Paysage

Bordeaux : une cité jardin réinventée dans un bivouac

Pour réinventer une cité-jardin centenaire en fonction des demandes du XXIe siècle, les parties prenantes de l’opération Paul BONcour, à Bordeaux, se sont imprégnées de l’esprit du lieu en campant dans un bivouac urbain. Orchestré par La Gazette des Communes et l’association Décider ensemble, le palmarès 2016 des trophées de la participation et de la concertation a récompensé cette initiative, dans la catégorie « Démarche de participation ».

Une maison murée en instance de démolition a retrouvé des habitants pour quelques jours, en septembre 2015, dans la cité jardin construite dans les années 1900 par l’architecte Jacques D’Welles. Cette habitation précaire a servi de bivouac à la maîtrise d’œuvre désignée par le bailleur social Aquitanis et pilotée par Philippe Madec. « L’architecte mandataire nous a sollicités pour répondre à l’ambition participative du maître d’ouvrage », explique Nicolas Deshais-Fernandez, chef de projet pour l’atelier de paysage Coloco, partie prenante d’une équipe de maîtrise d’œuvre qui intègre également Cuadd Participation et les bureaux d’études Artelia et Tribu. Cette composition arrêtée en amont a garanti une concertation orientée autant vers les bâtiments que vers les espaces extérieurs.

 

Trente usagers concepteurs

 

Lieu d’échange avec une trentaine d’habitants en instance de relogement, mais aussi avec des voisins et des futurs résidents, le bivouac a servi de matrice à l’esquisse. « Nous avons recensé les craintes, mais aussi les usages souhaités pour les espaces publics, comme un terrain de pétanque, une fontaine et des bancs », témoigne Nicolas Deshais-Fernandes. Un mois et demi d’études plus tard, une deuxième phase de concertation a ramené sur le site les concepteurs munis de leurs outils de dessin. Les représentations graphiques issues de ce second échange ont servi de base à l’avant-projet sommaire, dont les études se poursuivent tout au long de l’année 2016, dans la perspective d’une ouverture de chantier en 2017. Le budget de l’opération totalise 10 millions d’euros, pour une surface de 9 000 m2.

 

Plus dense, plus haut

 

L’ampleur de la densification attendue nécessite l’adhésion des habitants actuels et futurs : avant le démarrage des travaux, les maisons ne dépassent pas un étage et seules 50 personnes habitent encore dans un décor composé aux trois quarts de maisons murées. Associant location et accession, le programme porte sur 120 logements neufs et inclut des immeubles qui montent jusqu’à quatre étages.

 

Plan masse respecté

 

« Nous avons respecté le plan masse de D’Welles, en particulier le liaisonnement des habitations à travers d’étroites venelles qui paraissent privées, malgré leur statut de voie publique », explique Nicolas Deshais-Fernandes. A la fois paysagiste et botaniste, le chef de projet de Coloco a pris soin d’intégrer le nouveau projet dans une palette végétale familière et indigène, qui fait la part belle aux roses trémières et aux pieds de vigne grimpante. Sujette aux inondations, la plaine alluviale de la Garonne interdit les garages enterrés ou semi-enterrés : les habitants se répartiront les étages, et les voitures logeront au rez-de-chaussée, dissimulées dans des écrans végétaux qui filtreront l’aération naturelle.

 

Terrasses potagères

 

Le respect du concept de cité jardin passe par des espaces cultivables pour chaque habitant, dans les balcons, loggias et terrasses. Les passerelles qui liaisonneront les stationnements serviront de terrasses potagères participatives. Les jardiniers disposeront de cabanes pour y ranger pelles, arrosoirs et râteaux. Ils choisiront leurs plantes dans une liste établie par Coloco, pour éviter des arbres susceptibles d’attaquer l’étanchéité ou les structures des bâtiments.

L’opération saluée par le palmarès 2016 des trophées de la participation et de la concertation préfigure une recomposition urbaine d’envergure, sur la rive droite de la Garonne à Bordeaux. Dans un environnement proche, trois grandes Zac s’annoncent sur des emprises qui jusqu’ici, avaient privilégié l’industrie et la logistique. La renaissance de la cité-jardin donne le ton vert de cette reconversion.

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