Ingénierie

BIM dans l’ingénierie: 80 000 salariés à former d’ici 2020

Mots clés : Conception - Logiciels - Outils d'aide

Dans un rapport publié par l’Observatoire paritaire de l’ingénierie (l’Opiiec), deux tiers des ingénieristes se déclarent encore peu matures sur le BIM, mais estiment qu’ils doivent absolument s’emparer d’un outil dont la montée en puissance est inexorable: 78% des effectifs, soit 80 000 salariés, devront ainsi être sensibilisés et/ou former au BIM d’ici 2020.

L’Histoire de la construction est en marche, ne soyons pas à sa remorque ! C’est l’une des conclusions que l’on pourrait tirer de la lecture de la riche étude que vient de publier l’Observatoire paritaire des métiers de l’informatique, de l’ingénierie, des études et du conseil (Opiiec) sur l’évolution de l’ingénierie française de la construction liée au BIM.

L’organisme paritaire y révèle en effet que 80 000 salariés de l’ingénierie (soit 78% des effectifs du secteur) devront être sensibilisés et/ou former au BIM à l’horizon 2020. Un chiffre important qui traduit tout autant l’inexorable montée en puissance du BIM dans les pratiques à venir des ingénieristes que le faible niveau d’appropriation actuel d’un outil qui constitue pourtant une rupture technologique majeure dans l’acte de construire. A travers un sondage réalisé auprès des professionnels (voir la méthodologie ci-dessous), le rapport indique ainsi que 68% des ingénieries françaises se déclarent encore peu matures sur le BIM -8% seulement estimant être aux niveaux de maîtrise les plus élevés.


Un retour sur investissement de deux à trois ans


Si les ingénieristes identifient de nombreux freins à l’adoption du BIM, dont le fait qu’il ne soit pas maîtrisé de manière uniforme par l’ensemble des intervenants et que la démarche induit un coût supplémentaire important et non rémunéré, ils estiment néanmoins que le jeu en vaut la chandelle. C’est que passée une phase de transition au cours de laquelle une baisse de productivité moyenne de 15% est observée, un gain de productivité lui succède systématiquement une fois la montée en compétence validée (de 5% à plus de 40% de gain), le délai de retour opérationnel sur investissement  moyen s’établissant entre 2 et 3 ans. Un investissement pour l’avenir donc corroborant la vision de Syntec-Ingénierie, qui explique dans un communiqué présentant l’étude que «la valeur numérique est en passe de supplanter la valeur  » verte  » et jouera un rôle économique clé dans les années à venir ».

 

Pour se mettre au niveau, la formation des salariés est privilégiée par deux tiers des ingénieristes


Mais l’enseignement majeur de l’étude tient dans les moyens que les entreprises comptent déployer pour passer au BIM. Pour combler leur manque de compétences internes sur le sujet, deux tiers des ingénieries prévoient ainsi de passer au BIM en formant leurs salariés en interne, quand 7% en moyenne envisagent de recruter des experts BIM ( 20% des entreprises de plus de 10 salariés).

Les perspectives à l’horizon 2020 ne laissent pas entrevoir d’explosion des recrutements d’experts BIM. Mise à part 2016, où les entreprises vont  faire de l’auto-formation et pousser leur montée en compétences en recrutant davantage de salariés déjà qualifiés, le volume de rerutements devrait correspondre dans les années suivantes aux besoins de recrutement annuel de l’ingénierie de la construction. En vitesse de croisière, les entreprises recruteront ainsi des collaborateurs déjà formés au BIM en simple remplacement des départs en retraite.


Focus

La méthodologie du sondage

Etude réalisée par KYU Lab et ACTH pour le compte de l’Opiiec (Observatoire Paritaire des Métiers du Numérique, de l’Ingénierie, des Etudes et du Conseil et des métiers de l’événement) de février à juillet 2016 sur un panel de 264 personnes de l’ingénierie de la construction.

En savoir plus

Meeting BIM

Les 8 et 9 novembre, au Pavilon Cambon, à Paris, les acteurs français et européen de la transition numérique dans le bâtiment se donne rendez-vous à Meeting BIM. Table ronde, ateliers d’experts et témoignages rythmeront ces deux journées d’échanges, de débats et de networking.

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