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Bouygues construction et Grenoble expérimentent le bâtiment autonome en eau et en énergie

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Bouygues construction et la ville de Grenoble ont signé un partenariat de recherche et développement pour la construction d’un îlot d’immeubles de logements collectifs visant l’autonomie totale par rapport aux réseaux. Un projet qui apportera de nouvelles pistes pour construire durable.

90 logements autonomes en eau et en énergie, une gestion et une valorisation des déchets optimisée. Ainsi pourrait être le profil de ce projet expérimental, à l’image d’un « concept car ». Un projet qui pourrait bien sortir de terre à Grenoble, dans les prochaines années. Michel Destot, député-maire de la ville, et Yves Gabriel, PDG de Bouygues Construction, ont signé, le 22 janvier dernier, un partenariat de recherche, développement et innovation pour la réalisation d’un démonstrateur sous la forme d’un îlot d’habitat collectif au cœur du projet Grenoble Presqu’Ile.

Issu d’un programme R&D mené par le constructeur avec l’architecte Denis Valode (Valode & Pistre architectes), ce concept, baptisé ABC pour Autonomous Building for Citizens, vise une autonomie totale à l’échelle d’un bâtiment ou d’un quartier sans raccordement aux réseaux énergie et eau : « C’est une nouvelle approche du bâtiment durable, explique Philippe Van de Maele, directeur innovation et construction durable Bouygues construction. Nous souhaitons aller plus loin en abordant l’ensemble des thématiques eau, énergie et déchets. La déconnection des réseaux, notamment en eau, est une première ».

 

Bâtiment vertueux

 

De son côté, l’architecte Denis Valode précise : « Nous initions un nouveau paradigme en faisant fonctionner les bâtiments avec les éléments naturels – l’eau, le vent, la lumière… ». Ici, les besoins en eau et en énergie sont effectivement directement puisés dans le milieu naturel ambiant. Mais un bâtiment autonome, c’est d’abord un bâtiment vertueux et la première étape du projet consiste à réduire les consommations tout usage. Côté énergie, cela passe par une architecture bioclimatique, une enveloppe passive, des équipements basse consommation, de la récupération d’énergie sur eaux grises ou encore par une gestion efficace du pilotage du bâtiment via la domotique. Economies attendues : 20% sur les consommations en électricité et 30 % pour le chauffage par rapport aux consommations constatées dans un logement collectif récent (RT2012), le tout sans modifier les usages.

 

Stockage de l’énergie

 

Une fois que tous les gisements d’économie ont été exploités, reste à produire l’énergie nécessaire aux habitants et au fonctionnement du bâtiment. Le projet prévoit donc un recours massif aux énergies renouvelables, avec une optimisation des procédés existants : panneaux solaires thermiques et photovoltaïques, éoliennes, hydroliennes… En hiver, les concepteurs envisagent un apport supplémentaire via des systèmes de cogénération qui produisent électricité et chaleur : un cogénérateur à biomasse ou – plus innovant et pour le moment non opérationnel – le recours aux piles à combustible (hydrogène, biogaz).

Mais là où les choses se compliquent, c’est dans le stockage des énergies produites. Il s’agit entres autres de pallier l’intermittence de production propre aux énergies renouvelables. A court terme, les chercheurs envisagent le recours à des batteries de stockage qui seraient optimisées. A long terme, plusieurs options sont possibles : notamment le stockage de l’électricité avec l’hydrogène, le stockage de la chaleur via des sels thermochimiques ou des matériaux à changement de phase. Dans les deux cas, il s’agirait de s’appuyer sur des recherches en cours au niveau mondial, comme le programme Eco2Charge relatif au déploiement à grande échelle d’infrastructures de recharge.

 

20l d’eau de pluie jour

 

Plus empirique encore et en dehors du cadre règlementaire qu’il faudra nécessairement adapter, l’autonomie en eau. L’approche est la même, le programme prévoit d’abord une réduction des consommations par la mise en place d’équipements efficaces et par un nécessaire changement de comportement des usagers. Résultat : 38% d’économies attendues, soit 75 litres d’eau consommées en moyenne par jour et par personne contre 120 litres actuellement. Comme le bâtiment n’est pas relié au réseau d’eau potable, la seule eau utilisée est celle des précipitations. Le postulat repose sur le recueil de 20 litres d’eau par jour et par personne. Eau qui est utilisée quatre fois à des niveaux de qualité différente : eau potable, eau corporelle, eau de service et pour finir eau d’arrosage. Bien sûr, le bâtiment dispose des équipements pour assurer les différents traitements.

Reste deux inconnues de taille : le budget et le calendrier. Pour le moment, le constructeur qui cherche partenaires et financements (européens ou autres) n’annonce aucun chiffre ni date.  D’ores et déjà, le CEA devrait travailler avec Bouygues Construction sur la partie énergie, notamment le stockage.

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