Construction Numérique

BIM : les pistes pour préparer la révolution numérique de l’industrie immobilière

Mots clés : Conservation du patrimoine - Démarche environnementale - Maîtrise d'ouvrage

Après le rapport du groupe de travail « BIM et gestion du patrimoine » initié par le Plan Bâtiment Durable, c’est au tour du Livre blanc de la Caisse des dépôts et consignation de paraître. Ce document, riche de onze cas pratiques très documentés, présente 12 points clés pour une transition réussie vers la maquette numérique à destination des maîtres d’ouvrages.

« Préparer la révolution numérique de l’industrie immobilière », tel est le titre du livre blanc rédigé pour la Caisse des dépôts et consignation. L’objectif de l’ouvrage est de favoriser le développement de systèmes d’information technique patrimonial (SITP) grâce à la maquette numérique, aussi appellée BIM (Building Information Model). Partant du principe que les coûts d’exploitation/maintenance d’un bâtiment sont 10 fois plus élevés que ceux de sa construction, l’ouvrage vise à poser les bases d’un « référentiel dynamique de données patrimoniales graphiques et interopérables ».

Pour les gestionnaires de patrimoine l’enjeu est de baisser de façon sensible  les dépenses immobilières tout en respectant les contraintes réglementaires et en maintenant la qualité du patrimoine. D’où l’intérêt de connaître son patrimoine afin d’en optimiser la gestion. L’idée du livre blanc est d’investir dans la donnée pour créer de la valeur, puisque la méconnaissance du patrimoine engendre des coûts importants liés aux nombreux métrés, aux recherches dans les archives et aux déplacements sur le terrain, entre autres.

A partir de ces « principes généraux à partager », le livre blanc présente 12 points clés afin de réussir la numérisation de son patrimoine. Ces points clés ont été établis à partir de 11 études de cas détaillées dans la deuxième partie de l’ouvrage. Ces dernières réunissent des profils classés dans quatre typologies : des bailleurs sociaux, des bâtiments tertiaires, des universités et deux conseils régionaux.

 

Les 12 points clés d’une numérisation du patrimoine réussie

 

1- La numérisation du patrimoine peut impacter plusieurs services et changer leurs modes d’organisation. Il est donc nécessaire que ce projet, qui peut durer plusieurs années, soit défini comme stratégique dès le départ et implique la direction générale.

2- Les besoins des futurs utilisateurs de la maquette numérique doivent être définis et pris en compte très en amont. Cela permet de déterminer la granulométrie des informations nécessaires et joue un rôle primordial dans le succès du projet.

3- Il est nécessaire de prévoir l’intégration de la maquette numérique au système informatique existant afin d’éviter qu’il ne soit jamais utilisé ou glisse doucement dans l’oubli.

4- L’analyse et l’identification des différents usages de la donnée patrimoniale permet de définir quelles données seront nécessaires à quelle utilisation. 

5- Ces éléments permettent ensuite de déterminer le référentiel de données, en fonction des métiers et des objectifs. Il est important de concevoir ce référentiel comme un système dynamique qui va évoluer en fonction des évolutions futures. Ces dernières peuvent mêmes être prévues  car elles sont souvent liées à des besoins identifiés dès le départ.

6- Il est important également de prévoir des indicateurs de progrès de la numérisation. En l’occurrence des indicateurs de moyens et des indicateurs de résultats, tels que la mesure du retour sur investissement sont nécessaires.

7- Le projet doit tendre le plus possible vers l’interopérabilité. Les auteurs de l’ouvrage notent que certains éditeurs ont fait le choix stratégiques des prévoir des interfaces IFC, voire même de pouvoir travailler en natif sur du format IFC. L’idée est de capitaliser sur la capacité qu’aura la maquette numérique à développer l’interopérabilité.

8- Il est nécessaire d’anticiper les moyens de mise à jour de la base de données du patrimoine, en particulier en termes d’outils logiciels. Ces derniers évoluent tout au long du cycle de vie des bâtiments. Il est à noter que de nombreuses expériences se sont soldées par des échecs du fait de l’incapacité de pouvoir mettre à jour les données.

9- Pouvoir partager l’information avec des tiers, tels que les partenaires du maître d’ouvrage est aussi un point important. L’un des indices de la qualité d’une maquette numérique est d’ailleurs son degré d’ouverture à des échanges avec des partenaires susceptibles d’intervenir à différents moment du cycle de vie sur la maquette numérique, comme sur le bâtiment. Il est donc nécessaire de prendre en compte la disponibilité et la facilité d’accès aux données.

10- La formation des personnes qui vont utiliser la maquette numérique apparaît comme un élément essentiel du processus. En toute logique, plus leurs besoins ont été pris en compte en amont et plus ils seront prompts à s’approprier le nouvel outil. De nouvelles fonctions apparaissent, comme celles de « superviseurs » qui seront en charge de la qualité des données et du respect des processus.

11- La fiabilité, la sécurité et la pérennité des données sont des éléments essentiels. Il est donc important de prévoir aussi bien des dispositifs de contrôle d’accès, de vérification de cohérence, que des systèmes de sauvegarde et de redondance. Le maître d’ouvrage devra donc chercher à bâtir un « carnet d’identité numérique dynamique du patrimoine » qui pourra suivre la vie du bâtiment et des standards informatiques.

12- Enfin, si le retour sur investissement n’a pas toujours été pris en compte dès le départ, différents bénéfices ont confortés les choix des maîtres d’ouvrages. Ces derniers relèvent des économies sur les coûts de fonctionnement, sur les dépenses externes et une augmentation de la valeur du patrimoine liée à la disponibilité et à la qualité de la donnée.

 

Retrouvez tous les détails dans le Livre blanc en cliquant ici.

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