Entreprises de BTP

Bon premier semestre pour Bouygues grâce à la construction

Bouygues Construction, Colas et Bouygues Immobilier enregistrent de bons résultats semestriels qui permettent au groupe de présenter un chiffre d’affaires en hausse de 15%, à 15,3 milliards d’euros.

Le ralentissement économique du premier semestre 2008 a peu affecté les résultats du groupe Bouygues. Le chiffre d’affaires progresse de 15% à 15,3 milliards d’euros. Bouygues Construction y contribue à hauteur de 4,6 milliards (+20%) avec un résultat net part du groupe de 164 millions (+11%). La prise de commandes a été très active passant de 5 milliards d’euros au premier semestre 2007 à 5,8 milliards pour 2008 (+17%). « Je note que la vitalité de notre prise de commande concerne autant la France que l’international, s’est félicité Martin Bouygues, p-dg du groupe. Ce qui sécurise notre activité pour 2008 et nous permet d’aborder sereinement 2009 ». Parmi les principaux contrats du premier semestre figurent un hôtel au Turkménistan (270 millions), la tour CB31 à la Défense (255 millions), le port de Busan en Corée du Sud (217 millions) ou le PPP du centre hospitalier de Bourgoin-Jallieu (196 millions). A fin juin, le carnet de commandes atteint 12,3 milliards et sa structure évolue. En effet, la part à moyen et long terme ne cesse de progresser : « à fin juin 2008, nous enregistrons déjà une partie de commandes (1,2 milliard) au-delà de 2013. Nous récoltons là le fruit de notre stratégie de développement dans les concessions et les PPP ». Interrogé sur le chantier du réacteur EPR d’Olkiluoto en Finlande, Martin Bouygues a rappelé que son groupe n’était responsable « que » du génie civil, soit « moins de 15% du projet », et qu’aucun grief n’a été fait à Bouygues, ni par le maître d’ouvrage TVO, ni par l’autorité finlandaise de sécurité nucléaire (STUK), ni par Areva. « Les problèmes rencontrés concernent plutôt le liner, partie de l’ouvrage qui ne figure pas dans notre contrat ». S’agissant du réacteur jumeau français en construction à Flamanville, le p-dg du groupe estime que « le risque financier sur le projet existe mais qu’il est inhérent à chacun de nos contrats ». Pas question donc de constituer des provisions -comme Areva vient de le faire en Finlande – dans la mesure où « nous sommes toujours dans la perspective, avec EDF, d’une mise en service en 2012. »

Colas souffre de la faiblesse du dollar

Chez Colas, le résultat semestriel progresse de 14% à 5,6 milliards d’euros et son résultat net (part du groupe) atteint 130 millions (+11%). Même si le coût des matières premières (bitume et énergie) contribue à la croissance, l’activité progresse dans la quasi-totalité des métiers, en France comme à l’international. Au rang des satisfactions : la forte progression en France dans les activités non routières (+30%) essentiellement grâce aux métiers du ferroviaire et de l’étanchéité. A l’inverse, l’Amérique du Nord, avec un chiffre d’affaires de 637 millions accuse un recul d’environ 10% que l’entreprise explique par la faiblesse du dollar face à l’euro.
« Colas au premier semestre a connu un marché français morose, affecté par le creux d’activité lié aux élections municipales » a précisé Martin Bouygues. Reste que l’exercice 2008 devrait être très satisfaisant pour l’entreprise routière qui précise dans un communiqué que « sous réserve d’une nouvelle dégradation de l’environnement économique ou de conditions climatiques défavorables d’ici la fin de l’année, le bénéfice net (part du groupe) qui s’élevait à 474 millions d’euros à fin décembre 2007 devrait être amélioré. »

L’immobilier limite la casse

C’est finalement du côté des activités immobilières que le retournement de conjoncture se fait sentir. Si Bouygues Immobilier présente d’excellents chiffres (1,3 milliard de CA, +61% ; 61 millions de résultat net, +45%), ils sont la conséquence des importantes réservations enregistrées en 2006 et 2007. Au premier semestre 2008, les réservations chutent de 14% par rapport au premier semestre 2007. Une baisse sensible qui touche le logement (-13%) comme l’immobilier d’entreprise (-15%). « Mais nous faisons mieux que le marché français du logement (ndlr : en baisse de 31%) », tempère Martin Bouygues ajoutant « que le recul des réservations intervient après une année exceptionnelle et que leur niveau demeure supérieur à celui de 2006 ». Sur l’ensemble de l’année, le p-dg du groupe s’attend à une baisse de 30% du nombre de logements vendus. Selon lui, « les conséquences sur les prix devraient être limitées. Cela pourrait même permettre une détente sur les prix du foncier ». Au vu du marché, Martin Bouygues ne voit pas se dessiner le spectre de la crise des années 1990. « Le stock de logements non vendus est beaucoup plus limité et il n’y a pas d’opérations « blanches ». Les acteurs du secteur ont réagi rapidement, le nombre de nouveaux projets baisse afin de ne pas créer de sur-offre. »

Julien Beideler

Focus

Bouygues se désintéresse de la Russie

Parmi les zones de développement à l’international de Bouygues construction, le groupe a cité l’Asie du sud-Est et le Moyen-Orient, et non la Russie, un pays pour lequel le n°2 du BTP européen avait pourtant jusque là des ambitions. Un oubli qui ne doit rien au hasard. Interrogé sur le périphérique ouest de Saint-Pétersbourg, un projet en partenariat public-privé d’au moins 5 milliards d’euros pour lequel Bouygues a été présélectionné avec le groupe Autrichien Strabag, Martin Bouygues a répondu qu’il était « très prudent ». Pour lui, des problèmes structurels et sur le terrain se posent en Russie : « Lorsqu’il y des appels d’offres en concession, le maître d’ouvrage doit être en mesure d’apporter le financement. Ensuite, il faut fournir des matières premières et de la main d’œuvre. C’est pourquoi notre travail sur le périphérique de Saint-Pétersbourg n’est pas concrétisé. Dans le reste de la Russie, nous sommes présent pour du bâtiment dans l’Oural, mais nous n’avons plus de chantiers à Moscou. »
La filiale russe du constructeur Bouyguesstroï réalise actuellement une tour de 215 m de hauteur dans la capitale de l’Oural, Ekaterinbourg. Un contrat de 136 millions d’euros.

Hugues Boulet, Bulletin Européen du Moniteur

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