Aménagement

Bordeaux: les relations de Darwin et SAS Bastide Niel au point mort

Mots clés : Aménagement paysager

Alors que la SAS Bastide Niel annonçait fin septembre qu’elle avait programmé le démarrage des travaux de l’écoquartier du même nom pour janvier, l’ambiance au sein de l’écosystème Darwin s’est tendue. Les relations entre les deux parties semblent rompues et une médiation est toujours en cours pour apaiser la situation.

«On a découvert une enquête publique sur l’aménagement de la ZAC qui se termine ce soir (le 11 octobre, NDLR), s’insurgeait il y a quelques jours Philippe Barre, fondateur de l’écosystème Darwin 2010 et patron du groupe Evolution. «Depuis plusieurs années, notre réalité et nos activités ne sont pas prises en compte», dénonce-t-il. A ce jour, aucune des promesses évoquées par la société Bastide Niel ne s’est concrétisée dans un document. Le prêt à usage dont bénéficiait Darwin jusqu’en 2016 pour le hangar qui abrite le skatepark devait être renouvelé jusqu’en 2020 et les activités associatives relocalisées dans le bâtiment construit par Domofrance. Faute d’entente entre les deux parties, aucun accord n’a été conclu. «On nous demande toujours des compléments d’information et Bastide Niel revient sur certaines choses pourtant actées en réunion de médiation comme la procédure en cas de manifestations exceptionnelles et l’autorisation d’activité commerciale secondaire au sein du skatepark; on a le sentiment qu’ils jouent la montre», regrette Philippe Barre. Le groupe Evolution est par ailleurs toujours dans l’attente de l’obtention du permis de construire pour la réalisation de ses Magasins généreux, au sein de la ZAC, et dénonce un abus de l’aménageur, au vu du délai d’instruction. Estimant que la médiation menée par Elizabeth Touton, chargée de la stratégie foncière à Bordeaux Métropole, en cours depuis 9 mois, n’apporte rien, les Darwiniens demandent une conciliation pluridisciplinaire. De son côté, la médiatrice assure travailler sur cet accord afin d’aboutir à une signature. «On avance pas à pas et ce n’est pas facile, tout cela sera réglé en début de semaine», précise-t-elle, soucieuse de calmer les tensions.

 

«Nous créons du dynamisme, ce n’est pas du délire»

 

C’est le blocage de la rue Cavalière, au cœur du site, qui est en jeu aujourd’hui. «Si ces travaux démarrent, nous partirons, lâche Philippe Barre. Entourés de palissades, nous n’attirerons plus les visiteurs et notre modèle économique est basé là-dessus ! Nous ne sommes pas suicidaires.» Afin d’attester de la performance du site, le groupe Evolution a fait appel au cabinet de conseil en stratégie de développement durable Utopies pour mener une étude sur l’empreinte socio-économique de Darwin. L’agence en conclut que l’écosystème produit 80 000 kWh annuels via 480 m2 de panneaux photovoltaïques auto-consommés, enregistre 65 % de part modale de solutions de mobilité douces et note que les Darwiniens émettent cinq fois moins de gaz à effet de serre que dans un site tertiaire «classique» comparable. Par ailleurs, pour chaque salarié travaillant sur le site, deux emplois supplémentaires sont soutenus dans l’économie française, dont un à Bordeaux Métropole. Et les entités que compose le groupe font 56 % de leurs achats dans la métropole, contre 38% pour les statistiques moyennes. «Notre écosystème est transversal, ce n’est pas uniquement des bureaux ou un lieu de sports urbains… Nous créons du dynamisme, ce n’est pas du délire.» De son côté, la SAS Bastide Niel estime avoir fait des efforts, en repoussant les travaux de quelques mois, notamment et en faisant évoluer sa position face aux Darwiniens. Pascal Gérasimo, directeur général de BMA, reconnaissait lors d’une conférence de presse fin septembre que «le dialogue n’est pas simple, mais [qu’] il reste ouvert.» Et la médiatrice Elizabeth Touton d’insister l’été dernier dans nos pages, à l’occasion d’un dossier sur l’urbanisme de transition, «il est intelligent de proposer des occupations temporaires, mais on n’empêche pas un projet urbain de se faire.» «C’est une hérésie par rapport à ce que nous avons construit, Bordeaux y perdrait», n’en démord pas de son côté Philippe Barre.

 

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