Energie

Breeam, Leed et HQE à la conquête du monde

Mots clés : Entreprise du BTP - Haute Qualité Environnementale - HQE - Normalisation - Marquage CE

Le britannique Breeam, l’américain Leed et notre HQE nationale partent à la conquête d’immeubles implantés aux quatre coins du monde. Le jeudi 5 janvier, une rencontre, organisée par Deloitte et Bureau Veritas autour du label anglais, a été l’occasion de faire un état des lieux des trois certifications et d’évaluer les forces en présence.

L’homogénéisation des certifications n’est pas pour demain. Les trois grands labels, l’américain Leed, le britannique Breeam et le français HQE s’affrontent désormais en dehors de leur territoire national. C’est à l’échelle mondiale que chacun tente de faire valoir les spécificités de sa marque.

Breeam, l’avant-gardisme britannique

Lancé en 1986, Breeam est le plus ancien. Parti le premier, il fait depuis le départ la course en tête. Avec 200 000 certifications, le britannique est loin devant les 10 000 labélisations Leed et les 700 HQE – un chiffre tout de même à relativiser car pour Breeam, dans le secteur de l’habitat, il y a autant de certifications que de logements et non pas d’immeubles comme c’est le cas pour HQE et Leed.

Recommandée par l’International Council of Shopping Centers, la certification Breeam a fait de la certification environnementale des centres commerciaux sa spécialité. A titre d’exemple, Unibail-Rodamco qui possède près de 80 centres commerciaux, dont plus de 50 d’entre eux reçoivent plus de 6 millions de visiteurs par an, certifient désormais tous ses nouveaux projets Breeam et, souhaite que, d’ici 2014, 50% de son portefeuille soit certifié par la marque britannique.

De passage à Paris, pour une rencontre organisée par Deloitte et Veritas, consacrée à la certification britannique, le Directeur de Breeam  est venu présenter devant des développeurs de projets la nouvelle orientation stratégique de son label. Martin Townsend ambitionne en effet de fédérer, autour de sa marque, un panel de plus de 1000 experts de la construction durable, à même de réfléchir aux évolutions de la certification. Ce groupe international devrait également permettre de renforcer l’homogénéité des certifications délivrées par la marque anglaise à travers le monde. Autrement dit, permettre de comparer, avec une même grille d’analyse, un immeuble polonais à un saoudien.

Si la stratégie du label anglais évolue, c’est que la concurrence sur le marché de la certification est de plus en plus rude.  Il n’est pas certain que Breeam conserve encore longtemps la première place du podium. Avec le développement exponentiel de l’immobilier tertiaire sur les nouveaux marchés, comme la Chine, le label américain Leed  pourrait prochainement lui ravir le titre du plus grand détenteur de certifications.







Leed, le dynamisme américain

Pour Diego Harari, responsable opérationnel au service Green Building de Bureau Veritas, « Leed est une véritable entreprise avec une importante force de frappe commerciale ». En Chine, pays devenu le principal marché pour les certificateurs derrière le Brésil, Breeam est quasiment inconnu. Par contre, pour Leed,  les certifications réalisées au sein de l’empire du Milieu pourraient, en 2014, être plus nombreuses que celles menées en Amérique du Nord, berceau de la marque. La renommée du label américain, qui ne cesse de croître à l’étranger, lui donne un important avantage concurrentiel dans un marché du tertiaire mondialisé, où les acteurs souhaitent faire de leur certification un outil de communication capable de toucher une entreprise norvégienne tout autant qu’une australienne.





Diego Harari souligne que la diffusion de la marque Leed à travers le monde se fait alors que ses exigences techniques n’ont pas encore été traduites. Aujourd’hui par exemple, la certification américaine demande de mesurer les surfaces en pieds² et d’estimer les consommations énergétiques en gallons de pétrole et, principal obstacle aux yeux de l’ ingénieur de Bureau Veritas, oblige à réaliser les calculs thermique selon la norme américaine Ashrae. Quand Leed proposera d’utiliser les unités de mesures, et surtout les outils, des territoires où elle s’implante,  il ne pourra être que plus attractive.

Tout comme Breeam, le label américain présente également l’avantage d’offrir de nombreux outils d’aide et  propose notamment des moyens d’atteindre les niveaux requis par la certification. Le label HQE se contente de fixer des objectifs. 

HQE, l’académisme français

Autre diffèrence, là où Breeam ne demande qu’une étude de faisabilité et deux rapports réalisés par des personnes qualifiées à l’intérieur de l’équipe de maîtrise d’œuvre, la certification HQE exige une triple vérification par un auditeur extérieur. De ce fait, la certification française est, aux yeux de Diego Harari la plus rigoureuse.  Mais cette rigueur a un coût et, semble faire du label « made in France » le plus cher à obtenir.

A l’issue de la rencontre  autour du label anglais, un des participants, dirigeant d’une entreprise développant des projets tertiaires, se plaisait à comparer le HQE au Rafale : « Un très bon avion, incapable d’être compétitif à l’étranger ». En effet, il n’est pas certain que l’académisme de la certification française, vu comme un gage de qualité dans l’hexagone, soit un atout pour sa diffusion à l’international.

La HQE pourra-telle affronter le pragmatisme des certifications anglo-saxonnes ? Lancée il y a seulement quelques semaines, il faut laisser le temps à la certification HQE internationale de se faire valoir en dehors de son territoire.

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  • - Le

    DESINFORMATION BIS

    Le tableau issu des documents Greenaffair est un extrait d’une présentation confidentielle qui a été utilisé sans notre autorisation. Il est bien évident que sorti de son contexte ce tableau n’a aucun sens ; par ailleurs il n’avait pas pour but de comparer les 2 certifications d’un point de vue coût. Nous rejoignons donc M. Borel sur son analyse. L’équipe Greenaffair
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  • - Le

    DESINFORMATION

    Ce genre d’article est faux et tendancieux et ne sert que la vocation commerciale de ses promoteurs. Sur le coût des certifications, le périmètre de coûts par exemple n’est pas le même pour les deux colonnes, de plus les coûts présentés sont anciens…. Si l’on a le certificateur à gauche il faut comptabiliser l’Assessor BREEAM à droite, c’est une différence énorme ! La bonne comparaison est AMO HQE + Certificateur HQE versus ASSESSOR BREEAM. Comble du ridicule, on a un BBC d’un côté et pas de l’autre. Si on parle de coûts, il faut également parler du coût des études complémentaires qui permettent d’aller chercher des points (ce, dans tous les systèmes). Je travaille dans une véritable « agence de notation » indépendante des labels… A quand un vrai article sur le sujet, digne d’une bonne ligne éditoriale?
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  • - Le

    L’avenir international de la Certification HQE

    En certification qualité comme ailleurs, le centralisme étatique Français à encore frappé. La certification HQE est à la qualité des bâtiments, ce que la sécurité sociale est à la santé : un superbe machin compliqué que tout le monde admire, mais dont personne ne veut. Inventé par l’Etat, pour créer un marché national piloté par l’Etat, au seul bénéfice des sociétés d’Etat, tel est le concept qui fonctionne très bien en France (non seulement il est seul, sans concurrence, mais de plus il est étroitement lié aux décisions ministérielles). Au-delà des discours nationaux d’autosatisfaction, le système a certes des qualités (sérieux, indépendance), mais aussi des défauts, à savoir que l’obtention de la certification HQE (ou autre certification du même type : BBC, Qualitel, Afaq par exemple) se fait à travers des audits qui recense les erreurs ou fautes (comme le permis de conduire) et concluent par un verdict manichéen : • Je n’ai pas trouvé d’erreurs, donc à défaut je vous donne la certification • Mon excellent travail de recherche m’a permis de détecter les fautes que vous avez commises. En conséquence, la certification vous est refusée  Traduction : un bon auditeur trouve des fautes, un mauvais auditeur laisse passer les fautes et a tendance à accorder trop facilement les certifications Les anglo-saxons, beaucoup plus pragmatiques, ont des systèmes basés sur l’amélioration continue, c’est-à-dire sur la valorisation des progrès effectués. Il est très facile d’obtenir une certification LEED, mais une fois certifié, plusieurs niveaux de qualité existent et permettent à chacun de s’améliorer à chaque audit. Il n’est pas besoin d’être devin pour savoir comment la certification HQE va se développer à l’international (très certainement à Monaco, en Wallonie et peut-être au Gabon). Mais comme dans beaucoup de domaine, le système américain LEED a déjà gagné la bataille.
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