Projets

Bordeaux Euratlantique choisit deux tours bois au lieu d’une

Mots clés :

Bois

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Entreprise du BTP

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Structure - Maçonnerie - Ossature

La tour bois Hypérion d’Eiffage et Jean-Paul Viguier dominera Bordeaux du haut de ses 50 mètres. Elle sera la plus haute tour à ossature bois en construction dans le monde. Euratlantique, qui avait lancé un appel à projets en 2015, a également retenu le projet Sivla de Tour Bois de Kaufman & Broad signée d’Art & Build et Studio Bellecourt.

En cette semaine de Mipim, il fallait du grain à moudre pour promouvoir l’agglomération bordelaise. Pari tenu, avec les lauréats de la plus haute tour en bois de France, et pour l’instant… du monde. Avant même leur présentation à Cannes, les nouveaux projets de l’établissement public d’aménagement (EPA) Bordeaux Euratlantique et de la métropole ont été dévoilé en avant première, lundi 14 mars, par le maire Alain Juppé, président de la métropole et Stephan de Faÿ, directeur général d’Euratlantique. Le  palmarès est impressionnant : trois équipes retenues, sur les deux rives de la Garonne.

En rive droite, Euratlantique a désigné l’équipe qui pilotera l’aménagement du Belvédère, au débouché du pont Saint-Jean, qui « avec 140 000 m2, constitue le plus vaste ensemble d’aménagement d’un seul tenant en région » aux dires de son directeur. L’équipe lauréate est le groupement composé des promoteurs Nexity, Altarea Cogedim et Pitch Promotion, associés aux agences d’architectes urbanistes Güller Güller, Hondelatte Laporte et au paysagiste Gross Max (nous reviendrons sur ce projet ultérieurement).

Sans doute, Alain Juppé et Stéphan de Faÿ savouraient l’instant de la présentation de l’équipe lauréate de la tour en bois la plus haute de France. L’assistance et le monde de la construction, bois en particulier, ne furent pas déçus. « Devant la très grande qualité des propositions qui nous été soumises » explique le directeur de l’EPA, le jury présidé par Alain Juppé a retenu deux lauréats au lieu d’un. Deux tours assez différentes dans leur esprit, leur architecture et leur implantation, toutes deux en rive gauche, au sud de la gare.

 

Première tour bois Eiffage et Jean-Paul Viguier

 

Première équipe, lauréate en titre, celle menée par Eiffage, et le bailleur social Clairsienne, avec l’architecte Jean-Paul Viguier et associés. Le groupement associe également Atlantique Aménagement, filiale du groupe Immobilière 3F, et Woodeum Développement, spécialisé dans l’immobilier bas carbone. Il comprend également les sociétés de construction bois Eiffage construction, Lamecol (charpente) et Sacba (lamellé collé et CLT) et les BET Terrell (BET Structures), Cetab Ingénierie (HQE, fluides, VRD), Aïda Acoustique et Vulcaneo (prévention et incendie).

Cette équipe remporte la construction d’un programme en trois blocs dont la fameuse tour de logements de 50 mètres de hauteur en structure primaire bois. Localisé sur le site du lot 8.4 du quartier Saint-Jean Belcier. Un nœud, au croisement du tramway, où se croisent les entrées sud vers la gare (future gare sud livrée en 2017), et qui est amené à un fort développement. Et dont tout le monde attend les aménagements (tours, place, jardins, équipements) qui marqueront ce quartier, entrée sud-est de l’agglomération, encore en devenir.

Le programme Hypérion prévoit sur cet îlot charnière une tour R+17 en bois de 57 mètres de hauteur et deux ensembles en structure béton armé traditionnels : un bloc en R+9 de logements et parkings et un bloc de R+7 de bureaux. Au total, 17 000 m2 de plancher dont 4 000 m2 de bureaux, 500 m2 de commerces en rez-de-chaussée, 160 logements, 160 places de parking,  pour un budget de l’ordre de 51 millions d’euros. Soit la norme fixée par l’EPA d’un prix de sortie du logement à 3 500 euros/m2.

Conçu en structure primaire bois, le projet suivra la méthodologie Haute Qualité de Vie développée par Eiffage depuis 2009. Parmi les principales caractéristiques liées au confort thermique, citons les balcons profonds pour protection solaire, les toitures végétalisés, le raccordement au réseau de chaleur du secteur, l’orientation des pièces de vie au sud, l’isolation par l’extérieur et les vitrages performants ainsi que la compacité du programme autour d’un jardin sur dalle (avec arbres à feuilles caduques pour profiter du soleil en hiver). Et le suivi des consommations énergétiques en direct (Eiffyconso de Legrand). Objectif : atteindre un Bbio inférieur de 20% au Bbiomax imposé par la RT 2012.

Côté structure, « la tour bois R+17 se présente sur un socle en béton armé sur les trois premiers niveaux, explique Jean-Paul Viguier, pour éviter tous les problèmes de structure, d’infiltration. Sur ce socle viennent se poser les niveaux en structure poteaux-poutres en LVL ou lamellé-collé de R+3 à R+17 ». Les planchers bois en CLT 5 plis de 200 mm assurent à la fois la performance acoustique et la fonction de diaphragme sismique. « Le noyau en béton, ancré par pieux dans les marnes, est indispensable pour la reprise des efforts sismiques et la stabilité au vent ». Les déformations (tassements entre noyau béton et structure bois) sont prises en compte dès la conception. Les murs à ossature bois seront préfabriqués en atelier en intégrant au maximum les essences locales et françaises si la filière bois limousine et landaise ne suffisait pas. L’ensemble a fait l’objet de préconisations et labellisations du CSTB et FCBA notamment.

Le calendrier prévoit un dépôt de permis en décembre 2016, l’autorisation administrative pour juillet 2017, le démarrage des travaux en janvier 2018 pour une livraison en janvier 2020.

 

Lauréat surprise une seconde tour en bois Kaufman&Broad Art&Build et Studio Bellecour

 

La surprise vient donc de la désignation d’une seconde équipe, lauréate pour son projet Silva, sur un îlot voisin. Elle est menée par Kaufman & Broad avec les architectes d’Art & Build et du Studio Bellecour, associés aux sociétés bois Techniwood, IBS, SACBA et Eloth CBE bois. Cette tour de 18 étages, également de 50 mètres de hauteur, sera constituée à plus de 80% de bois, avec une structure primaire à colombages géants. Là encore une première qu’Euratlantique estime mondiale. Le projet initial sera légèrement retouché en fonction sa nouvelle localisation.

Stéphan de Faÿ explique ces choix : « Le challenge de cette consultation extrêmement exigeante tient à ces tours en bois grande hauteur, pas très loin de la gare, à la station de tram Carle Vernet. Il s’inscrit dans notre volonté de construire 25 000 m2 de plancher bois par an sur le secteur. Pour des raisons de délai, de développement durable, mais aussi de moindre nuisances pour les riverains des chantiers. »

« Les terrains sont aujourd’hui sont libres, ce qui permet à terme de construire trois tours. Un premier projet a été validé avec la tour Innova du promoteur toulousain Carle, précise Stéphan de Faÿ. Les deux emprises restantes permettent de réaliser deux tours. Leur localisation est importante, parce que leur verticalité signifie l’ouverture d’un nouvel espace public. Ces programmes sigalent qu’à cet endroit va s’ouvrir un parc d’un hectare au croisement des flux pour aller à la gare, des axes piétons qui irriguent ce secteur. Notre exigence dans l’appel à projets, d’avoir des tours de plus de 50 mètres de hauteur, en structure bois majoritaire, cela ne s’est jamais fait au monde. De premières esquisses existent ailleurs, il y a des consultations. Nous avons été frappé par la qualité des neuf très beaux projets qui nous ont été soumis, avec une qualité technique et architecturale impressionnante, ces projets étaient totalement au point et auraient pu être tous retenus. Nous avons imposé à tous la même règle, celle d’un prix du terrain choisi à l’avance, pour ne choisir que sur le critère de la qualité urbaine et architecturale » .

Pour le représentant d’Art & Build, « si la filière bois n’est pas totalement prête, nous disposons encore d’une année pour négocier avec le CSTB et faire évoluer les normes. Nous profitons de ce délai pour que les acteurs de la filière bois française avancent sur ce projet. Nous avons deux constructions bois en cours à Nantes en R+6 et à Paris en R+7. Ce qui nous donnera un retour d’expérience. La présence à Bordeaux de deux tours bois quasiment simultanément est une bonne nouvelle pour la filière bois, un peu de concurrence avec ces deux marchés fera du bien à tous ».

Le mot de la fin revient au maire, Alain Juppé, qui met en garde les architectes. « J’attire l’attention des architectes sur le soin à apporter aux panneaux de bois qui sont à l’extérieur des bâtiments. Cela vieillit mal. Il y a eu la mode du verre, de la tôle rouillée, attention au vieillissement du bois. C’était ma pique aux architectes » conclut le président de la Métropole.

 

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