Chantiers

Bordeaux Euratlantique lance une plate-forme pour mutualiser les moyens et gérer l’impact des chantiers

Dans les 15 prochaines années, l’opération d’intérêt national Bordeaux Euratlantique connaîtra d’importants chantiers, souvent contraints, simultanés, et proches de quartiers habités. Pour limiter les impacts, l’établissement public Bordeaux Euratlantique lance AMI, une plateforme innovante de chantier, sous forme d’appel à manifestation d’intérêt.

«Dans les cinq années à venir, nous allons créer des nuisances de chantier autour de la gare, l’EPA mais aussi tous les autres maîtres d’ouvrage, que ce soit pour le pont Jean-Jacques Bosc de la Métropole, la Meca de la Région et tous les chantiers lancés par les partenaires publics et privés de l’Opération d’intérêt national. Il fallait absolument que l’EPA soit pilote et coordinateur de ce qui se passe dans le périmètre. Notre objectif est de réduire les nuisances en phase chantier» explique Jean-Michel Boutin, directeur de l’innovation et de la coordination technique de l’EPA Bordeaux Euratlantique.

«Les moyens sont nombreux : la concertation, l’information via le numérique et les réseaux, la coordination des concessionnaires, la planification. Mais à cela nous voudrions également mutualiser les moyens techniques, le stationnement et divers services dans la phase chantier. Nous ne pouvions pas prendre en charge seuls une telle plateforme. C’est pourquoi, nous avons lancé un appel à manifestation d’intérêt auprès des opérateurs, promoteurs, entreprises, fournisseurs, prestataires de services et allons sélectionner les premiers groupements en juin».


Appel aux entreprises et prestataires pour proposer des moyens et services

 

Comment tenter de créer les conditions pour qu’un bouquet d’offres liées au chantier ? Le point de départ est d’interdire toute utilisation du domaine public pour le stationnement de chantier. «Si on laissait faire, cela serait forcément au détriment de la vie du quartier, poursuit Jean-Michel Boutin. Inversement, nous devons proposer une solution alternative, d’où notre appel au secteur privé. Un groupement d’entreprises pourrait, par exemple, organiser une zone de stationnement et une navette de transfert électrique pour les ouvriers, comme on en voit déjà à l’étranger. Diverses installations de chantier pourraient être regroupées en un lieu unique où les entreprises viendraient se fournir» précise l’ingénieur.

L’EPA met d’ailleurs à disposition de ces futures équipes des terrains, implantés sur tout le secteur en mutation. Il s’agit également pour la future équipe de prestataires d’offrir un bouquet de services, marchand ou pas, à destination des entreprises de construction.

«Une telle démarche est nouvelle, notamment à cette échelle. Les compétences que nous cherchons sont à la fois logistiques, d’organisation des chantiers, faisant largement appel au savoir-faire qui est dans les entreprises. Les professionnels ont sûrement des idées, d’où l’appel à manifestation d’intérêt afin que les entreprises répondent au plus vite et détaillent leurs besoins et les services qu’ils pourraient trouver. Par exemple, une plateforme de collecte de déchets, un centre de location de matériel, une centrale béton durant le temps du projet»… détaille Jean-Michel Boutin.

 

 

Mutualiser, si les services sont moins chers

 

«Evidemment, cela ne marchera que si ce qui est proposé et mutualisé est moins cher que si c’est fait par chacun», précise l’ingénieur, qui détaille la composition des groupements attendus, au vu de ceux qui ont déjà répondu: entreprises du BTP, logisticiens, transporteurs, spécialistes de l’information numérique comme relais de communication auprès du public, organismes de formation, intégration des clauses d’insertion sociale, loueurs et fournisseurs de béton.

D’ici quelques semaines, au vu des groupements qui auront répondu, trois équipes seront sélectionnées. «Nous avons des contacts et cela intéresse visiblement les entreprises» se réjouit le directeur de l’innovation.

Puis démarrera la négociation, la mise à disposition des terrains pour développer des bouquets de services. Cela ira assez vite, l’appel se situe hors du code des marchés publics, puisqu’il s’agit de louer des prestations. En fin d’année, l’EPA signera une convention d’occupation précaire pour divers terrains situés en rive droite et gauche et quelques bâtiments.

Les premiers services issus de la plateforme sont prévus début 2017. L’enjeu est de taille, la planification des chantiers est déjà très précise pour les cinq ans à venir: un chantier tous les deux mois à partir de la rentrée 2015; soit une dizaine d’îlots en travaux chaque année.

 

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X