Matériaux et équipements

Bilan carbone : choisir des matériaux avec une réelle connaissance des impacts

Mots clés : Démarche environnementale - Maîtrise d'ouvrage

La jeune entreprise Combo Solutions a mis au point l’outil d’analyse du cycle de vie Vizcab. Il permet de visualiser l’impact des choix constructifs sur le bilan carbone du bâtiment. Une aide à la décision précieuse pour les maîtres d’ouvrages comme pour les maîtres d’oeuvre.

Le label E+C- est actuellement en phase d’expérimentation dans toute la France. Ce référentiel, qui préfigure la future réglementation environnementale, s’organise en deux volets : économiser l’énergie d’une part et tenir compte des émissions de carbone d’autre part. L’objectif sera bien, ensuite, de réduire l’impact carbone à l’échelle du bâtiment, grâce à une analyse du cycle de vie (ACV) matériau par matériau. Un changement difficile à appréhender pour les maîtres d’ouvrages comme pour les architectes et les ingénieurs de bureaux d’études.

Afin de rendre ces données plus accessibles, la start-up Combo Solutions a mis au point l’appli web « Vizcab ». Issue d’une technologie brevetée, l’appli se base sur les travaux de Thomas Jusselme, directeur scientifique chez Combo Solutions et adjoint au groupe de recherche Building 2050 de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).

« Nous utilisons les informations du plan masse de l’ouvrage à construire et nous tenons compte de la typologie du bâtiment, de son emplacement et de son altitude », indique Marine Fouquet, chef de projet Vizcab chez Combo Solutions. L’appli, qui utilise la base de données Inies, prend ensuite en compte une vingtaine de paramètres, tels que le pourcentage de vitrage de chaque façade en fonction de l’orientation, la nature de l’isolant, les performances thermiques de l’enveloppe, le pourcentage de panneaux photovoltaïque en toiture, le type de menuiserie, le système de chauffage et/ou de climatisation et la nature des porteurs horizontaux et verticaux… pour ne citer que les principaux.

 

Un échantillon statistique de 50 000 possibilités constructives

 

« Pour chaque paramètre, entre deux et six possibilités ont été retenues, ce qui donne un million d’options pour la construction », résume Marine Fouquet. L’appli en propose un échantillon statistique de 50 000, qui permet d’explorer le champs des possibles, grâce au cloud computing (NDLR : les calculs sont effectués grâce à plusieurs serveurs en ligne). Les résultats sont traduits sous la forme de graphiques et de diagrammes circulaires. Ils servent de support de discussion lors d’ateliers qui réunissent maître d’ouvrage, maîtres d’œuvre et des membres de Combo Solutions. « Ces ateliers d’une durée de 2h30 s’organisent en trois temps : d’abord un rappel du fonctionnement de l’appli, puis une phase d’appropriation de l’outil par les intervenants du projet : ils peuvent faire varier les curseurs et évaluer les conséquences de leurs choix sur le bilan carbone. Enfin, ces éléments servent à définir la stratégie environnementale et les compromis à trouver », détaille Marine Fouquet.

 

Une aide à la décision pour innover

 

Le compte-rendu produit par Combo Solutions met en évidence les paramètres les plus significatifs en matière de performance carbone du bâtiment. « Cela constitue une aide à la décision pour le maître d’ouvrage, qui peut ainsi rationaliser sa démarche et orienter ses choix pour innover, en particulier », souligne Marine Fouquet.

Pour l’instant, la start-up teste sa solution avec quelques maîtres d’ouvrage emblématiques. Elle a été retenue dans le cadre des appels à projet de l’Ademe « Objectif bâtiment énergie carbone » dans les régions Rhône-Alpes et Hauts-de-France afin de réaliser des analyses de cycle de vie (ACV) et de former des maîtres d’ouvrages sur ce thème.

 

Un service en ligne disponible début 2018

 

Côté développements techniques, l’entreprise veut ajouter deux modules à son appli : l’un sur la prise en compte du prix des matériaux – « Il s’agira bien de donner un ordre d’idée et pas un chiffre à l’euro près », précise la chef de projet – l’autre, attendu pour le courant 2018, concernera l’intégration au Building information modeling (BIM), afin de donner des résultats d’ACV de plus en plus précis au fur et à mesure que la conception s’affine. Actuellement, la marge d’erreur entre une ACV réalisée en début de projet et le résultat final une fois l’édifice construit est estimée entre 20 et 30 %. Un chiffre qui est lui-même à prendre avec des pincettes.

Enfin, ce qui demeure pour l’instant une activité de conseil, va devenir à partir du début de l’année prochaine, un service en ligne, « qui s’adressera aux architectes, ingénieurs, maîtres d’ouvrages et aménageurs ».

 

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