Entreprises de BTP

BPB a un mois et demi pour se vendre au prix fort

La durée de l’offre hostile de Saint-Gobain sur le plâtrier BPB a été allongée d’un mois et demi mercredi, délai que le britannique a sur-le-champ commencé à employer pour retenir ses actionnaires par des promesses de hausses de dividende et de retour sur capital.

Le régulateur britannique des fusions-acquisitions a annoncé la suspension des délais légaux de l’offre, le temps que la Commission européenne examine les conséquences possibles, en termes de concurrence, d’un rapprochement entre le groupe français et le numéro un mondial de la plaque de plâtre.
Saint-Gobain, qui avait initialement jusqu’au 9 octobre pour revoir son offre à 720 pence par action (qui valorise BPB à 3,68 milliards de livres ou 5,4 milliards d’euros), a désormais jusqu’au 25 novembre. L’offre devrait se terminer 21 jours plus tard, soit le 16 décembre.

Le prix proposé pour l’heure par Saint-Gobain, bien que représentant une prime de 40,5% par rapport au cours de clôture du titre BPB le 20 juillet, avant les premières approches officielles, a été systématiquement en-dessous du prix de l’action depuis que l’offre a été lancée officiellement le 31 août.
BPB a clôturé à 741 pence mardi à la Bourse de Londres.

A la fin d’une première période de 30 jours, terminée le 30 septembre, le français n’a ainsi récolté que 0,88% de l’actionnariat de BPB. Les analystes s’attendent désormais à voir le prix monter jusqu’à 740 à 750 pence, voire au-dessus si des synergies suffisantes sont envisageables.

Opposé depuis le début à l’offre de Saint-Gobain, BPB avait déjà promis à ses actionnaires de leur distribuer 350 millions de livres à l’issue de l’offre, s’ils lui restaient fidèles.
Mercredi, dans la foulée de l’annonce du report de date, BPB a publié un communiqué dans lequel il assure qu’il va « profiter de ce délai supplémentaire pour continuer à démontrer qu’il est un cas irréfutable d’entreprise indépendante de premier ordre ».

Le plâtrier, qui avait revu ses prévisions de résultats annuels à la hausse à la mi-septembre, a promis mercredi un dividende en hausse de 88% sur trois ans, et qui « progresserait encore largement » après cette date.
Comme les analystes s’y attendaient un peu, il a relevé sa proposition de retour sur capital, via un rachat d’actions, de 350 à 600 millions de livres, et annoncé des ventes de filiales pour 100 millions, notamment Rawlplug (vissage).
BPB précise néanmoins que cette manne distribuée à ses actionnaires « n’affectera pas ses projets de développement à la fois dans le placoplâtre et dans le plâtre de construction dans les cinq années à venir ».
Elle inquiète néanmoins Standard and Poor’s, qui a placé la note de la dette à long terme BBB+ sous surveillance avec implications négatives, estimant que si cet argent était effectivement distribué, « le profil financier du groupe ne serait plus en adéquation avec l’actuelle notation et que celle-ci devrait être abaissée d’un cran ».

Le calendrier des fusions permet à BPB de faire de nouvelles déclarations, voire propositions, jusqu’au 25 novembre, à la suite de quoi Saint-Gobain aura une semaine supplémentaire pour faire son éventuelle contre-offre.
Les deux entreprises devront alors se taire et donner 14 jours aux actionnaires pour se décider, jusqu’au 16 décembre.

Selon des rumeurs de marché, le directeur général de BPB aurait récemment rencontré entre 40 et 50 des principaux actionnaires du groupe, représentant à eux tous les trois quarts du capital, et dont la plupart seraient pour l’instant favorables à une position de résistance à Saint-Gobain.
La Commission européenne a annoncé mercredi qu’elle avait reçu la notification du projet et qu’elle se prononcerait sur l’opération d’ici le 9 novembre.

Odile DUPERRY (AFP)

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