Construction Numérique

BIM: le retour d’expérience d’un petit bureau d’étude

Mots clés : Apprentissages - Logiciels - Outils d'aide

Formation, coût, tests,  premiers chantiers  et missions possibles… Le bureau d’étude Logik, situé à Mimet, entre Aix et Marseille, a fait ses premiers pas dans le BIM et compte bien s’y investir totalement.

Créé en 2000 par Dominique Guérin, ce bureau d’études et d’ingénierie est spécialisé dans l’assistance des entreprises de Gros Œuvre : plans AutoCad, planning GO et TCE, missions OPC (Ordonnancement Pilotage Coordination) et Maîtrise d’œuvre Exécution. Le premier contact avec la maquette numérique remonte au chantier du stade Vélodrome, il y a deux ans. Guillaume Gay, l’un des 9 collaborateurs, découvre l’intérêt, en travaillant avec les équipes Méthodes de Bouygues Construction.

L’idée fait doucement son chemin et, mi 2015, Logik décide de se jeter à l’eau. Un risque financier significatif puisque le ticket global frôle les 35 000 euros entre la licence annuelle Révit (6 k€), la formation sur place de 4 collaborateurs pendant 2 mois, à raison d’1 à 2 jours chaque semaine par un expert ayant une expérience de conducteur de travaux (15 k€), l’achat de 3 ordinateurs puissants capables de faire tourner les projets (8K€) et le coût salaire de deux collaborateurs à temps plein  sur un mois pour deux tests grandeur nature. Des galops d’essais  qui portaient sur le montage BIM d’une petite opération d’une trentaine de logements, suivi d’une seconde maquette Gros Œuvre intégrant leur cœur de métier : la méthode, le quantitatif et le phasage. Objectifs : réaliser un démonstrateur à même de convaincre les clients et, surtout, identifier les freins et les problématiques à résoudre.

 

Faire table rase d’Autocad

 

Les enseignements ? “Il faut, déjà, totalement oublier ses réflexes Autocad, y compris de sa 3D, explique Guillaume Gay, un des collaborateurs du BE. Une maquette de Revit ne se monte pas pareil et la méthodologie n’a vraiment rien à voir. Travailler en BIM nécessite, aussi, d’être informaticien dans l’âme, percuter vite et aimer rechercher des astuces ou des applications sur les forums.”

 

Ne comptez pas gagner du temps

 

Autre retour d’expérience nettement plus alarmant : si la promesse du BIM est de gagner du temps, ce n’est pas le cas, voir l’inverse pour les activités MO, OPC et méthodes. L’explication ? Le passage 2D-3D ne marche pas. Les dossiers reçus ne sont pas toujours aboutis, au niveau des murs, des épaisseurs d’isolants, du positionnement des réseaux ou encore des lots techniques. Hors si cela peut passer en plan 2D, en partant du principe que les entreprises de pose vont reprendre et réétudier le dossier, cela ne pardonne pas en BIM. “On doit intégrer immédiatement tous les éléments et devons remonter totalement la maquette, afin de régler les problèmes de synthèse, notamment au niveau de la superposition des niveaux, déplore Dominique Guérin. C’est un vrai enjeu pour la maîtrise d’œuvre. Si tous les acteurs ne font pas l’effort de se mettre à niveau, les BE Méthodes et ingénieries serons obligés d’aller plus en amont pour sortir les quantitatif et les plans de repérage et il s’agira de le prendre en compte dans les prestations ». Du coup, une extension du travail du BE.

 

 Les premières missions   

 

Ce constat fait, depuis février, Logik prêche la bonne parole du BIM auprès de ses clients et prospects, avec un argument massu : 80% de l’argent perdu dans le bâtiment sont liés aux erreurs de plan ou de mise à jour. Le message passe et les premiers retours sont motivants. « Nous avons l’avantage de travailler à Monaco, qui est en avance dans la dématérialisation, et intégrons les ouvrages d’Eiffage Génie Civil dans les maquettes 3D de deux beaux projets – l’ilot Pasteur et la Tour Giroflée », précise Dominique Guérin. Autre commande en approche : la réalisation d’une maquette 3D pilote sur un collège déjà en cours de construction, afin de démontrer l’utilité du BIM au maître d’ouvrage et propriétaire du bâti sur des sujets de maintenance et d’exécution.

 

 

Une nouvelle clientèle

 

Si Logik vise, en priorité, une activité BIM auprès de la maîtrise d’ouvrage et des entreprises de gros-oeuvre, une troisième cible se dessine : celle des entreprises sous-traitantes avec la réalisation de détails techniques ou de petites macros d’ouvrages en 3D. L’idée est de d’une part de valoriser leurs appels d’offre et de l’autre de les accompagner durant les travaux.

“Le BIM ouvre des perspectives immenses et nous débutons juste l’exploration du champ des possibles. C’est une révolution numérique qui arrive et elle va être brutale pour l’ensemble des acteurs, prédit Dominique Guérin.” En attendant, Logik va finaliser sa métamorphose en se dotant d’un nouveau site internet à la hauteur de ses nouvelles compétences.

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  • - Le

    ???

    Donc, si on résume : 1 : c’est très cher 2 : c’est pas facile 3 : ça marche pas vraiment pour l’instant 4 : on perd du temps … mais qu’est-ce c’est génial ! L’expérience des pionniers me laisse songeur
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  • - Le

    En avant avec le BIM, le retour

    Le BIM envahit les domaines de l’architecture et de la construction. Faut-il s’en féliciter? Ou s’étonner que cette omniprésence, dans les discussions du moins, ne s’accompagne pas de retours d’expériences de la mise en pratique plus fréquents? Merci pour cet article. On aimerait que le concept du BIM ne reste pas un concept.
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  • - Le

    L'expérience du BIM

    Entre la théorie et la pratique, il semble y avoir un vaste fossé en matière de BIM. Ce genre d’article contribue à le combler et nous avons besoin de plus de récits d’expériences de cette nature. (Patrick Emin, gestionnaire de la communauté francophone Autodesk)
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