage) pourrait atteindre selon elle 750.000 en 2025.

Plusieurs associations ont refusé le PEB proposé pour cet aéroport mais d’autres, comme Val d’Oise Environnement, pensent qu’il est préférable de l’accepter faute de mieux, en espérant qu’il puisse être révisé ultérieurement et qu’un plafond soit fixé pour l’exploitation de Roissy CDG.
Paris-Charles-De-Gaulle est le premier aéroport en France et le deuxième en Europe après Londres-Heathrow avec 56,448 millions de passagers par an. Il y a 53.700 logements à insonoriser.
AFP

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