Energie

Bilan énergétique de la France : le bâtiment n’est pas encore au top

Mots clés : Energie renouvelable

Des émissions de CO2 qui continuent de diminuer, une intensité énergétique qui consolide son amélioration, un développement des énergies renouvelables dans la ligne des objectifs 2020 : le bilan énergétique 2011 de la France comporte quelques motifs de satisfaction. Mais aussi une réalité inquiétante : l’énergie pèse désormais pour 7,7 % dans la consommation des ménages.

Du volumineux bilan énergétique de la France pour 2011, présenté jeudi 19 juillet, ce que retient en premier lieu le directeur général de l’Energie et du Climat, Pierre-Franck Chevet, c’est « l’impact massif sur un certain nombre de critères » de la forte hausse des prix du pétrole et du gaz l’an dernier (+ 35 % et + 40 %), qui a fait bondir la facture énergétique du pays de 30 %, à quelque 60 milliards d’euros, soit 88 % du déficit commercial. Cette facture, c’est 3 % du PIB, un chiffre inédit depuis… 1985, mais c’est aussi 7,7 % de la consommation des ménages, pas très loin de la barre des 10 % considérée comme le niveau auquel commence la précarité énergétique, explique-t-il à Enerpresse. Ceci, alors que la « France a la chance d’être le pays qui dépend plus faiblement que d’autres des hydrocarbures ».

 

Encore des efforts à faire dans le bâtiment et les transports

 

Deuxième enseignement de ce bilan : la consommation énergétique du pays reste stable, avec une baisse côté industrie et agriculture – qui tient davantage à des efforts d’efficacité énergétique qu’à un ralentissement économique – et une nouvelle progression côté bâtiments et transports. La production, elle, est en hausse assez nette grâce à la « bonne disponibilité » du parc nucléaire et à la part plus significative de l’éolien.

Ce bilan doit désormais être confronté chaque année aux objectifs « 3 x 20 » de 2020, et même des 23 % d’énergies renouvelables que s’est fixé la France. De ce côté, les nouvelles sont plutôt bonnes : les émissions de GES ont reculé de 1,1 % l’an dernier, le repli s’étalant entre 1 et 2 % par an sur les cinq dernières années ; l’efficacité énergétique enregistre un nouveau gain de 1,7 % similaire à ceux des années précédentes ; enfin, le développement des énergies renouvelables montre, « contrairement à ce qui se dit », que la France est en ligne avec ses objectifs, observe Pierre-Franck Chevet. Sur une base remontant à l’année 2005, année de référence des engagements européens, le volume de production d’ENR devait être en progression de 6 millions de tonnes équivalent pétrole en 2011. La progression atteint… 5,8 Mtep après corrections des variations climatiques, sans laquelle elle serait de 4,6 Mtep.

Nouveauté cette année : la présentation du bilan est accompagnée de celle du rapport de la DGEC sur les énergies décarbonées, publié l’an dernier pour la première fois. « Deux documents qui seront sans doute très importants pour le futur débat sur l’énergie, les dernières références à date », note le directeur de la DGEC. Le second vise à montrer que les 6 milliards d’euros investis chaque année dans la transition énergétique sont « bénéfiques pour le développement industriel ». Une chose est sûre pour Pierre-Franck Chevet : notre pays dispose de tous « les ingrédients élémentaires ». Reste « à les mettre en ordre de bataille ».

 

Pour lire le Bilan énergétique de la france pour 2011, cliquez ici

Focus

Dans le secteur résidentiel, la consommation d’énergie repart à la hausse

Après avoir baissé de 1 % entre 2009 et 2010, la consommation d’énergie est repartie à la hausse dans le secteur résidentiel (+ 0,6 %), et dépasse ainsi les 50 millions de tonnes équivalent pétrole, plus de 32 % du total national. Simultanément, la consommation du secteur tertiaire a progressé de 1,6 %, après avoir reculé de 2,5 % en 2010. A l’évidence, comme a pu encore le constater le directeur général de l’Energie et du Climat,  « le point clé » de la politique d’efficacité énergétique, « c’est tout ce qui est lié à l’habitat dans un horizon de 10 ans ».

Alors qu’on croyait la période d’expansion du gaz terminée, après une baisse continue des consommations entre 2007 et 2010, la consommation augmente de 2,4 % dans le résidentiel et 2,2 % dans le tertiaire. Ce retournement reste à confirmer mais pourrait s’expliquer par la réglementation thermique RT 2012 qui privilégie le chauffage au gaz dans les logements neufs, de façon à diminuer les pics de consommation d’électricité en cas de grand froid. La part des logements neufs équipés avec une chaudière à gaz serait passée de 30 % fin 2009 à près de 60 % début 2011, au détriment des logements chauffés à l’électricité.

A l’inverse, la consommation d’électricité et en baisse de 4,3 % dans le résidentiel et de 1,8 % dans le tertiaire, après des hausses de 4,7 % et 3,8 % en 2011. La consommation d’énergies renouvelables est en forte hausse dans les deux secteurs (+ 4,3 % et + 5 %), en raison principalement du succès des pompes à chaleur et du développement des nouveaux modes de chauffage au bois, adoptés à la fois dans l’habitat individuel et dans le collectif tertiaire.

 

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